Pathfinder: Kingmaker, la vieille école

Pathfinder: Kingmaker, la vieille école

Note de l'auteur

Première adaptation du jeu de rôle papier du même nom, Pathfinder: Kingmaker assume dès ses premières minutes son héritage old school, avec tout ce que cela implique de bon, et de moins bon. Alors est-ce le prochain RPG qui va occuper vos nuits ?

Tout d’abord Pathfinder, qu’est-ce que c’est ? Créé à l’origine comme une série de campagnes de Donjons et Dragons dans l’univers alternatif de Golarion, puis édité en 2009 comme un jeu de rôle à part entière, Pathfinder se fonde sur la version 3.5 du JdR le plus célèbre du monde. Les fans de Baldur’s Gate et Neverwinter Nights ne seront donc pas dépaysés, quant aux joueurs de Pathfinder, ils retrouveront retranscrit avec fidélité l’univers du jeu, un peu plus léger et barré que D&D.

J’avoue pour ma part ne pas être un grand fan de l’univers visuel de Pathfinder version papier, mais il faut avouer qu’ici, la direction artistique est cohérente et ne part pas dans tous les sens. J’apprécie en particulier le petit côté peinture des textures qui apporte un vrai charme à l’ensemble. Malheureusement au bout de plusieurs dizaines d’heures de jeu, force est de constater que tout cela est bien pauvre, les environnements se répètent et on a souvent l’impression d’avoir déjà visité une zone la première fois qu’on la visite.

Un vrai manque d’originalité qui se retrouve dans le scénario : vous et votre équipe êtes envoyés pour chasser un bandit qui terrorise une région, en échange de quoi vous obtiendrez le titre de baron.esse. En route vous croiserez toute la ménagerie habituelle de squelettes, kobolds, ogres, loups, etc.

Pour les compagnons, on retrouve les mêmes dynamiques inchangées depuis Baldur’s Gate, avec son lot de conversations un peu vides et de romances sans grand intérêt. On est souvent dans le cliché malheureusement, mais on a parfois le droit à quelques bonnes surprises.

Tout cela vend difficilement du rêve, mais pourtant la sauce prend dès les premières minutes, grâce à un côté « JdR papier » bien amené qui ravira les fans du genre. Certes, il faut être prêt à lire beaucoup, mais une fois que l’on s’y penche l’univers de Pathfinder et le scénario de ce jeu sont plus profonds qu’ils n’en ont l’air.

Le fait de devoir gérer son royaume est un vrai plus et s’avère assez prenant, même si l’interface est d’une lourdeur monumentale. Vous allez très vite maudire les temps de chargement qui vous ramèneront facilement 15 ans en arrière.

Ce jeu prend un temps fou, ce qui a un certain charme je ne vais pas le nier, mais en 2018 on a du mal à se l’expliquer, surtout après avoir joué à d’excellents jeux comme Pillars of Eternity qui mêlent le côté old school avec des mécaniques mieux huilées.

Autre aspect old school : la difficulté très élevée. J’ai voulu me rapprocher au mieux des règles de Pathfinder en mettant tous les réglages de difficulté sur 1 (pour le coup c’est assez complet), et bon sang que c’est dur, surtout au début. Ne comptez pas vous en sortir en tapant bêtement sur tout ce qui bouge, vous serez forcés de comprendre les mécaniques du jeu pour les exploiter. Dans un sens c’est bien puisque l’on profite de la richesse du jeu et que les victoires sont d’autant plus jouissives. Mais parfois c’est juste gratuit et frustrant.

Notons que le jeu était truffé de bugs à sa sortie, un défaut bien agaçant malheureusement courant de nos jours. Ne vous découragez pas pour autant car les développeurs ont l’air très réactifs – du moins pour le moment – et nous avons droit à une mise à jour au moins tous les deux jours. Espérons que ça se tasse.

Au final Pathfinder: Kingmaker est un jeu qui vous donnera vraiment l’impression de jouer à un JdR sur table, mais avec un MJ un peu chiant qui prend son bouquin de règles trop au sérieux. Au final, le charme du JdR est là, mais pour le fun… il faut creuser.

Pourtant, malgré ce bilan mitigé, je continue à prendre du plaisir sur ce jeu que je conseillerai vivement aux fans inconditionnels du genre, beaucoup moins aux autres.

 

Pathfinder: Kingmaker
Développeur : Owlcat Games
Éditeur : Deep Silver
Plateformes : Windows, Mac OS, Linux

 

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