Patrick Duffy à Monte-Carlo : « J’aimerais être l’air entre Amy Poehler et Tina Fey »

Patrick Duffy à Monte-Carlo : « J’aimerais être l’air entre Amy Poehler et Tina Fey »

L’interprète de Bobby Ewing (Dallas, ton univers impitoyable) est présent au Festival de Télévision de Monte-Carlo 2015. En effet, Patrick Duffy est le président du jury séries TV au festival… L’occasion aussi de revenir sur sa carrière de L’Homme de l’Atlantide à son dernier rôle dans la série de Greg Poehler, Welcome to Sweden.

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Photo Isabelle Ratane

Photo Isabelle Ratane

DAILY MARS : Comment appréhendez-vous vos responsabilités de président du jury séries TV ?

PATRICK DUFFY : C’est une expérience très intéressante pour moi car je n’ai jamais été dans cette position auparavant, où je dois juger le travail de quelqu’un de cette manière. On juge tous les choses quand on regarde la télévision, on a un avis sur ce qu’on aime ou ce qu’on n’aime pas. Ici, je dois voir chacune des séries en compétition deux fois. Une fois en tant que simple spectateur et une seconde fois avec un regard critique basé sur mon expérience d’acteur, réalisateur et producteur. Cette fois-là, je dois réfléchir sur mon appréciation de la série : je lui donne une note. J’ai fonctionné comme ça pour chaque épisode visionné, pour les 5 drama et les 5 comédies en compétition. Puis, le jury s’est réuni et nous en avons discuté. Nous avons échangé nos avis, et c’était très intéressant d’entendre nos différentes opinions et le fait d’en discuter a aussi un peu changé nos différentes perceptions. Ce fut une expérience très enrichissante et éducative, et nous n’avons pas seulement décidé “celui-là gagne, celui-ci perd,” mais avons dû véritablement justifier nos choix en expliquant comment on regarde la télévision, les performances, la production. Cette expérience a changé ma perception en tant que professionnel de l’industrie télévisuelle. J’ai beaucoup aimé être dans ce jury et j’ai été très heureux quand on m’a proposé d’en faire partie et ça m’a paru une opportunité amusante. Mais j’ai aussi compris qu’il s’agissait là d’un rôle important et que je devais prendre cela au sérieux.

Quelle est votre meilleur souvenir de la première série Dallas ?

Mon souvenir préféré de l’époque Dallas, c’est d’avoir partagé du temps avec Larry Hagman. Et pas seulement à l’écran, car nous avons été meilleurs amis pendant 35 ans. Tous les matins, j’arrivais au studio entre 6h30 et 7h et j’allais directement dans la loge de Larry. On ouvrait une bouteille de champagne, et on buvait un verre. C’est comme ça qu’on entamait nos journées de travail. Je m’arrêtais de boire après un verre, mais lui il continuait toute la journée (rires). C’était ce que je préférais… tous les matins je me ruais dans sa loge et on rigolait en buvant du champagne avant d’aller travailler. On a fait ça pendant 13 ans, et quand la nouvelle génération de Dallas a été lancée, on a remis ça.

Quand on vous a proposé d’être dans le nouveau Dallas, avez-vous immédiatement accepté d’être de la partie ?

Larry Hagman, Linday Gray et Patrick Duffy

Larry Hagman, Linday Gray et Patrick Duffy

Non, et notre réaction a été la même pendant 20 ans car on n’arrêtait pas de lire des scénarios décevants. Pendant 20 ans, les gens ont pensé que l’idée de refaire Dallas était chouette mais on ne lisait que des scénarios horribles. Alors, quand TNT nous a approchés en disant qu’il voulait faire revivre Dallas, Larry, Linda (Gray) et moi pensions que ça ne marcherait encore pas. Nous avons tous reçu le script en même temps et quand je l’ai terminé, j’ai appelé Larry et Linda en disant “c’est le meilleur scénario que j’ai jamais lu, ils ont totalement capturé l’esprit de Dallas,” et je leur ai dit que s’ils acceptaient d’être de l’aventure, alors moi aussi. Ça a été notre règle d’or pendant 20 ans : si nous ne pouvions pas nous mettre d’accord tous les trois alors aucun de nous ne referait Dallas, c’est vous dire la force de l’amitié qui nous unissait Larry, Linda et moi. Larry n’était pas complètement réticent mais il aimait bien être courtisé (rires). Alors Linda et moi avons dû le convaincre un peu. Mais c’est vraiment le scénario qui nous a poussés à replonger dans Dallas, parce qu’il était brillant.

Avec le recul, quel sentiment gardez-vous de votre premier rôle à la télévision dans L’Homme de l’Atlantide et dans quelle mesure celui-ci vous a forgé en tant qu’acteur ?

