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Paul Barron (Serangoon Road) : « Il n’était pas question de faire une série sur des expatriés dans un lieu exotique » (1/3)

Paul Barron (Serangoon Road) : « Il n’était pas question de faire une série sur des expatriés dans un lieu exotique » (1/3)

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Depuis la mi-septembre, la ABC en Australie et HBO Asia diffusent Serangoon Road. Cette série en 10 épisodes suit les aventures de Sam Callaghan (Don Hany), un expatrié australien se retrouvant dans le Singapour des années 1960. Il va accepter d’aider Patricia Cheng (Joan Chen) et sa nièce Su Ling (Pamelyn Chee) à résoudre des affaires et ainsi maintenir son agence de détective privé en activité. Mais la série est aussi le fruit d’une coproduction de grande envergure, une des premières du genre, entre l’Australie et Singapour, affichant un casting international et une reconstitution minutieuse. Dans la première partie de notre interview, Paul Barron, créateur et producteur de la série, évoque le contexte géopolitique explosif dans lequel se déroule la série. Il aborde aussi le choix des acteurs, et ses idées quant au destin de Sam et Patricia en fin de série.

Paul Barron a créé la série et mis en place une coproduction avec plusieurs partenaires, chaînes comme agences d’Etat. (Source: Great Western Entertainment)

Comment décririez-vous la série en quelques mots pour un public français qui n’est pas forcément informé de la situation géopolitique dans laquelle il se déroule ?

Paul Barron : L’époque où la série se déroule est une période de grands tumultes dans le sud-est de l’Asie. Normalement, en tant qu’occidentaux (Paul Barron est d’origine canadienne, ndlr), on associe cette partie du continent avec le Vietnâm [dans l’Histoire]. Notre contexte, au même moment que la guerre du ViêtNam, est que les Américains passaient par Singapour et d’autres pays pour aller au front. Depuis longtemps, les empires français et britanniques ont eu un intérêt prononcé pour l’Asie du Sud-Est, et les colons anglais étaient en plein retrait de Singapour et de Malaisie. C’était une époque où les effets de la colonisation se faisaient sentir de plusieurs manières. Il y avait des émeutes raciales à Singapour car sous la coupe britannique, les civils indiens, chinois et malaisiens s’étaient retrouvés ensemble à Singapour. Par conséquent, la société était encore fragile. La Couronne britannique s’était engagée dans une guerre de 4 ans avec les Indonésiens, qui étaient opposés à la création toute récente de l’état de Malaisie. Ces conflits ont été appelés les « Konfrontasi », pendant lesquels des terroristes ont fait exploser 29 bombes contre des cibles civiles à Singapour, en une seule année. Même au plus fort de leur action, les activistes irlandais ou basques n’ont pas eu recours à autant d’attentats de ce type.

En développant cette série, j’ai été fasciné pour Singapour, une cité-état qui n’a officiellement été fondée qu’en 1965, qui a eu une naissance tumultueuse et difficile, et qui était totalement aux antipodes du pays que nous connaissons aujourd’hui. C’est une ville extrêmement moderne, qui a été reconstruite de fond en comble, avec ce que je considère être un des meilleurs aéroports du monde, une économie en pleine croissance… Mais lors de sa création, elle était perçue comme une expérience ratée d’ « état-ville » avant même sa mise en place. Singapour n’avait pas d’économie, de vraie infrastructure. Les sociétés secrètes, qui étaient une variante des Triades, avaient la mainmise sur une partie de la ville ; le gouvernement sur une autre partie ; les syndicats de gauche sur une autre partie encore, etc. Je ne parle pas en matière de géographie, mais en matière de réel pouvoir politique.

Le Singapour d’aujourd’hui est moderne, propre et efficace ; le Singapour d’alors traversait une période difficile et violente, et c’est ce que nous connaissons peu en tant qu’Occidentaux. C’est devenu la toile de fond d’une série de détective privé avec des histoires fascinantes. Évidemment, Serangoon Road n’est pas une série historique sur Singapour, mais cela a toujours été mon but de créer une fiction située dans ce pays, avec la communauté d’expatriés parmi les personnages. Mais même s’ils représentent une partie de la communauté, il n’était pas question de faire une série sur des expatriés dans un lieu exotique. Cette série n’aurait pu se passer nulle part ailleurs.

