Pâle rider (Critique de The Lone Ranger de Gore Verbinski)

Pâle rider (Critique de The Lone Ranger de Gore Verbinski)

Note de l'auteur

Réalisateur du très bon Rango, on attendait une confirmation du talent du petit père Gore dans le Western. D’évidence, il connaît bien Leone, mais son film ne siéra pas aux aficionados. Verbinski hésite entre le film grand public, le western crépusculaire et nous livre un film ennuyeux, mal rythmé, aux héros insignifiants.

Synopsis: Tonto, le guerrier indien, raconte comment John Reid, un ancien défenseur de la loi, est devenu un justicier légendaire. Ces deux héros à part vont devoir apprendre à faire équipe pour affronter le pire de la cupidité et de la corruption.

Miné par divers soucis de production, The Lone Ranger a failli ne pas voir le jour. Météo capricieuse, décors endommagés, délais non respectés, réécriture de scénario, rien n’aura été épargné à Gore Verbinski. Fort du succès des Pirates des Caraïbes et surtout du génial Rango, on était en droit d’attendre une chevauchée fantastique de la part du réalisateur mais il semble que la malédiction John Carter ait encore frappé.

Adaptation d’une série télévisée (elle même adaptée d’un feuilleton radiophonique), The Lone Ranger est une icône de la culture américaine inconnue dans nos contrées. C’est vierge de tout a priori que le public français abordera ce western, enfin presque, le film ayant fait un bide chez nos amis américains, avec, en sus, une critique désastreuse. Votre serviteur va-t-il en rajouter une couche ? Évidemment ! C’est écrit en gras plus haut, faut suivre les gars (et les filles) !

 

Un problème de rythme.

Il est des films où, après deux heures de visionnage, vous en reprendriez bien deux de plus. The Lone Ranger ne fait pas partie de ceux là, au contraire. Aussi pénible que les heures de queue pour accéder au Train de la mine à Disneyland (sans FastPass), le film peine a prendre son départ avec une exposition interminable. Il faudra attendre une heure avant de voir les deux héros, le cul-cul-la-praline John « Lone Ranger » Reid et l’original amérindien Tonto, former un ersatz d’équipe. Une heure encore pour fixer leeeennnntement leurs objectifs pour enfin arriver à une scène finale de pure action burlesque s’étirant sur vingt minutes qui vous fera haïr le Guillaume Tell de Rossini.

Des personnages insignifiants

Plus gênant qu’un rythme mal maitrisé est l’absence totale d’empathie envers tous les personnages du film. The Lone Ranger aurait du s’appeler The Crazy Tonto. L’amérindien est le personnage central du film, à la fois conteur et seul à avoir un background un tant soit peu développé et accrocheur. Il possède son propre film dans le film, c’est là que le bât blesse. John « Lone Ranger »  Reid, censé être le héros de l’histoire, paraît extrêmement fade et inutile face à son side-kick comanche plus attachant, même si Johnny Depp en fait des caisses, « à la Jack Sparrow », ce qui finit par lasser, je vous l’avoue. Le pauvre Arnie Hammer incarne un naïf et pacifiste homme de loi, amoureux de la femme (transparente) de son frère, dont la résurrection en Lone Ranger n’apporte rien, à part un masque et un cheval blanc (running gag plutôt réussi). La chenille passe de chrysalide à chenille masquée pour affronter des méchants hors la loi dont le potentiel badass aurait pu être intéressant si Verbinski avait sorti son film de son aspect grand public vers le western crépusculaire.

 

Un western entre deux eaux

C’est un des plus grand regret que l’on éprouve face à The Lone Ranger, Verbinski navigue maladroitement entre les différents genres de western sans jamais s’en emparer, nous laissant en état de frustration continuelle malgré les nombreuses références au chef d’œuvre du genre (Little Big Man, Il était une fois dans l’Ouest, La Horde Sauvage…). Entre western spaghetti, avec trop de boulettes, western classique et western crépusculaire, le film ne trouve pas sa voie (ferrée). C’est bien dommage car le metteur en scène fait preuve de brio (bravo) dans sa réalisation en nous livrant de magnifiques tableaux et une scène finale longuette mais d’une grande maitrise technique.

 

The Lone Ranger de Gore Verbinski, avec Arnie Hammer, Johnny Depp, Ruth Wilson, Helena Bonham Carter, …

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