C’était mon premier vrai rôle. Avant, j’avais fait un peu de figuration mais rien de bien important. Quand votre premier job s’avère être le premier rôle d’une série de super-héros, c’est magique, c’est le rêve de tout acteur. Et j’ai réalisé que par mes actes, j’étais plus le membre d’une équipe que la star de la série. C’est comme ça que j’aborde chaque travail mais je ne le savais pas vraiment à l’époque. De profession, j’étais charpentier, je conduisais un camion, c’est comme ça que je gagnais ma vie. Quand j’étais sur le plateau de la série et que je regardais ces hommes et ces femmes travailler, je me sentais proche d’eux, proche de cette équipe et cela a forgé ma façon de travailler. De plus, sur le plateau voisin se tournait la série Logan’s Run, avec Gregory Harrison et Heather Menzies, produite par Leonard Katzman. L’Homme de l’Atlantide et Logan’s Run ont été annulées à peu près au même moment, cette dernière un peu avant nous. Katzman était toujours dans les parages et il lui avait déjà été demandé de produire une nouvelle série appelée Dallas, dont il était aussi responsable de casting. Il a demandé à notre équipe de tournage de lui parler de ce nouvel acteur, Patrick Duffy. C’est l’équipe qui m’a recommandé à Katzman, lui disant que j’étais toujours en avance, jamais à me plaindre… C’est là-dessus que Leonard m’a proposé de faire Dallas. Alors il a véritablement lancé ma carrière. Et tout est parti de L’Homme de l’Atlantide ! À ce jour, je me considère toujours comme le membre d’une équipe et c’est là que je me sens le plus à l’aise : sur un plateau de tournage, à essayer de rendre le job des autres le plus simple possible tout en faisant de mon mieux dans mon travail. Je n’ai pas de problème pour changer ma façon de faire en tant qu’acteur dans la mesure où cela facilite le travail de l’équipe, comme le travail du cameraman par exemple. Je pense que mon expérience sur L’Homme de l’Atlantide a établi mon éthique de travail en tant que personnalité du petit écran.

Photo NBC

Photo NBC

Comment vous êtes-vous retrouvé à jouer dans Welcome to Sweden, la série de Greg Poehler ?

Les producteurs cherchaient quelqu’un pour jouer le père de Bruce dans la série et comme ils savaient qu’ils tourneraient en Suède et que la série serait diffusée là-bas avant d’être proposée aux États-Unis, ils leur fallaient quelqu’un qui soit connu en Suède pour ce rôle. Alors Amy et Greg Poehler ont pensé à moi car Dallas était un véritable phénomène en Suède. Mes managers ont eu un appel d’Amy Poehler et m’ont dit “Amy Poehler a appelé, elle voudrait savoir si…” je les ai immédiatement interrompus en disant “Oui. C’est Amy Poehler, dites-lui oui !” Elle a demandé à me rencontrer et à me parler de la série, alors je l’ai retrouvé dans un hôtel à New York. On s’est assis ensemble et elle a commencé à me parler du rôle et je lui ai tout de suite dit que je ferais n’importe quoi pour elle.

Pourquoi aimez-vous autant Amy Poehler ?

Comment ne pas aimer Amy Poehler ? Amy Poehler et Tina Fey d’ailleurs… J’aimerais être l’air qui flotte entre ces deux-là, juste me transformer en air et être avec elles jusqu’à la fin de mes jours (rires). Ce sont des comédiennes et humoristes géniales sans en faire des tonnes, leur humour est très intelligent. Je constate qu’elles ne sont pas seulement drôles, mais elles conçoivent la comédie artistiquement et dans un espace que peu de gens exploitent. Les poulets en plastique et les chaussures qui couinent me font rire, mais elles sont intellectuellement drôles. Je les trouve géniales, belles et très touchantes, autant à l’écran que dans la vraie vie, et c’est pourquoi j’aimerais être l’air qui les entoure.

Propos recueillis par Marine Pérot lors d’une table ronde au 55ème Festival de Télévision de Monte-Carlo, en présence d’autres journalistes.

How do you approach your juror responsibilities here?

It’s a very interesting concept for me because I’ve never been in the position to actually judge somebody’s work that it means anything. We all judge everything, we look at television and judge what we like or don’t like. So here each one of these shows I had to watch twice, because the first time I watch it I watch it as a fan, then I back it up, I watch it again and this time I sit back and try to watch it with my actor hat or my director hat or my producer hat and qualify my enjoyment of it; and we give numbers to it. I went through every episode like that, five drama and five comedy, and I had my opinions so I thought I was right and then we sat down as a jury together and we started discussing things. It was very interesting to see different opinions about what I thought and then changing my opinion a little bit based on other people’s perception, and we all did that. It was a very rewarding, educational experience, not just “you win, you lose, you win, you lose,” but why, and what does that mean for me and how do I look at television and performance and production. It was definitely perception changing in terms of me being a professional in the television market. I loved it and when they first asked me I thought “oh what a fun thing that’ll be” but it was really important and I had to take in importantly and I did, we all did.

