On a vu… que ce n’était pas la saison des comédies old school

On a vu… que ce n’était pas la saison des comédies old school

Une sitcom vieille école (et avec un super générique). Photo CBS

Partners, Guys with Kids : deux comédies lancées en septembre dernier, deux séries qui n’ont pas duré. Paient-elles leur côté légèrement suranné, avec des décors de studio et des rires qui ponctuent les répliques ? Non : il leur aura surtout manqué un truc en plus. C’est tout.

Il y a toute une partie du public qui ne peut plus les supporter. Sans doute parce que des séries comme 30 Rock, The Office ou Malcolm leur ont donné un méchant coup de vieux. Peut-être aussi parce que l’enregistrement des rires (ajoutés ou « captés » pendant le tournage en direct) qui surlignent les échanges renvoie le public français aux pires heures de la production télé.

Pour ces amateurs de séries, la comédie moderne, c’est celle qui lorgne vers un ton nouveau (Louie, Legit) ou qui combine mise en images différente et capacité à immerger le téléspectateur dans une thématique (Modern Family, Parks & Recreation, The New Normal dans une certaine mesure).

On dit souvent que ce sont des comédies inventives, voire audacieuses. Comme si les autres ne l’étaient pas. Pour ce public, l’échec de Guys with Kids comme celui de Partners étaient sans doute écrit d’avance.

Sauf que ce n’est pas vrai.

D’abord parce que les comédies vieille école tiennent toujours une place importante aux États-Unis. La preuve : la série, en format 21 minutes, qui a le plus cartonné cette année en est une (The Big Bang Theory). Le succès de CBS, network numéro 1 en 2013,  s’appuie également sur un panel de sitcoms ultra-classiques mais populaires (2 Broke Girls, How I Met Your Mother, Two and a Half Men, Mike and Molly).

Guys with Kids, une sitcom familiale tout aussi classique (et avec un super générique).

Ensuite parce que Guys with Kids et Partners ne sont pas de mauvaises séries. Elles n’ont juste pas réussi à se différencier significativement.

La première, dans ses prémices, évoque le quotidien des pères de famille modernes avant de souvent faire sauter l’élément -pères de- pour développer une comédie familiale très classique. Plutôt bien construits (le plus souvent, ça marche bien quand l’histoire implique le duo Sheila/Nick et/ou Gary), les épisodes sont souvent divertissants et agréables à suivre.

Son seul problème, c’est justement d’être trop classique. Ce qui lui a sans doute manqué, c’est un personnage qui aurait un peu plus d’envergure dans sa distribution. En clair : elle n’a pas son Sheldon Cooper ou son Barney Stinson, ce protagoniste qui capte la lumière et la renvoie à l’ensemble de ses partenaires pour développer un show dynamique.

C’est dommage parce qu’Anthony Anderson (Gary) a un bon sens du timing comique et que Zach Cregger (Nick) possède lui aussi un potentiel certain. Qui plus est, le récit respecte complètement les canons de la comédie qu’on faisait dans les années 90. Notamment dans son dernier épisode, bouclé sur un bon cliffhanger, bien frustrant.

Sans vraie figure de proue ni propos résolument différent, la série de Jimmy Fallon, Charlie Grandy et Amy Ozols ne pouvait pas faire plus que de livrer une première (et unique) saison de 17 épisodes honnête mais pas inoubliable.

Un quatuor qui aurait mérité de jouer plus longtemps ensemble.

Pour Partners, c’est autre chose. Si le pilote est raté (c’est en tout cas ce qu’on se dit en voyant la suite), la comédie de Max Mutchnik et David Kohan joue à fond sur les forces de son genre. Gros sens du rythme, vraie capacité à combiner comique de répliques, comique de situation et références bien senties, distribution au taquet : elle aurait sans doute cartonné dans un autre contexte.

Ici, pas de chance : à l’automne dernier, dans la grille de CBS, elle est passée inaperçue. Dommage parce qu’en six épisodes, elle était déjà parvenue à développer un quatuor de personnages principaux et quelques seconds rôles démontrant que le potentiel, les idées et… l’humour étaient bien là.

Peut-être a-t-elle payé le classicisme de son pitch (qui rappelle beaucoup Will & Grace, et qui est développé par les mêmes auteurs) comme elle paie le fait d’avoir été diffusée sur le network numéro 1 aux USA (1). Mais une chose est sûre, elle n’est pas morte parce qu’elle n’avait rien à dire.

Dans les deux cas, c’est une évidence : la sitcom à papa n’est pas en train de mourir. Elle a juste manqué le coche sur ces deux coups-là.

(1) : J’ai la conviction que, diffusée sur ABC ou sur NBC, la série aurait trouvé son public. La raison : elle aurait eu plus de temps pour le faire.
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