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ON A VU… La Rentrée US (666 park avenue,  Arrow,  Beauty and the Beast,  Chicago Fire,  Emily Owens MD,  Nashville)

ON A VU… La Rentrée US (666 park avenue, Arrow, Beauty and the Beast, Chicago Fire, Emily Owens MD, Nashville)

Cette quinzaine, la rédaction du Daily Mars, revient sur les pilots (et plus si affinités) des nouvelles séries US des grands Network. Nous revenons ce matin sur 6 d’entre elles : Nashville, Arrow, Emily Owens MD, Chicago Fire, Beauty and the Beast et 666 Park Avenue.

 

Nashville

Vu par Nicolas Robert

C’était une des curiosités de la rentrée. Une série qui met en scène Connie Britton (Friday Night Lights), Eric Close (Without A Trace) et Hayden Panettiere (Heroes), avec, pour toile de fond, le Tennessee et l’univers de la country. L’histoire d’une star de la chanson dont la carrière arrive à un tournant, et celle d’une étoile montante prête à aller loin pour arriver à ses fins. Le tout sur fond de campagne électorale et de tensions familiales.

Nashville aurait pu être un soap classique, dans la droite lignée de ce que ABC peut diffuser depuis Dynasty (version pantalon à franges et pick up en panne)… et contre tout attente, c’est drôlement plus ambitieux. Plus malin aussi. Et vraiment bien.

Ecrite tout en finesse et portée par un casting impeccable (Même Hayden Panettiere s’en sort bien. Oui, ça fait quelque chose de l’écrire…), la série de Callie Khouri (scénariste de Thelma et Louise) a tout du projet qui a été mûri et qui est porté par une personne aimant partager le plaisir de raconter une histoire.

Deux scènes, dans l’épisode 2, le démontrent admirablement. Rayna James, l’héroïne interprétée par Connie Britton, est une épouse heureuse et la mère de deux petites filles. Mais c’est aussi une femme tiraillée entre deux hommes dans sa vie : son mari Teddy (Eric Close) et Deacon Claybourne (Charles Esten), un musicien avec qui elle a fait de multiples tournées.

Plutôt que de provoquer un dialogue d’exposition bateau entre Rayna et Deacon pour poser la situation, Khouri va enchaîner, dans les deux premiers épisodes, les petites scènes. Jusqu’à ce que Rayna participe à un entretien avec deux hommes chargés de débusquer les squelettes dans le placard de Teddy, candidat au fauteuil de maire.

C’est là que la complexité de la relation qui unit les deux artistes va une première fois être définie par la chanteuse. Un peu avant un concert qui réunit physiquement les deux protagonistes, et les amène à interpréter une chanson qui magnifie leur situation. Sur scène, ils forment le couple idéal mais dans la vie, ils ne sont (apparemment) pas faits pour vivre ensemble.

Assez subtile et bien construite, l’intrigue de Nashville parvient, dans ses prémices, à faire ce que Glee et Smash n’arrivent pas (ou arrivent trop peu) à faire : développer une vraie série musicale. Avec une histoire prenante, et dans laquelle les séquences chantées possèdent une authentique puissance évocatrice. C’est le cas pour les scènes de Rayna et Deacon, mais c’est aussi vrai pour celles de Juliette (Panettiere) ou de Gunnar (Sam Palladio) et Scarlett (Clare Bowen), deux artistes au début de leur propre histoire.

Dans cette série, les chansons ne sont pas de simples moments d’illustration : elles innervent complètement le récit. Il existe un vrai va-et-vient entre l’intrigue et les mélodies, et c’est ce qui embarque vraiment le téléspectateur.

Voilà pourquoi c’est l’une des meilleures nouveautés de la rentrée. Voire la meilleure. Que l’on aime ou pas la country.

 

Arrow

Vu par Frédéric Moreau

Quel que soit le destin d’Arrow, saluons la tentative de créer une série sérieuse – mais pas que – de super-héros. Par essence, le genre est casse-gueule pour le petit écran.

