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One Piece: Pirate Warriors 3 : une claque dans le Musô (PC/PS4)

One Piece: Pirate Warriors 3 : une claque dans le Musô (PC/PS4)

Note de l'auteur

N°1 des ventes de mangas, 17 saisons d’anime soit 710 épisodes, One Piece est un phénomène qui s’est déjà illustré dans le monde des jeux vidéo, et revient pour un dernier volet sur console next gen et PC. Avec l’ami Pierre-Alexandre (team manga), on vous livre nos impressions sur le jeu mais aussi sur l’univers riche et contrasté de Mugiwara no Luffy.

Alors que le Tokyo Game Show vient de livrer le trailer de Burning Blood, le fighting game issu de l’univers de One Piece, nous avons eu la possibilité de tester One Piece: Pirate Warriors 3, un jeu de type Musô, beat’em all où l’on incarne un être aux capacités exceptionnelles qui dépote façon Luffy.

Un pari qui vaut bien One Piece.

OPP30202-34Ce n’est pas force de le répéter mais les adaptations vidéo-ludiques de comics (DC – Marvel) sont toujours en deçà des attentes des joueurs, à l’exception des adaptions de mangas qui s’en tirent plutôt bien (Naruto…) notamment dans la retranscription assez fidèle de l’univers et l’intensité des combats entre les protagonistes. One Piece: Pirate Warriors 3 confirme cet état de fait : un jeu rythmé résolument fun où l’on enchaîne combos et coups spéciaux sans s’arrêter. Alors que les précédentes adaptations de l’univers One Piece en jeux vidéo narraient des histoires originales, Pirate Warriors 3 rend un hommage de son vivant à l’intégralité de la série, reprenant tous les arcs depuis la rencontre de Monkey D. Luffy avec Roronoa Zoro, Nami jusqu’à Dressrosa (dernier arc en cours mais la fin du jeu est indépendante/originale de la série).

Gomu Gomu no Limit.

one-piece-pirate-warriors_76hh1_3hr1fgLe jeu s’articule sur trois modes : le mode Legend Log (story), Free Log (rejouer les épisodes du Legend Log) et Dream Log (quêtes jouables avec tous les personnages), mais autant dire que le mode Legend est en soit le mode le plus intéressant. Musô oblige, on se retrouve donc sur une carte où s’affiche différents objectifs et des lieux dont on doit prendre le contrôle pour avancer jusqu’à l’étape suivante. Inutile de dire que la finesse n’est pas de mise et que « l’éclatage » de masse est vivement conseillé. Quelque soit votre personnage, deux jauges vont vous permettre, à leur maximum, de lancer votre Kizuna (coup spécial) seul ou avec un allié. Et là, vous assisterez à une petite scénette et un superbe vol de dizaines d’ennemis projetés sous la puissance de vos coups. C’est le coté jubilatoire du jeu : user et abuser des Gomu Gomu no de Luffy, se placer dans un coin et lâcher votre spécial. Petite astuce supplémentaire, vous pouvez choisir parmi vos alliés celui qui dispose de son pouvoir héroïque activé pour envoyer encore plus de dégâts. Vous ramasserez, pendant votre parcours des Belly (monnaie) qui permettront de faire monter de niveau vos personnages non joués, mais aussi des pièces de héros qui boosteront vos stats avant les combats. En effet, dans certaines salles, une cinématique vous indiquera le début de mini-quêtes annexes (légende ou trésor) mais hautement conseillées qui vous amèneront en face d’un Boss emblématique de l’arc que vous jouez. Battez-le et vous obtiendrez pouvoirs et bonus d’attaque supplémentaires.

Allez, on se fait plaisir avec une vidéo montrant tous les coups spéciaux de chaque personnage (Merci à Anime Games online)

Si le jeu n’est pas difficile, le rythme fou imposé par les missions, les retours en arrière pour sauver vos alliés en difficulté, vous feront perdre la tête. D’autant plus que la caméra du jeu ne facilite pas les déplacements, et souvent, on va directement se déplacer d’une salle à l’autre en regardant la map plutôt que l’écran principal. Caméra qui, en mode deux joueurs, rend littéralement le jeu injouable selon moi. Idem pour les combats contre les boss, où l’on alterne la touche de focus et les coups pour enfin réussir à le toucher, si toutefois on ne déclenche pas son spécial dans son dos, visant ainsi un mur, ou la piétaille environnante. Par contre, les animations des différents coups normaux, enchaînements ou des coups spéciaux, sont magnifiques et totalement dans l’esprit du manga. Les personnages sont aussi extrêmement bien rendus (surtout Nami et Robin ^^) avec un cel-shading éclatant et très propre dans la fluidité affichée. Quand aux cinématiques avant, pendant et à la fin de la partie, elles sont tout simplement sublimes, reprenant les passages clés et émouvants des différents arcs. Par contre, on oubliera la pauvreté des décors qui font limite mal à l’œil et qui pourraient être dignes d’une console 16 bits.

