Ados lassant (Critique de Divergente de Neil Burger)

Ados lassant (Critique de Divergente de Neil Burger)

Note de l'auteur

DIVERGENTE AFFICHE« La nouvelle saga des studios à l’origine de Twilight et Hunger Games »…La rétro-référence de l’affiche faisant appel à notre mémoire critique spectatorielle ne nous avance pas beaucoup. La saga Twilight est une purge atomique alors qu’Hunger Games est plutôt pas mal…dans son genre « la dystopie pour les nuls (ou les ados) ».

Depuis 1984 de Georges Orwell, j’avoue un faible pour la dystopie dans la littérature et le cinéma. L’intrigue du film semblait s’orienter sur la décadence d’une société au travers du regard d’une héroïne rebelle de 16 ans (Shailene Woodley, 22 ans) mais non. L’héroïne est différente et meilleure que les autres car elle est Divergente et amoureuse du beau-gosse-froid-au-regard-ténébreux-qui-ne-va-pas-rester-insensible-à-ses-charmes-très-rapidement. Nous sommes assez éloignés du 1984 de Orwell et plutôt du côté de son apologue, La Ferme Des Animaux, sur fond dystopique. Résumons.

DIVERGENTDans un monde post-apocalyptique à Chicago, où Ed Froman, le roi de la saucisse a certainement trépassé (une choucroute supplément lard, et tout mon respect, pour qui trouve la référence), la société s’est organisée en cinq factions. Les Altruistes, des beatniks amiches agriculteurs ; Les Audacieux, des yamakasis rigolards et zébulonnants toujours prêt à casser la gueule des méchants qui ne respectent pas les règles ; Les Erudits, technocrates encostumés intelligents qui vous emmerdent poliment (toute ressemblance…) ; Les Sincères ; Les Fraternels. Evidemment, tu te dois d’appartenir à une de ces cinq catégories sinon tu es « trop un rebelle, sa mère ». Tu es, à l’issue d’un examen sous LSD, soit trop bidon pour appartenir à une faction, et là t’es un clochard de « sans faction » (bouh, les nuls), tu fais les poubelles, t’as les yeux inexpressifs et de la suie sur le visage (oui, t’es trop con pour te laver, hein) ou alors t’es au taquet, le king des kings, tout à la fois, la totale, t’es Divergent. Mais à Chicago, on n’aime pas trop ce genre de petit malin fouille merde, alors pour te remercier d’être moins bête que la moyenne, on te colle une balle entre les deux yeux, ça t’apprendra d’être différent. Pour cette société, il faut un chef et il sera toujours choisi parmi les Altruistes, histoire de limiter les dégâts causés par une éventuelle technocratie responsable de l’apocalypse. Evidemment, ces cochons d’Erudits n’aiment pas trop trop ça d’être gouverné par des beatniks mais ce n’est pas facile de se battre en tailleur…qui pourrait donc les aider à renverser le pouvoir ? Qui pour déjouer leur immonde plan de révolte ? Le suspense est insoutenable, je ne voudrais pas te déflorer l’intrigue mais faudrait quand même être altruiste, érudit, fraternel, sincère et audacieux pour y arriver…Et Tris (Shaileen Woodley), elle est tout ça à la fois, même si elle planque sa différence chez les Audacieux (bah ouais elle est jeune et les rigolards qui pètent la gueule à tout le monde c’est top fun).

Tu l’auras compris, côté scénario, c’est de l’antimarxisme pour les nuls ou pour les ados décidément vraiment trop idiots pour capter l’inintérêt d’une société collectiviste (sic). DIVERGENTMais ça ce n’est que le fond de l’histoire…1h30 d’exposition quand même. L’intérêt scénaristique (pour les ados) réside dans la bluette entre Tris et son mystérieux protecteur aux sourcils froncés chez les Audacieux (Theo James, un Pattinson un peu plus expressif), face au méchant dur à cuire (Jai Courtney en mode bad boy) et à la méchante Erudit (Kate Winslet), sous le regard protecteur de maman Altruiste (Ashley Judd). Voilà, voilà. En bonus, le message placardé aux néons clignotants, quatre par trois, façon pub Diesel « sois toi-même, ne suis pas la règle » (et pas de sexe avant le mariage, faut pas déconner non plus).

Et si tu aimes le cinéma dans tout ça ? La mise en scène de Neil Burger (Limitless, l’Illusionniste) est assez plate (les mauvaises langues humoristes diront fade comme chez MacDo, mais ce n’est pas mon genre), la photo plutôt commune, la musique est une compilation indé mais pas trop (cf la MMR de Lordofnoyze)…

Divergente est une bluette adolescente SF sur fond de dystopie light qui, sans être honteuse, ne surprend guère par son scénario ou sa réalisation. Pour adolescent(e)s pas exigeant(e)s, uniquement.

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