Que les nostalgiques de Smallville passent leur chemin ! Arrow n’est pas un spin-off, dans la forme ou l’esprit. Leur seul point commun : l’écurie DC Comics. Les admirateurs du Chevalier Noir, par contre, ont peut-être trouvé son cousin télévisuel… Au vu du pilote, c’est en effet dans la direction « nolanienne » qu’il tire ses flèches. La volonté des scénaristes (Greg « Green Lantern » Berlanti / Marc « No Ordinary Family » Guggenheim / Andrew « Boston Justice » Kreisberg) et du réalisateur du premier épisode (David « Presque tous mes pilotes deviennent des séries » Nutter) de dessiner un personnage sombre, hanté par ses démons, assoiffé de vengeance et, surtout, flirtant avec la dimension « vigilante » rappelle clairement le super-héros sans super pouvoir relancé par Christopher Nolan. Il ne manque, et on ne peut lui en tenir rigueur, que l’ampleur visuelle et, peut-être, mythologique. Mais l’ambition est là. Et Arrow est ancrée dans un réalisme bienvenu où les coups portés laissent des traces, des cicatrices que l’on porte, ou que l’on cache.

Trois dimensions narratives coexistent dans cet univers. La principale suit Oliver « Arrow » Queen redresseur de torts dans sa bonne, et corrompue, ville de Starling City. La seconde retrace les cinq années passées par le disparu sur son île, décrite à la fois comme purgatoire pour Oliver Queen et lieu de naissance pour l’Archer Vert. La troisième, la moins intéressante, heureusement essentiellement suggérée, renvoie à l’époque où le Golden Boy buvait jusqu’à plus soif ;  un être qui a donc cessé d’exister. Les allers/retours entre ces trois dimensions permettent non seulement de donner une dynamique certaine à la narration, mais aussi d’approfondir un personnage plus fascinant que ce que l’on pouvait redouter, sans pour autant entamer le mystère l’entourant. Au contraire, ce puzzle mythologique semble le renforcer. Et il s’agit sans doute de la première réussite d’Arrow, jusque-là. La seconde se nomme Stephen Amell, complètement investi dans son rôle, à défaut (avant ?) d’être parfaitement habité par le personnage, et qui domine un casting plutôt bon dans son ensemble. On ne peut lui reprocher d’enlever sa chemise toutes les 10 minutes pour exposer des abdominaux parfaitement sculptés, cet exhibitionnisme forcé venant probablement d’une note écrite par les responsables de la chaîne américaine The CW.

Bien entendu tout n’est pas rose dans les rues de Starling City. En choisissant par exemple de confier à leur héros une liste des méchants à éliminer, les scénaristes ont injecté une bonne dose de « standalone » à la dynamique narrative, évitant ainsi le feuilletonnant « pur ». La structure en « méchant de la semaine » est une approche sûre, confortable presque… mais pas super mythologique.

 

Emily Owens MD

Vu par Dominique Montay

Emily Owens est interne de première année au Denver Memorial Hospital. Et elle a des problèmes de fille américaine de 14 ans. Mais en fait elle en a presque trente. Pathétique ? Oui, un peu.

Tout le pitch de la série tient sur un concept : l’hôpital, c’est comme le lycée. Et on se tient à ce dogme pendant tout le pilote. Point de vue éminemment justifiable quand on sait sur quelle chaîne la série est diffusée (la CW, la chaîne des ados), mais absolument sans intérêt.

« Hihihi ! Rose ! Licorne ! Papillons ! Princesse ! »

Emily Owens MD reprend les codes bien balisés (et plombants) de sa grande soeur (sa grand-tante, en réalité) Grey’s Anatomy. La voix-off reste une voix-off avec le petit soupçon de moralité à la fin (« j’ai appris quelque chose aujourd’hui… »), les histoires de cul deviennent des histoires de gens qui se tiennent la main, et les saloperies dans le dos des gens deviennent des petites piques pas trop méchantes.

Oui, Emily Owens MD est une version édulcorée de Grey’s Anatomy. Ca donne envie, non ?