YOLO ad vitam.

Pour la durée de vie, chaque fin de partie vous indique votre score (A…S) ainsi que votre réussite dans les différentes mini-quêtes. Autant dire qu’il vous faudra donc revenir dans les niveaux des différents chapitres pour taper le 100% et obtenir ainsi tous les bonus du jeu (pièces, skills, posters, chansons, cinématiques, costumes). Ce n’est certes pas très original mais comme l’avancée dans le jeu est relativement rapide, cela permet de revenir sur le jeu pour des objectifs précis et profiter de vos améliorations. Pour prolonger encore le rêve, des DLC sont prévus, apportant leurs lots de challenges et d’items pas réellement nécessaires mais indispensables pour le fan.

– Pack DLC 1 : 4 costumes exclusifs, 4 missions supplémentaires : Ace of Coliseum – East Blue, All serene – We Are the World Government – Whitebeard vs New Fishman Pirates, 5 costumes issus de One Piece: Pirate Warriors 2. (sortie le 8 août).

– Pack DLC 2 : 4 costumes exclusifs, 4 missions supplémentaires : Counter Pirates Warfare – Surgeon of Death – Counter World Government Warfare – The Treasure Survival in the Sky Islands, 5 costumes issus de One Piece: Pirate Warriors 2. (sortie le 22 septembre).

Quant à la musique, on retrouve les scores de l’anime qui prolongent l’immersion aussi bien dans les scènes d’action que dans les moments tristes. C’est un petit bonheur.

 Kaizoku oni ore wa naru

En prenant la manette entre les mains, vous plongerez littéralement dans l’univers de One Piece, et c’est la grande qualité de ce jeu. Très proche de l’anime, surtout des épisodes 3D mais en conservant le grain et la mise en page papier, le fan est totalement comblé par ce déluge de références (Sanji), de scènes cultes (Luffy vs Usopp), d’affrontements épiques. Bandai Namco Entertainment, Toei Ketcmo Games et Omega Force démontrent leur maîtrise dans l’adaptation d’un manga en jeu vidéo, même si le genre n’est pas en soi une réelle innovation. Mais, après tout, que demande le fan ? Le genre Musô colle parfaitement à cet univers fait de claques et de baffes, et l’univers One Piece lui rend hommage. Une complémentarité symbiotique simple et efficace qui profite au joueur et fan de la série. Seul regret, que le manga et l’anime ne soient pas terminés pour avoir un jeu complet narrant tous les arcs diffusés. Mais les DLC seront là pour compléter cette œuvre vidéo-ludique. Alors oui, je signe pour intégrer l’équipage de Luffy, Baggy et comparses, car à l’instar de la série (et de Luffy), on ne cherche pas à réfléchir. On avance, on s’amuse et on éclate tout sur son passage, seul ou entre amis.

 

One Piece: Pirate Warriors 3 – PS4 (Par Pierre-Alexandre Chouraqui)

Le genre Musô correspond à un état d’esprit que l’on adore ou que l’on rejette en bloc : bastonner des dizaines et des centaines d’adversaires jusqu’à plus soif, tout en délivrant des territoires chacun détenu par des généraux. Jouissif ou répétitif, c’est selon tout un chacun de se positionner quand on se retrouve face à un gameplay purement archétypal, devenu presque désuet passé presque deux décennies. Très souvent orienté au travers de la mythologie chinoise (en particulier le roman Les Trois Royaumes), c’est donc avec beaucoup de retenue que j’empoigne la galette, surtout après avoir tâté des deux premiers opus, tirant entre le franchement médiocre de circonstance et le passable de rigueur.

One-Piece-Pirate-Warriors-3_2015_04-15-15_004.jpg_600Faaanns ! Vous les Faaanns !