Lorsque vous vous êtes documenté pour les besoins de la série, est-ce que vous avez trouvé que cette partie de l’histoire de Singapour était encore inédite en termes de fiction ? Ou aviez-vous des points de référence pour vous inspirer se déroulant dans le Singapour des années 1960, que ce soit des films, des livres, etc. ?

La réponse est « non ».Un cadre à l’Agence de Développement des Médias de Singapour m’a recommandé un livre intitulé « Men In White ». C’était l’histoire de la formation du Parti PAP à Singapour, et sa croissance de décennie en décennie. C’est devenu une ressource importante dans mes recherches. Mais j’ai travaillé à partir de sources historiques plus qu’à partir de fictions. Je ne me suis référé à aucun film ou roman centré sur Singapour.

Pour les Occidentaux, l’atout de la série est son genre : le polar. On peut voir l’héritage des films noirs américains des années 1940 et 1950 dans la manière dont Serangoon Road est présentée.  Mais on attache certains codes et certaines attentes à ce genre. Comment vous y êtes-vous pris, en tant que showrunner et avec votre équipe de scénaristes, pour éviter les écueils et lieux communs, du type femme fatale, etc. ?

J’aimerais attribuer ce mérite aux scénaristes et réalisateurs. Nous faisions certainement référence aux films noirs, comme vous dites. Mais Singapour était un lieu très différent, avec un contexte très différent des films noirs auxquels on pense. Notre équipe de scénaristes, dirigée par Kym Goldsworthy, a pris en compte ces différences pour développer les histoires et les personnages. De mon côté, même si je suis créateur et producteur de la série, je ne crois pas que le terme « showrunner » soit approprié pour me désigner. Cette série est devenue une vision composite entre ses créatifs, les chaînes productrices et les scénaristes.

Don Hany incarne Sam Callaghan. Son « Marcel » est également un personnage récurrent.

J’ai lu que le personnage de Sam Callaghan vous est venu comme ça, avec son parcours : une enfance dans les camps de prisonniers japonais, et sa vie à Singapour, le seul endroit qu’il peut considérer comme chez lui. Avez-vous décidé de créer une série de détective privé autour de son personnage vivant dans le Singapour des années 1960, ou l’inverse ?

J’ai été impliqué dans la production de beaucoup de séries à Singapour, et cet endroit me fascine. Quelqu’un a dit que je devrais avoir une super histoire sur la manière dont j’ai créé la série. Je n’en ai pas. J’étais fasciné par l’histoire de ce pays, et je me suis demandé comment a pu exister cette société multiculturelle. Et j’ai découvert que beaucoup de mes préjugés étaient erronés.

Après, étant donné que j’aimais beaucoup les détectives privés, et les personnages mis dans des situations délicates, celui de Sam Callaghan s’est imposé comme un détective évoluant dans ce contexte. On peut voir ça comme un ensemble d’expériences : tourner à Singapour, les rencontres que j’ai faites, l’histoire du pays dont j’ai pris connaissance. Je pensais à l’implication australienne en Asie du Sud-Est, établie après la Seconde Guerre Mondiale, l’état d’urgence décrété en Malaisie. C’est de là que sont venus les personnages. Je peux ajouter que j’avais aussi vu en librairie un livre sur un détective privé chinois menant des enquêtes à Singapour, ce qui m’a un peu servi.

Le public français a pu brièvement voir Don Hany dans East West 101 (diffusé sur Arte). Qu’avez-vous trouvé chez lui qui a vous a décidé à l’engager pour jouer Sam Callaghan ?

Paul Barron : J’étais un grand fan de East West 101. C’est sûr qu’il avait le caractère, le physique et l’humour requis. Il a une carrière très prolifique en Australie. Il a joué dans une dramédie, Offspring, avec un ton, un style et une énergie totalement différents pour lui. En la regardant, je me suis dit : s’il peut passer de East West 101, en flic déterminé, sur le fil du rasoir, à une dramédie comme Offspring, il a tout ce qu’il faut pour incarner Sam et lui donner bien plus qu’à un simple personnage de film noir.

On peut aussi voir que dans la série, il parle les dialectes locaux, malaisien ou mandarin.

