On a vu… que dire adieu n’est pas facile

On a vu… que dire adieu n’est pas facile

Ces derniers jours, j’ai terminé Hustle. Une fois la huitième et ultime saison consommée, j’ai ressenti une grosse sensation de vide. Non, je ne verrai plus jamais ces personnages. Je ne sais pas ce qu’il leur arrivera après les dernières minutes du dernier épisodes. Leur vie s’est arrêtée sous mes yeux, comme ça. Est-ce que ça vient du fait qu’Hustle est une grande série et qu’elle me manquera ? Non, pas du tout. Hustle est une série mineure et assez répétitive. Mais alors pourquoi ce léger sentiment de tristesse ? Parce que c’est une série.

Et une série vous permet de retrouver sur plusieurs années des personnages que vous apprenez à aimer. Ils s’immiscent dans votre quotidien, font un peu partie de votre vie. Du coup, quand ils partent, même si vous n’êtes plus convaincu par la série dans laquelle ils évoluent, c’est un peu douloureux.

Le premier qui me spoile la fin de Oz, il pourra faire du cosplay « Augustus Hill » toute sa vie sans tricher.

Se résoudre à terminer une série n’a rien d’anodin. C’est un geste fort. C’est un adieu définitif. Je n’ai jamais vu la dernière saison d’X-Files. Ni la fin d’Urgences. Je n’arrive pas à terminer la saison 6 de Oz. Trois séries qui, pourtant, avec Homicide, Dream On et Twin Peaks sont à la base de ma sériephilie. Certaines, je les aies finies avec difficultés. J’ai mis trois moi à regarder le final de Friends. J’ai longtemps attendu pour voir celui de Chuck.

Il y a toujours une bonne raison. C’est un final, faut être dans de bonnes conditions. Pas ce soir, je suis crevé, je ne vais pas en profiter complètement. La télé HD est en panne, je ne veux pas le regarder sur n’importe quoi. Je vais attendre les Blu-Ray. On finit pas une série en janvier… (dans le lot, bon nombre de ces excuses sont bidons. Voir toutes).

Le problème d’un final, c’est qu’il cristallise les attentes. Il risque de rester dans notre esprit comme le dernier souvenir d’une série adorée. Alors on a peur. Peur face à la disparition du rendez-vous, mais aussi peur d’être profondément déçu. Le final de Lost, critiqué et décortiqué ad nauseam par la moitié de la planète m’avait plongé dans une infinie tristesse. Parce que Lost est une des rares séries que regardais en couple. Sa fin signifiait autre chose que la simple fin d’une œuvre artistique. Je n’arrive pas à imaginer que Les Simpson, qui pour le coup, m’accompagne depuis l’enfance, ait un jour une fin.

« Allez, t’en fais pas… fallait bien que ça se termine un jour… »

Au-delà de tout ça, c’est dire adieu aux personnages qui est le plus dur. Ca m’avait frappé sur Party of Five. La saison 4 mettait en scène le personnage de mère célibataire d’Annie Mott, interprété par Paige Turco. Une ex-alcoolique qui va se lier avec Bailey Salinger (Scott Wolf). Au terme de la saison 4, Annie s’en va. Elle fait ses adieux à Bailey… mais aussi au téléspectateur. A ce moment précis, alors qu’il s’agit d’un événement des plus communs dans une série, j’ai pensé au fait que non, je ne verrai plus jamais ce personnage que j’avais trouvé bon, agréable à suivre, bien écrit. Vivant.

C’est quand on vit ces moments-là qu’on se dit que la série est un art à part, très différent du cinéma. Une série est une oeuvre vivante. Sous la plume de ses auteurs, d’abord, mais sous le regard des téléspectateurs. On la voit évoluer, grandir, changer… C’est une œuvre qui se lie à votre quotidien, qui en fait partie. Cette année, j’ai versé ma larme devant 30 Rock, une série qui, pourtant, ne m’a jamais particulièrement touchée (mais énormément fait rire). J’ai été dévasté par le final de Fringe (et un peu circonspect, aussi). Et j’ai donc été triste de dire au revoir aux personnages de Hustle. Une série mineure, une série répétitive.

Mais dire adieu à une série n’est jamais facile.

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