On a vu… que Damon Lindelof ne veut plus s’expliquer sur Lost

On a vu… que Damon Lindelof ne veut plus s’expliquer sur Lost

La semaine passée, on s’extasiait devant le final de Breaking Bad, presque parfait pour certains, trop logique pour d’autres. Mais satisfaisant quoi qu’il en soit. Devant ce déluge d’ondes positives, certains ne se sont pas privés pour exprimer leur joie devant ce final… en invectivant Damon Lindelof.

La version, vieux pote agacé mais bienveillant (mais agacé) :

Le condescendant :

L’insultant :

Et celui qui est persuadé que Vince Gilligan a écrit un final pour se moquer de Lost.

Damon Lindelof, c’est le genre de gars à se sous-vendre constamment, et avec humour. Son ancien profil twitter résumait bien son attitude générale : « Ouais, je suis un des idiots responsables de Lost. Et non, je n’y comprends rien non plus » (1). Et plus que de raison, à chaque fois qu’on l’insulte en direct, il retweete. Depuis mai 2010 (diffusion du finale de Lost), ça arrive très souvent.

Damon n’aime plus qu’on le tape. Etrange…

Il faut dire que depuis la série des rescapés du vol 815, il nous a pondu Cowboys Vs Aliens (une daube), Prometheus (qui vaudra à Ridley Scott de dire qu’il ne comprenait rien au script… t’es bien mignon Ridley, mais c’est pas un peu se foutre de la gueule du monde de tourner un truc qu’on ne comprend pas ?), World War Z (arrivé à la fin des débats). Autant de raisons de s’en prendre plein la tronche.

Sans parler de la révélation récente d’un document de travail de la série Lost qui prouve que les auteurs ne savaient pas où ils allaient (euh… comme 99 % des dramas de network, hein, même les plus salués par la critique)… Pas une période bien rose pour le bon Damon (qui est un type hyper intéressant à écouter parler, passionné par son travail, et qui possède définitivement un « truc » que les autres n’ont pas… et à qui il manque plein d’autres trucs aussi, hélas).

Le principal défaut de Lindelof est d’être l’un des scénaristes les plus connus de Hollywood. La popularité de Lost a eu ça de fort. L’autre défaut est d’adresser des réponses à ce qui s’apparente à du trollisme de base. Ça fait trois ans qu’il explique le final de Lost à qui veut l’entendre. C’est certain, ça ne le rend pas formidable et réussi, mais au moins, il explique. Une forme de correction qui l’élève au-dessus d’un David Chase (2) qui s’est longtemps contenté de ne rien expliquer, jusqu’à l’année dernière (et en se demandant enfin si l’exécution était parfaite).

Le final de Breaking Bad aura eu au moins ça de bon pour Lindelof : il va arrêter de s’expliquer. De chercher des excuses qu’il n’a au final pas à formuler. Lost était une série écrite par des scénaristes de différents talents, de différents niveaux. Elle ne pouvait être l’expression parfaite des souhaits des fans. Juste de ceux des auteurs. Alors c’était confus, c’était souvent n’importe quoi… mais c’était leur œuvre. Pas celle des téléspectateurs.

Alors on peut critiquer, analyser, décortiquer, et mettre en forme une réflexion pour dire en quoi la fin de Lost n’est pas satisfaisante. Il y a de quoi alimenter le sujet à foison, et c’est totalement légitime. Ce qui est gênant dans cette histoire, c’est de voir cette frustration se transformer en attaques personnelles. Du coup, Lindelof en a ras-le-bol (c’est bien compréhensible), et il a décidé de mettre Lost derrière lui. Et il le fait en citant Heisenberg (ou plutôt Walter White) : « I did it for me (3). I liked it (4). I was good at it (5). And I was really … I was alive (6). »

Les rageux de tous poils vont certainement continuer à s’en prendre à Lindelof. En oubliant que ça ne rendra pas le final meilleur. Que ça ne valorisera en rien les œuvres avec lesquelles Lost est comparée. Que ça ne fera pas de Lindelof un meilleur scénariste ou n’incitera pas les studios à ne pas l’engager. En plus, ça ne forcera plus Lindelof à s’expliquer. Du coup, ça sera quoi le but ?

(1) : “Yeah, I’m one of the idiots behind Lost. And no, I don’t understand it either.”

(2) : Je ne parle que de correction, hein…

(3) : On veut bien le croire.

(4) : Y’avait de quoi.

(5) : Ah. Discutable.

(6) : Good for you.

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