Je ne le savais pas avant de l’embaucher, mais c’est devenu quelque chose d’impressionnant chez Don. En l’espace de six mois, il a appris assez de malaisien ou de mandarin pour mener une conversation et non plus simplement réciter ses répliques. Et des gens qui parlent la langue m’ont rapporté que son accent est plutôt bon.

Dans la série, il n’y a pas de sous-titres quand il parle ces dialectes. Pourquoi ce choix ?

Nous avons pris le parti de ne pas traduire lorsqu’il s’agissait de choses évidentes comme « Bonjour », du moment que c’était clair à l’écran. Mais si Sam ou un autre personnage dit quelque chose qui est important, alors c’est sous-titré. Nous n’avons pas ressenti le besoin de tout sous-titrer pour un public anglophone. De plus, étant donné que la série avait vocation à être diffusée à travers l’Asie, les téléspectateurs asiatiques n’en auraient pas besoin non plus.

Joan Chen incarne Patricia Cheng. Le « détective privée » n’est pas en option.

L’autre pilier de votre série, c’est Patricia Cheng, incarnée par Joan Chen. Au début de la série, son mari vient d’être assassiné, et elle a du mal à continuer à faire fonctionner son agence. Est-ce que le meurtre du mari de Patricia Cheng est le fil rouge de la saison 1?

Non. C’est l’arc narratif qui est destiné à prendre de plus en plus de place au fil de la saison. Chaque épisode a sa propre affaire, avec un début, un milieu et une fin. Mais ces affaires, de manière directe ou indirecte, font avancer l’enquête sur l’identité et le mobile du meurtrier du mari de Patricia.

 

Chin Han incarne le mafieux Kay Song. Même si c’est un antagoniste dans les épisodes qui ont été diffusés jusqu’à présent, il n’apparaît pas dans chacun d’entre eux. Était-ce un choix délibéré de ne pas en faire le « méchant » principal ?

Ce n’était pas prévu à la base. Kay Song devait être un des personnages dans les alentours. Ce n’est pas l’antagoniste de la saison 1, en fait, c’est un des antagonistes. Il a un rôle à jouer dans l’arc de la saison, ainsi que dans certains épisodes isolés. Mais Chin Han nous a beaucoup impressionnés, c’est un excellent acteur et un homme merveilleux. En cas de saison 2, son personnage deviendra l’antagoniste principal. Nous avons déjà écrit une proposition pour cette saison 2. Et dans le dernier épisode, il a des choses plutôt intéressantes à dire…

Kay Song (Chin Han) et ses hommes de main. N’espérez pas les voir toutes les semaines.

Àquel point les mafias étaient-elles influentes dans le Singapour des années 1960 ? On nous dit que Kay Song et ses hommes ont le pouvoir sur beaucoup de territoires.

Les sociétés secrètes étaient vraiment puissantes à l’époque. Une fois que le gouvernement a été nommé en 1965, il a progressivement éradiqué toute leur influence. Elles avaient la mainmise sur une partie de la ville, à travers le proxénétisme, et toutes sortes d’activités illégales. En fait, elles avaient une influence considérable sur les communautés chinoises établies de part et d’autre de la péninsule malaisienne. Les services de renseignement britanniques ont également tenté de les éradiquer, mais en vain. Une des histoires que nous souhaitons aborder dans la saison 2 est l’implication des sociétés secrètes dans l’achat d’immobilier. Et à un moment, les accusations qui pesaient contre elles d’avoir incendié des camps de fortune afin de pouvoir y construire de nouveaux bâtiments à la place. Même si elles étaient plus puissantes dans les années 1950, elles restaient un acteur majeur dans les années 1960. Elles avaient toujours leurs traditions, et leurs rituels pour introniser de nouveaux membres.

Est-ce que Serangoon Road a été conçue avec une fin définie ? Vous étiez très ferme pour commencer la série à cette date et dans ce lieu précis.

Non, mais nous avons des intrigues à suivre. On a toujours les saisons 2 et 3 en tête. Nous avons développé une ébauche pour une saison 2, dont on va discuter.

Avez-vous une idée précise du destin de Sam et Patricia ?

