On a vu… The Fall (episode 1×01)

On a vu… The Fall (episode 1×01)

Note de l'auteur

Les habitués d’X-Files ne seront pas déboussolés, Gillian ne sourit jamais dans The Fall.

Elle est de retour ! Et pas qu’un peu ! Gillian Anderson, icône SF des nineties, le fantasme malsain de Simon Pegg dans Spaced, revient sur le devant de la scène comme rarement, étant à l’affiche de deux séries. L’une en tant que guest très ponctuelle, mais marquante, dans Hannibal. L’autre, plus légitimement, dans une série dont elle est la star : The Fall, pour la BBC.

The Fall raconte les aventures croisées de l’inspectrice de police Stella Gibson et du meurtrier Paul Spector. La première est rapatriée à Belfast pour attraper le second. Tous deux entrent en chasse.

Le rythme de The Fall est assez déroutant. Voir un peu ennuyeux par moments. L’objectif de l’auteur, Allan Cubitt, un habitué des polars (Murphy’s Law, Prime Suspect), semble clairement de lorgner du côté des nouveaux rois du polars, les danois. Si elle s’habille bien mieux que sa confrère danoise, Stella Gibson a des faux airs de Sarah Lund, avec sa nature mutique.

« Dites cheeese… allez…. cheese… ok, allez vous faire f… »

Le premier épisode n’est pas riche en dialogues, c’est le moins qu’on puisse dire. En soit, c’est loin d’être un problème, et ça pourrait enrichir une ambiance cotonneuse et dérangeante. Hélas, assez souvent, la série se retrouve en mode contemplatif. Et si l’action est à chercher du côté de Paul Spector, l’antagoniste (toujours en mouvement, toujours en recherche d’une nouvelle proie), Stella Gibson ne fait quasiment rien du pilote.

Quand Gillian Anderson apparaît à l’écran, elle fascine, elle scotche. Elle a toujours cette aura naturelle qui en faisait une actrice à suivre de près. Dommage que sorti de ça, son personnage soit englué dans une inaction quasi-totale. Stella s’enlève un masque à l’avocat. Stella est toute seule dans une piscine. Une scène aurait pu briser cette impression, elle laissera hélas sur notre faim. Afin de faire comprendre qu’il est dur d’étouffer quelqu’un, Stella serre son poignet de toutes ses forces et finit par lâcher. On décèle ici un personnage plus brisé qu’il n’y paraît, dont les certitudes pourraient n’être qu’une façade.

La série fonctionne en double-point de vue, et c’est là sa plus grande prise de risque. Nous suivons autant Spector que Stella, si ce n’est plus. Nous le voyons sur son lieu de travail, avec sa famille. Nous assistons à ses moments de solitude, à la mise en scène de l’expression de ses pulsions. Pas forcément des actes de violences, mais des actions, par-ci, par-là, qui dérangent, qui mettent mal à l’aise. Et ce qui terrorise le plus, c’est de faire la comparaison entre ce que nous savons de Spector, et la perception que les gens ont de lui.

« Pourtant il avait l’air tellement normal, jamais un mot plus haut que l’autre… »

Paul Spector est un bon père. Il est beau. Du coup, lorsqu’il s’amuse dans un parc avec sa fille, la femme sur le banc à côté de lui ne se rend pas compte qu’il est en train d’écouter sa conversation afin de savoir comment il peut s’introduire chez elle. Lorsqu’il raccompagne chez elle la baby-sitter, elle flirte ouvertement avec lui sans savoir que ça lui coûtera la vie, puisqu’elle est brune aux cheveux longs, et que c’est son type de proie rêvée.

Un pilote bancale, qui laisse clairement sur sa faim, et qui se contente surtout beaucoup trop d’être l’acte 1 d’une histoire qui en comptera cinq. La série possède un gros potentiel, mais peut tout aussi bien devenir une sorte de Luther sous tranxène. Du coup, le pilote s’en retrouve mal noté (1). La série dans sa totalité, qui sait, pourrait mieux s’en sortir.

THE FALL, Episode 1 (BBC2)

Ecrit par Allan Cubitt

Réalisé par Jakob Verbruggen

Avec : Gillian Anderson (Stella Gibson), Jamie Dornan (Paul Spector), Gerard McCarthy (Kevin McSwain)


(1) : Clairement, le pilote mérite la moyenne, mais on ne peut pas encore mettre de demi en note. Du coup ça fait deux étoiles, mais pas trois. Parce que c’est un peu chiant, hein, quand même…

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