On a vu… un Noël de sériesphile

On a vu… un Noël de sériesphile

Chaque année c’est pareil. Un rendez-vous qui ne disparaît jamais. Le 25 décembre, c’était Noël. Et pour certains (en tout cas, pour moi, oui), Noël ça veut dire cadeaux. Ca veut aussi dire foie gras, dinde, oeufs de lompes et discussions politiques avec un membre de la famille. Mais ça veut dire cadeaux. Et généralement, pour un sériesphiles, ça veut dire coffrets (en tout cas, pour moi, oui).

Et cette année, est-ce que j’ai eu l’intégrale de Camping Paradis ? La première saison d’Highlander ? un coffret d’inédits de Derrick ? Non, et c’est heureux. En même temps, j’avais balisé le terrain. Et du coup, je me suis retrouvé avec deux petites pépites en DVD, l’excellente et trop méconnue Northern Exposure, et la mythique anglaise Yes Minister. Je peux dire que je m’en suis plutôt pas mal sorti.

Yes Minister, malgré mes 5 années et des poussières au Village, je n’avais jamais eu l’occasion de me pencher dessus. La télévision britannique regorge de chefs-d’oeuvres pas hyper connus comme celui-là. La série a été diffusée de 1980 à 1984 sur la BBC. Elle possède une forme sitcom très traditionnelle, donc possède des points communs nombreux avec le théâtre. On y entend très souvent les réactions du public (les fameux rires enregistrés) et la qualité d’image rend un hommage vibrant à la VHS, en gros, elle est vilaine.

Oui mais voilà, Yes Minister est très drôle, et de plus, son propos est juste hallucinant. C’est une comédie satirique sur un ministre qui vient d’être investi suite à un changement de gouvernement. Yes Minister est didactique, et explique très simplement comment fonctionne le système politique anglais. Elle ne se défausse pas quand c’est compliqué, préférant en rire plutôt que d’éviter de parler d’aspects abscons. Elle est poil à gratter, dans le sens où elle exprime que ceux qui font avancer les choses, ce sont les « secretary », ceux qui restent quel que soit le gouvernement. Et que les politiciens, quelque part, empêchent de tourner en rond…

Northern Exposure  me ramène quelques années en arrière (ok, plus de dix), à l’époque où Série Club était dirigé par des gens qui prenaient des risques éditoriaux assez forts, et où la série renommée en France Bienvenue en Alaska, était diffusée à des horaires certes tardifs, mais diffusée. Northern Exposure raconte l’histoire de la ville de Cecily en Alaska, où coexistent des rednecks pur jus, des illuminés limite baba-cools, la version féminine d’Han Solo et une forte et respectée communauté amerindienne. Et au milieu de tout ça, un médecin juif new yorkais venu travailler ici à contrecoeur.

La série est un mélange habile de comédie, de drame, de romantisme, de poésie. Une bulle de bonheur écrite intelligemment et qui met en avant des personnages à la fois complexes mais qu’on imagine accessibles. Elle décrit aussi, à merveille, le sentiment de vie communautaire, de confraternité qui naît d’un attelage formé de gens pourtant très différents. Tous réunis autour de valeurs humanistes fortes. Tous réunis par l’amour de la nature. Une série formidable, créée et showrunnée par Joshua Brand et John Falsey (St Elsewhere). Une série qui fit travailler en tant que scénariste, celui qui fit comprendre (un peu tard) aux critiques français que la télé pouvait être tendance, David Chase.

Des beaux coffrets. Des belles séries. J’en parlerai bien plus longtemps avec vous, mais j’ai allumé mon lecteur DVD. À plus tard.

Partager