Oui, et je ne vais pas vous la dire. (Rires)

Serangoon Road – Opening credits par myteleisrich
Since September, ABC in Australia and HBO Asia broadcast Serangoon Road. This 10-part show follow the adventures of Sam Callaghan, an Australian expatriate who finds himself in the Singapore of the mid-1960s. He accepts to help Patricia Cheng (Joan Chen) and her niece Su Ling (Pamelyn Chee) solve cases, and thus maintain their private eye agency afloat. In the first part of our interview, creator and executive producer Paul Barron talks about the explosive geopolitical context the show is set in, the casting choices, and whether he has an idea where Patricia and Sam might end up down the road.

How would you describe the show in a few words to a French audience that may not be aware of the geopolitical context it’s set in?

Paul Barron : Well, the time it’s set in could be described as a time of great turbulence in Southeast Asia. Normally, our default position as Westerners is, when we think Southeast Asia, we think Vietnam. The context here, though is that Vietnam war was certainly happening and the Americans were passing through Singapore and elsewhere on the way there, The French and the British Empires have both had a long standing interest in Southeast Asia, and the British were withdrawing from Malaysia and Singapore. It was a time when the effects of the Empire were still being felt in all kinds of ways. They were race riots because under British control, Indians, Malays and Chinese had been brought together in Singapore. The society hadn’t yet gelled as a result. The British had just created the state of Malaysia when they engaged into a 4-year war with the Indonesians, who were opposed to that. That was called the “Konfrontasi”, during which terrorists set off bombs against civilian targets in Singapore. Over one year alone, over 29 bombs were set off. Even at their height, the IRA or the Basques didn’t set off 29 bombs within a year.

When I started developing the show, I became fascinated with the fact that here was a country, Singapore, that was effectively born in 1965, and which had had a violent and turbulent childbirth, and that was completely at odds with the country we know today. If you ever visited it, it’s an extremely modern city, it has been substantially rebuilt, it has what I think is the world’s best airport, a booming economy. But when it was created, it was regarded as a failed city-state before it even began. It had no economy, no real infrastructure. The secret societies, who were a version of the Triads, the mafia, effectively controlled part of the city; the civil authorities another part; the left-wing unions another part, and so on, not geographically but in terms of power. Singapore now is modern, clean and efficient; Singapore then, in the mid-1960s, was going through a turbulent and violent change. That is what we Westerners don’t know much about. That became the backdrop to the detective series. Obviously, we’re not doing the history of Singapore, I find that a fascinating backdrop of fascinating stories. And my goal was always to make a Singapore show, with the expatriate community as part of it. But it was not going to be “the expats in an exotic location”. They are part of the community, but this show couldn’t have been shot somewhere else.

As you set out to do research for this show, did you find that it was a very novel ground to cover? Surely, Asian cinema may have done stories set around that time. Did you have points of reference in fictional 1960s Singapore, whether it be novels or movies, etc.?

 Barron: That’s an easy one; the answer is “no”. Actually there was a book that an executive at the Media Development Authority in Singapore referred me to, called “Men In White”. That was the story of the formation of the PAP Party in Singapore and its growth over the decades. That became a very valuable resource. But most of my research was with historical resources rather than fictional resources. I didn’t reference any Singaporean fictions or novels whatsoever.

For Occidental audiences, the obvious draw is the noir genre and the detective world. We can see a lot of 1940s American noir heritage in the way Serangoon Road is introduced. Yet this genre is very codified, and fans have certain expectations. As a showrunner and with your crew of writers, how did you manage to avoid some of the pitfalls and tropes like the femme fatales?

Barron : I would like to give full credit to the writing and directing team in that regard. We certainly were referencing noir as you say. But Singapore is a very different place and time than those movies we’re talking about. People had a big impact in shaping the stories and characters, including the ABC executive producers, Erika North at HBO Asia, who had a big input coming from a Singaporean perspective. And we had also the writing team which was headed by Kym Goldsworthy, who was a script producer. In my case, I may have created and coproduced the series, but I don’t think that, in this context, the term “showrunner” applies. It became a shared vision between the key creative people, networks and writers.

I read that the character of Sam Callaghan just came to you, with his childhood in Japanese internment camps, and his choice of Singapore as the only place he can call home. So did you set out to make a detective show that happened to be in 1960s Singapore, or rather the other way around?