Vous aurez le droit à des gens qui se touchent les épaules, à une fille qui demande à une seconde fille de dire à une troisième fille (qui plaît à la première fille) qu’elle aimerait bien sortir avec (hihihihi), un jeune beau grand fort et évident intérêt romantique, un autre beau, moins jeune, moins fort, plus ténébreux second intérêt romantique (enfin ténébreux dans Emily Owens MD ça veut surtout dire brun), une méchante (mais gentille) opposante à Emily…

Le seul léger intérêt de la série est la présence de la charmante Mamie Gummer. Non, il ne s’agit pas d’une marque de confitures ou de gâteaux secs, mais bien du nom d’une actrice, déjà vue à de nombreuses reprises dans The Good Wife, dans le rôle de la faussement ingénue Nancy Crozier, où elle est formidable. On comprend l’intérêt du studio d’en faire une tête d’affiche.

On est juste un peu déçus que ça soit dans une série aussi dispensable que celle-là.

 

Chicago Fire

Vu par Nicolas Robert

Quand Dick Wolf dit « camion (de pompiers) », Chicago Fire fait « pouet pouet ». Tel est, en gros, ce que l’on pourrait dire de la série imaginée par Derek Haas et Michael Brandt pour NBC. En tout cas pour son pilote.

Dans les 42 premières minutes de la série, les scénaristes des très dispensables Wanted et 2 Fast 2 Furious au cinéma enchaînent effectivement les poncifs avec une application déprimante. Un décès dans les premières minutes, un chef d’équipe accro aux médocs, un capitaine de caserne qui ne dessert sa mâchoire carrée que pour affirmer son autorité, deux bombasses qui conduisent une ambulance…
N’en jetez plus : pour occuper la dernière case horaire du mercredi soir (créneau longtemps occupé, à la belle époque, par Law & Order, du même Dick Wolf), la chaîne du paon semblait bien partie pour proposer une série sans aucun relief.

Vous espériez voir débarquer le digne successeur de Third Watch cet automne ? C’est malheureusement plus du côté de Trauma (série produite par Peter Berg il y a trois saisons et très vite annulée) qu’il faut regarder. Voilà, très clairement, ce que dit le premier épisode.

Les choses s’améliorent cependant dans l’épisode 2. Un peu. Au détour d’une intrigue développée autour d’un accident de chantier et mettant en scène le personnage joué par Taylor Kinney (vu dans The Vampire Diaries), on se surprend à constater que les deux créateurs de la série savent raconter une histoire simple mais forte. Rien d’exceptionnel mais avec juste ce qu’il faut de justesse pour que l’on y croit.

Le phénomène se répète sensiblement dans l’épisode 3, avec une histoire impliquant cette fois le pompier interprété par Jesse Spencer (ex House). Est-ce que ça suffit pour en faire deux bons épisodes ? Non. Chicago Fire devient juste moins mauvaise. On pourrait appeler ça le « syndrome Revolution ».

Le chemin, avant que cela ne devienne une réussite, paraît donc long. Mais les audiences de la série progressent petit à petit, donc si la qualité narrative pouvait faire de même, ce serait une bonne chose.

 

Beauty and the Beast

Vu par Frédéric Moreau

Clarifions tout de suite la situation : Beauty and the Beast n’est pas une adaptation du conte La Belle et la Bête. Non. Il s’agit d’une réinvention de la série des années 80 avec Linda Hamilton et Ron Perlman. Une nuance affichée dès le générique de début. Une « petite » nuance ? Oui… et non. Mais surtout non. « Oui » parce qu’elle repose toujours sur le couple composé de la « Belle » (ici, Kristin « Smallville » Kreuk) et de la « Bête » (là, Jay « Je le connaissais pas » Ryan). NON parce que, et les fans de la choucroute de Linda Hamilton m’excuseront (ou pas), sa version étalon était déjà, pour rester poli, inoffensive.

Les scénaristes pensaient pourtant sans doute avoir concocté la bonne potion de rajeunissement: exit l’avocate Hamilton, Kreuk est une flic de New York un peu badass, aidée (et protégée) par la Bête. De série fantastico-romantique, « Beauty and the Beast » verse donc dans le cop show, plus efficace en ces temps de disette d’audience. Un choix pas forcément idiot… sur le papier. Mais à l’écran qui peut prendre au sérieux Kristin Kreuk criant « Open up, NYPD ! » ou rivalisant à la savate avec trois sparring partners sur le quai d’un métro ? Bon OK, elle a été LA Chun-Li de Street Fighter au cinéma…

« Mais si le procedural défaille, il reste heureusement la Belle histoire d’amour avec la Bête, n’est-ce pas ? » Pas. Le manque total d’alchimie entre Kristin et Jay à l’écran annihile toute probabilité romanesque. Une dimension romantico-fantastique qui avait déjà un coup dans l’aile par la volonté des scénaristes de tuer toute mythologie magique autour de l’origine de la Bête pour lui offrir une genèse scientifique… mais n’allons pas plus loin sur ce terrain.