Ne tergiversons pas plus loin : à ma grande surprise, j’ai littéralement été emporté toutes voiles dehors par cette troisième tentative de Koei, en partie grâce à l’exploitation très percutante sur l’univers mythique et foisonnant du manga éponyme. Lecteur depuis la toute première heure de l’œuvre d’Eichiro Oda, ayant tâté de près ou de loin les autres tentatives vidéo-ludiques tirées de la licence mythique, ce One Piece: Pirate Warriors 3 détient enfin de bien belles qualités et mérite que l’on s’y attarde plus que par un simple détour. Déjà, exit le récit tarabiscoté et créé uniquement pour le jeu lors du précédent épisode. On revient à la trame essentielle des aventures de Luffy et de ses amis, des débuts de l’équipage concourant jusqu’à la partie de Dressrosa ! Autant dire que le fan pur et dur ne pourra crier au scandale : des dialogues à la mise en scène des moments forts, bastons comprises, le jeu implique fortement les aficionados, leur donnant l’occasion à chaque fois de boucler un nouvel arc marquant de l’œuvre culte ! Les lieux sont aussi fidèlement retranscrits : que vous soyez sur le Baratie, l’île des hommes poissons ou bien Alabasta, rien à redire ! Le monde de One Piece prend ici vie sous nos yeux. A ceci, le chara-design bénéficie du même soin, de même que les nombreuses techniques de combat formidablement illustrées, avec toute la démesure gigantesque que le manga nécessite. Le tout est servi par le doublage japonais (malgré une traduction pas tout le temps flatteuse) pour soigner ça aux petits oignons ! Bref, on chouchoute comme il faut le fan de la première heure par tant de sincérité dans l’adaptation. Et c’est tant mieux. Pour l’intrigue, idem. Du recrutement de chaque membre de l’équipage jusqu’aux combats contre les poids lourds du manga, le contenu se veut riche en parcourant les étapes majeures de l’ensemble de l’oeuvre paru jusqu’alors. Certes, on observe aussi certains raccourcis scénaristiques (Hermep est absent, le combat de Chopper contre un membre du CP9 inexistant…) mais finalement, rien qui n’entrave la redécouverte de l’histoire dans son entier. Notons, dans la foulée, que la durée de vie du jeu est évidemment proportionnelle à cette dernière, c’est-à-dire gigantesque. Elle en serait presque effroyable même, au vu du contenu proposé : challenges à accomplir, coups à débloquer, scores à obtenir, personnages à upgrader… Il y a du gros challenge en prévision, le niveau difficile corsant sérieusement les choses pour les amateurs ! Bref, du fan service à tout crin, en veux-tu en voilà ! Mais tout ceci n’illustre que le mode Légende. Un simple mode histoire en fait, comme tout bon Mûso qui se respecte. Non, le vrai délire qui emporte l’adhésion quand on apprécie énormément les aventures de chapeau de paille, c’est bel et bien le mode Rêve !

Le fantasme à portée de main

OPPW3_04-15-15La merveilleuse idée de Koei, c’est de pouvoir sortir des sentiers battus en impliquant d’autres personnages jouables face à d’autres et qui ne se sont pourtant jamais rencontrés. Zoro affrontant Ace tout en étant aidé de Vergo ou bien Trafalgar Law en mano à mano contre Baggy est désormais tout à fait possible ! Jouant les capitaines corsaires ou les héros d’autres équipages, faisant des alliances totalement ubuesques entre protagonistes, le mode Rêve permet ici de prendre part à des combats plus originaux puisque ne nécessitant pas l’équipage de chapeau de paille ! Une bien belle trouvaille qui procure encore de la consistance à l’entreprise ici déjà bien vaste ! A ceci, s’ajoute un mode coopération qui apporte une plus-value supplémentaire : il est possible de parcourir n’importe quel mode de jeu à deux ! Que ce soit en Légendaire, Rêve ou en Mode libre, vous pourrez vous faire aider à chaque fois, non seulement en ligne, mais aussi en local ! Visuellement, l’écran splitté n’est pas toujours le meilleur choix, surtout quand chacun affronte 200 adversaires. Mais il a le mérite d’être présent. D’ailleurs, soulignons que la PS4 apporte ici une représentation non négligeable d’ennemis simultanément à l’écran, offrant de purs moments de bastons gargantuesques ! Et une fois commencé, il faut bien admettre que si le procédé peut paraître redondant, il est en fait surtout très addictif ! Voir vos alliés attaquer simultanément avec vous pour un méga finish toujours plus puissant face à toute une horde qui déferle sur vous, ça n’a pas de prix ! Et on en redemande !

We are!

Mon enthousiasme se doit d’être aussi modéré un brin : si One Piece: Pirate Warriors 3 se conforte sur des bases appréciables depuis le second opus, tout en récupérant heureusement l’histoire originelle, il n’en reste pas moins un Musô. La répétitivité du concept peut évidemment lasser. Les mécanismes de gameplay paraîtront simplistes, la traduction parfois très hasardeuse et l’ensemble doit énormément à l’univers prodigieux de Eichiro Oda. Mais le dynamisme des affrontements, le plaisir inextinguible de poutrer 1000, 2000 puis 3000 mobs dans un maelstrom de coups spéciaux dantesques fait indubitablement tourner le vent en sa faveur, le tout associé à une densité folle en matière de durée de vie qui laisse pantois. Le manga prend ici une existence vidéo-ludique véritable et matérialise enfin un fantasme de fan qui a une belle envergure. Si vous ne connaissez pas le genre, et que vous ne jurez que par Luffy et sa bande, il serait criminel de passer à côté. Pour les autres, mieux vaudrait peut-être l’essayer auparavant. Néanmoins, One Piece: Pirate Warriors 3 peut se targuer d’être une belle réussite. Et pour une adaptation de manga, c’est encore plus enthousiasmant !

 

One Piece: Pirate Warriors 3

PEGI 12+

Bandai Namco Entertainment.

 

 

 

 

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