On a vu… que Dracula a aussi influencé les séries télé

On a vu… que Dracula a aussi influencé les séries télé

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Barnabas Collins. ABC.

Bon, il y a certes eu de très bons romans, d’excellents films (je ne sais pas encore si Dracula Untold en fera partie), mais Dracula a aussi investi le petit écran. Ses descendants restent les personnages phares de la Trilogie du samedi soir de M6, il a durablement marqué les imaginaires, même s’il reste le personnage principal de séries axées jeunes adultes.

Bon, le vampire est présent au petit écran depuis les débuts de la télé ou presque. Avec Dark Shadows,  on a pu voir Barnabas Collins apparaître dans une famille complètement loufoque, en noir et blanc. Mais ce sont les années 90 qui  donneront au vampire ses lettres de noblesse moderne.

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Le Maitre. The WB.

Bien, entendu, et sans aucune surprise, je vous parle de Buffy contre les vampires. De 1997 à 2003, elle a marqué durablement toute une génération de sériephiles. Buffy, c’est cette lycéenne qui retourne le stéréotype de la blonde des films d’horreur pour en faire une tueuse de premier plan, qui manie le pieu quand d’autres planchent sur des dissertations de philosophie. Les vampires sont moches, vraiment moches, à l’image du Maître de la première saison. Mais surtout, ils peuvent prendre visage humain. Alors, on reprend les classiques de Bram Stoker : pieu dans le cœur, soleil brûlant à éviter, crucifix…. Joss Whedon parvint aussi à développer sa propre mythologie : la légende de la Tueuse, une seule par génération, une bibliothèque qui contient toutes les réponses du monde (je me demande ce que ceux qui sont nés avec Internet en pensent), un conseil des Observateurs… Mais le grand pouvoir de la série, c’est qu’on accompagne Buffy à travers les âges. On la connait ado, on la quitte adulte, après avoir survécu à la destruction de son lycée, à la Fac, au décès de sa mère… Véritable conte initiatique, la série garde encore un pouvoir scénaristique fort, n’est-ce pas Stéphane Chéreau ? Le spin-off, Angel, aura lui aussi ses moments de fulgurance, mais ne supplantera pas, à mon avis, la série originale.

La Bit-Lit a permis le développement des séries adaptées de romans. Ainsi Vampire Diaries, qui remet sur la table le bon vieux débat entre le bon et le mauvais garçon. Le propos s’adoucit néanmoins au fur et à mesure des saisons, rendant les personnages moins noirs ou blancs, et nuancés de gris. True Blood aussi s’inspire de romans, ceux de Charlaine Harris, pour terminer en fable foutraque qui mettra du temps à mourir (avis partagé par ma consœur Marine Pérot). True Blood a été au départ une série très subversive, présentant la lutte pour les droits des vampires comme parallèle à la lutte pour les droits des gays aux États-Unis. Et elle se terminera dans un discours étonnement conventionnel, où ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants, à manger du poulet en Louisiane. Dracula aurait été bien déçu.

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Vampire de Penny Dreadful. Showtime.

Le vieux continent a aussi le droit à ses séries vampiriques. Ainsi, Penny Dreadful nous présente une « Ligue des Gentlemen Extraordinaires » londonnienne où Victor Frankenstein, une sorcière, un américain étrange et un valet noir se réunissent autour de Sir Malcolm Murray pour récupérer la fille de celui-ci, tombée entre les griffes du « Maître ». Dans la saison 1, on ne voit pas vraiment les vampires, montrés comme des ennemis maléfiques, capables de prouesses physiques. Mais on ne sait même pas s’ils boivent du sang ou sont les responsables des carnages parsemant la série.

Les Danois ont décidé de relire le mythe du vampire gothique dans la série Heartless (critique ici). L’histoire est donnée du point de vue de deux jumeaux orphelins, Sofie et Sebastian. Ces derniers sont des vampires d’un genre nouveau. Ils aspirent la vie des humains par un baiser. S’ils se nourrissent trop, leur victime s’enflamment. S’ils se retiennent, elle reste en vie. Sofie et Sebastian croient être les seuls de leur espèce et part en quête de leurs origines dans une drôle d’école privée. Série en cinq épisodes et une seule saison pour le moment, elle montre aussi que de petits pays peuvent essayer de faire des moyens formats qui ont les crocs.

Heartless.

Heartless. Kanal 5.

Vampire européen ou vampire américain, chacun a ses favoris. Gentil ou méchant, sexué souvent, le vampire a encore de beaux jours devant lui, qu’il s’agisse de caméos à la Doctor Who (épisode « Les Vampires de Venise », Saison 5, épisode 6) ou de séries basées sur le personnage, type l’échec Dracula de Cole Haddon ou la série The Strain de Guillermo Del Toro et Chuck Hogan. Parce qu’il a des sentiments et parce qu’il est monstrueux, qui de mieux pour être un miroir à l’espèce humaine ?

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