Si seulement « The Beast » avait la gueule… d’une bête. Souvenons-nous – un instant – de l’hallucinant maquillage de Ron Perlman dans les années 80 et regardons – avec effroi – ce cousin machin portant honteusement… une cicatrice sur la joue ?! De là à imaginer que les producteurs ont voulu préserver le potentiel de « poster boy » de Jay Ryan… « Heureusement lorsqu’il s’énerve, l’animal se transforme en un monstre sanguinaire qui pique les yeux ? » Même pas… Point de Hulk poilu à l’horizon, mais plutôt un de ces personnages joyeusement cartoonesque peuplant l’univers de Dick Tracy. Et cette bêbête est en outre encore suffisamment humaine pour prodiguer des conseils à la Belle, ou la protéger, explosant au passage tout soupçon de danger qu’elle serait susceptible de provoquer.

Terminons par le dessert critique : Jay Ryan. Sa mission était limpide : donner vie à un héros ténébreux, torturé dans sa chair et dans son âme, à la voix caverneuse, un danger pour lui-même mais surtout pour ceux qu’il aime, bref… un héros superficiellement romantique. Et le résultat est aussi clair que sa mission: un raté total. Et même gênant, Ryan s’échinant à vouloir faire « sérieux » à défaut d’être « profond ».

Une belle foirade en somme, c’est bête.

 

666 Park Avenue

Vu par Dominique Montay

Pas très fun pour un prince des ténèbres…

Le diable est le proprio d’un grand immeuble du quartier chic New Yorkais. Et ça fout la trouille. Non, en fait pas vraiment. Et c’est intriguant. Non, au final, pas trop. Et c’est excitant. Ah non, en réalité, pas excitant non plus. C’est très banal. Oui, voilà. Banal.

Adapté d’un bouquin édité par Alloy Entertainment, dont les méthodes de succès se basent sur le transmédia (non, pas web et télé, mais télé et livres), 666 Park Avenue met en scène deux couples et un groom. Le premier couple, c’est Jane Van Veen (Rachael Taylor) et Henry Martin (Dave Annable). Ils sont tout gentils, ils sont tout beaux, ils ne sont pas très intéressants. Et pourtant, c’est le couple qu’on va le plus suivre. Celui qui nous fait entrer dans l’univers.

Le second couple, c’est Gavin (Terry O’Quinn) et Oliva Doran (Vanessa Williams). Respectivement le Diable et sa femme. Forcément moins mis en avant, il faut mystère garder. O’Quinn reprend quasiment tics pour tics de jeu son rôle dans la saison 6 de Lost, et Vanessa Williams fait le nombre.

Quant au groom… pour ceux qui ne le savaient pas, Erik Palladino (Urgences) est toujours vivant, et il joue toujours la comédie. Il est toujours aussi agaçant et bon à baffer qu’il y a 15 ans. Dans un monde qui bouge très vite, il est bon de voir que certaines choses ne changent pas.

Globalement, 666 pêche par manque d’intérêt, et par l’absence de charisme de son duo de comédiens principaux. Ils sont très beaux à regarder, mais pas très intéressants à suivre. Très vite, on se demande comment le Diable va les piéger, les faire souffrir, et de préférence les tuer assez rapidement. Un déroulement qui amènerait une conclusion rapide de leur storyline. Les créateurs ont-ils en tête une opposition différente par saison (un peu à la manière d’American Horror Story), provoquant un changement de casting à chaque année ? Pas sûr…

Dans l’immediat, une série qui fait beaucoup penser (et pas pour de bonnes raisons) à The Devil’s Advocate, film de Taylor Hackford, mais sans l’attrait principal du film: voir Pacino en faire 1000 fois trop. Terry O’Quinn, à côté de lui, est bien trop subtil. Vas-y, lâches-toi, Terry, surjoue ! T’es le Diable, que Diable…

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