What’s you favorite memory from Dallas?

My very favorite memory of that time period was being with Larry Hagman, not on set, but being with him as a friend, we were best friends for 35 years. Every morning, I would get to the studio at 6:30 or 7 o’clock in the morning, go directly to Larry’s dressing room, we would open a bottle of champagne and each have a glass of champagne. That’s how we started every day at work, and I would stop but he would continue for the rest of the day (laughs). But that was my favorite thing, every morning I would just run to his room and we’d laugh and have a glass of champagne and start the day’s work, and we did that every day for 13 years and then we resumed it on the new Dallas.

When you were asked to be in the new Dallas, did you immediately agree?

No, our reaction for twenty years was no, because we kept reading new scripts and in over 20 years a lot of people thought “we should do Dallas again” and we would get a script, read it and find it awful. So by the time TNT approached us and said “we’d like to resurrect Dallas and do it again,” Larry and Linda (Gray) and I thought “it’s not going to work,” but they sent us the script. I was in Oregon, Larry was in Malibu and Linda was in a ranch in Califronia and we all got the script at the same time and the minute I turned the last page of the script I picked up the phone and I called them. I said “this it the greatest script ever, they got it it’s just like Dallas,” and I said “if you guys to it I’m in.” And that was our rule for 20 years, that if all three of us wouldn’t agree, then none of us would to it, that’s how close a friendship Larry, Linda and I had. Larry didn’t hold out, but he liked to be courtided (laughs), so Linda and I had to do a little convincing. But it was the script, it was brilliant.

Looking back at your first main TV role in The Man from Atlantis, how do you feel about that experience and in what way did it shape you as an actor?

First of all it was my first job, basically, I had done a guest star on a couple of things but didn’t have a name in it, I was like Detective number 1 or something. So to have your first job be staring in your own television show as a superhero was magical, I mean it’s every actors’ dream, right? What it taught me is that I guess I realized just by my actions that I’m, as an actor, more a member of the crew than the star of the show. That’s sort of how I approach every job. I didn’t know I was going to approach it that way then, but because by profession I’m a carpenter, I drive a truck, that’s how I used to earn my living, so when I would be on the set and watch all the guys and women working, that’s where my heart was as a crew member, and that established how I worked and the interesting thing about that was that next door to where the Man from Atlantis was being filmed, Leonard Katzman was producing a show called Logan’s Run, with Gregory Harrison and Heather Menzies. Both of our shows we cancel around the same time, their first and then mine shortly after that. But Leonard was hanging around after his show got cancelled and was already hired to produced a new show called Dallas, and he was in charge of casting. And he went over to my crew and started talking to them about this new kid, Patrick Duffy, and the crew was the one who recommended me basically, telling him that I was always coming early, never complaining… Based on that, Leonard asked me to do Dallas, so he really did start my career, and it all started from the Man from Atlantis, and to this day I still consider myself part of the crew and that’s where I’m most comfortable: on set, with the crew, trying to make their job easier while I’m still doing the best work I can do. I feel comfortable changing things as an actor within a certain framework, if it’s going to make it easier for the crew, the cameraman, the lighting person, property… So I think that established my work ethic as a television personality.

How did you end up in Welcome to Sweden ?

They knew they wanted to have a father on the show, and they knew they were going to be filming in Sweden and the first step was trying to be successful in Sweden and then sell it to America. So as business people Amy and Greg Poehler sat down and said “who is really famous in Sweden that would be a great father?” and Dallas was phenomenally popular and there I was! So my managers got a call from Amy Poehler and told me “Amy Poehler  called to see if you…” and I didn’t let them finish and said “yes. It’s Amy Poehler tell her yes!”  She asked to meet me and tell me about the show, so I went to New York and met her in a hotel. She sat down and started telling me about the idea and I said “Yes, I will do anything for you.”

What do you like so much about Amy Poehler ?

What’s not to like about Amy Poehler? Amy Poehler and Tina Fey, I mean come on… I’d like to be the air between the two of them, just become air and be between the two of them for the rest of my life (laughs). They are the most brilliant comedians without being “crazy,” they are so intelligently funny. Now I see that they’re not just funny people, they are artistically engineering comedy and from such a space that most people don’t to it. I like rubber chickens and funny feet, they are intellectually funny. I just think they are brilliant, and beautiful and they’re so inviting as people and as characters when you see them and that’s why I want to be the air touching them.

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