On a vu… de la comédie dans The McCarthys

On a vu… de la comédie dans The McCarthys

© CBS Broadcasting Inc.

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L’âge de pierre de la sitcom semblait entériner avec The Millers et son annulation. C’était sans compter la venue d’une autre famille : The McCarthys. Outre son titre peu original, cette nouvelle sitcom partage son absence d’ambition avec une structure antédiluvien, une pauvreté extrême de moyen (un morne salon, une morne cuisine, un bar tout aussi morne pour seuls décors) et un format tellement décalcomanié que ses traits apparaissent voilés.

The Millers, The McCarthys, un troc équitable ?

En cuisine, avec des ingrédients identiques, une recette identique, une cuisson identique, deux cuisiniers pourront réaliser des plats différents. Histoire de talent, d’une étincelle qui enflamme le plat quand l’autre restera fade. Une analogie qui s’applique à merveille dans le cas qui nous intéresse. Quand The Millers s’est abîmée dans les effluves mortuaire, The McCarthys affiche une insolence qui repose sur un principe fondamental, étrangement oublié par sa consoeur : être drôle.

© CBS Broadcasting Inc.

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Six personnages sur un canapé. Voilà le profil principal de la série. Bien résumé par un micro générique qui fait de la proximité (et la famille) son thème principal. Une matriarche, un père effacé et quatre enfants, un programme qui fleure bon le surgelé s’il n’était épicé par des dialogues finement ciselés et des acteurs conscients de l’archétype avec lequel ils doivent composer mais dont il joue délicieusement. Tout en haut plane Marjorie McCarthy (Laurie Metcalf), impérieuse en égérie matriarcale, jamais avare de bons mots épicés, témoignant d’un amour bien particulier. L’ancienne soeur de Roseanne et la mère de Sheldon Cooper impose le ton, le rythme et l’identité. Son personnage, grande consommatrice de séries (qu’elle regarde avec l’un de ses fils, Ronny), élève une écriture qui ne se contente pas d’aligner les punch lines mais joue une division au dessus quand elle s’emploie à devenir méta.

La petite sitcom de CBS ne fera certainement pas de vagues, sa forme vieillotte jouant contre elle. Nous pourrions nous rappeler néanmoins la longue existence d’une autre série confidentielle, Rules of Engagement, qui, à partir d’un format très classique (usé diront certains), exploitait deux couples, un séducteur contrarié (et plus tard, son assistant) avec une belle efficacité. Si The McCarthys risque de voler sous les radars, il ne faudrait pas évacuer trop facilement ses qualités comiques basés sur des effets simples, des personnages unidimensionnels mais orchestrés selon des valeurs qui ont fait leur preuve et qui s’avère toujours aussi efficace.

Finalement, The McCarthys pose la question de la forme de la sitcom classique (ou multi-caméra). Alors que ses plus récents rejetons semblaient bien à l’étroit, la famille d’origine irlandaise s’installe confortablement dans nos écrans, guère gênés par ce cadre resserré, imposant leur rythme, cette nonchalance qui leur permet, avec peu d’efforts, de faire rire. Et c’est tout ce que l’on demande à une sitcom.

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