Barron : I’ve been involved with several other shows that had been shot in Singapore. I find Singapore a genuinely fascinating place. Somebody said I should come up with a really good story about how I came up with this show. I don’t have one of those stories. I was fascinated with the history of Singapore and Southeast Asia, and I came to wonder how its multicultural society came into existence. I found out that most of my preconceptions were wrong.

And then, being a lover of detective stories, and loving characters like this in odd situations, and having been an avid reader of history, the character of Sam Callaghan emerged as a detective against that backdrop. It can be described as accumulated experiences of shooting in Singapore, meeting people there, reading the history. I was thinking of Australian involvement in Southeast Asia, how it was shaped during WWII, during the Emergency. Out of that came the characters. The one thing that helps is that I had once seen a book about a private detective in Singapore. He was Chinese, and mostly handling domestic cases. That fed into it somewhere.

French audiences watched Don Hany briefly in East West 101, but what was it about him that made you say you had your Sam Callaghan?

Barron : I was a great fan of East West 101, and he certainly had the edge, the energy and the looks on screen. He’s been doing a lot of work in Australia for an extended period of time, but he did a series called “Offspring”, a dramedy with a completely different genre, style and energy for him. I remember watching that and thinking : if that guy can play the lead in East West 101, with that edgy cop-trying-to-make-it-work, and then turn around and do dramedy, then he had everything to make Sam more than simply a noir character.

Another thing we can see in the show is that he’s speaking the local dialect, either Mandarin or Malay.

Barron : This is something I didn’t know when we were working together, but it became an impressive part of Don as a professional. Over six months, he learned enough Malay and Mandarin not just to say his lines, but to carry on a conversation. And according to Malay and Madarin speakers, his accent is quite good.

But on the show, you don’t have him subtitled when he speaks those dialects. Why did you make that choice?

Barron : We took the view that if it was short and the equivalent of something like “Hello”, and as long as it was clear on screen, we didn’t need to put them on. But if Sam was saying something that was important to anybody, or if somebody was saying something relevant to the character or plot turns, then it had to be subtitled. We didn’t feel to put every single word as a subtitle for the English-speaking audience. Also, since it was going to be played throughout Asia, the Asian audience didn’t need that, either.

Patricia Cheng is the other main focus of your show. When it starts her husband just has been murdered, and she’s struggling to keep the agency afloat. Is the murder of her husband intended to be a season-long red herring?

 Barron : No, it’s not, it’s the overall archstory that becomes more important as the series progresses. Every episode has its own case, with a beginning, middle and end. But those cases sometimes, directly or indirectly, move the direction forward into who killed Patricia Cheng’s husband and why.

You’re using Joan Chen, which is one of the leads, but also Chin Han as mobster Kay Song. Even though it’s an antagonist in the episodes that have aired, he’s not appearing in all of them. Was it by design, not to have him be the main bad guy?

Barron : It was never planned in series 1. He was meant to be one of the main characters in the neighborhood. He’s not actually the antagonist for Series 1, he is an antagonist. He has a role to play in the overall arch-story as well as in the individual episodes. We were all so impressed with Chin Han, he is a wonderful actor and a delightful man. And I can tell you that if we get a Season 2, he will be the main antagonist. We’ve already written the outline for that. And in the finale, he says some particularly interesting things.

Just how powerful were the mobs in 1964 Singapore? We’re told Kay Song and his men have a lot of control on territories.

Barron : The secret societies were genuinely in power. Once the new government came in 1965, it progressively took away all their powers. They did control a large portion of the city in terms of the prostitution… all the “usual suspects”, I’ll put it that way. In fact, they were a significant power among the Chinese communities up and down the Malay peninsula. The British special branch tried to eradicate them, but largely unsuccessfully.  For example, one of the possible stories for Series 2 is how they got involved in property development, and at one point, were accused of setting fires that burned down camp homes villages. The accusation stood because they could be getting rid of camp home villages to have new buildings. They were more powerful in the fifties, but they were still a major force in the 1960s. They still had their rituals, their ways of bringing in new members.

Did you design Serangoon Road as a multiyear show with a set end date? You were very adamant that you began the show in that place, around that time.

Barron : No, we have ongoing series threads. You always have Series 2 and 3 in your mind. We developed an outline for season 2, which will be discussed.

Do you have a good idea where the characters of Sam and Patricia might end up?

Barron : Yes, but I’m not gonna tell you. *laughs*

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