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Paul Barron (Serangoon Road) : « C’est compliqué de tourner à Singapour » (3/3)

Paul Barron (Serangoon Road) : « C’est compliqué de tourner à Singapour » (3/3)

Kang (Alaric Tay) est un des personnages secondaires de la série.

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Paul Barron, créateur et producteur de la série australienne Serangoon Road, nous a accordé une longue interview pour revenir sur différents aspects de la série. Dans cette troisième et dernière partie, il revient sur les défis posés par un tournage à Singapour, les audiences de la série en Australie et ses futurs projets en tant que producteur.

Vous avez reconstitué une grande partie de Serangoon Road en studio sur l’île de Batam, en Indonésie, qui est située à quelques encâblures de Singapour. Quelle ampleur a pris la construction des décors ?

Paul Barron : Une très grande ampleur. Une des choses qui a rendu la série possible est que le coproducteur, Infinite Studios, avait créé sur l’île de Batam deux studios et un plateau à ciel ouvert (backlot) de Chinatown. C’était l’équivalent en taille des vieux plateaux de l’âge d’or d’Hollywood : deux ou trois pâtés de maison, on pouvait en faire ce qu’on voulait, déclencher des explosions, des scènes de foule… Autant de choses difficiles à réaliser dans une ville moderne. On avait les pleins pouvoirs. Et juste à côté, on avait un studio de 1400 m2 et un autre de 2800 m2. Nos décors permanents étaient dans le plus petit studio. Nous avons tourné une grande partie de la série dans le grand studio et sur le backlot. Nous avons aussi tourné à Singapour même, dans des lieux facilement reconnaissables comme le Raffles Hotel, afin d’affirmer l’identité singapourienne de la série. Nous avons utilisé les bâtisses en noir et blanc qui étaient les résidences des expatriés à l’époque.

 

Sur le tournage de la série, sur l’île de Batam (crédit : Great Western Entertainment)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J’ai lu qu’il y avait 8 personnes dans l’équipe artistique au début de la production, et plus d’une centaine à la fin du tournage. Est-ce qu’il est vrai que vous avez fait grossir l’équipe de production afin de mener la production à son terme ?

Paul Barron : Oui, il y avait sans doute 8 personnes dans l’équipe, mais c’était au stade de la pré-production. Mais concevez bien qu’il fallait bien 100 à 150 personnes pour construire les décors avant même que les caméras commencent à tourner… Notre département artistique a effectivement grossi, car la fidélité aux années 1960, des tasses de thé aux signalétiques de rue. J’ai engagé Herbert Pinter, qui a beaucoup travaillé sur des projets en Europe et en Australie, car je savais que son attention au détail était adéquate. On pouvait lui faire confiance pour faire un travail de recherche minutieux.

Vous n’avez pas eu beaucoup de tournages en extérieur à Singapour même. Est-ce que c’est toujours compliqué d’obtenir des permis de tournage et tourner dans le Singapour d’aujourd’hui ? N’est-ce pas un casse-tête logistique ?

Paul Barron : Pas plus que dans n’importe quelle grande ville, où il y a beaucoup de monde en circulation. Singapour fait beaucoup d’efforts pour accommoder les équipes de tournage. Ceci dit, c’est dur, vu de la perspective d’un étranger : c’est une ville très peuplée, avec beaucoup d’activité. Par conséquent, on doit comprendre que si l’on a besoin d’un endroit pour un jour donné, ça ne veut pas dire que 50, 000 autres personnes vont passer par ce même endroit ce jour-là. De plus, dans une ville comme Perth (là où la boîte de production de Paul Barron est basée, NDR), si l’on ferme des rues pour un tournage, on peut toujours faire des déviations autour. Mais à Singapour, avec une rivière de part et d’autre, si l’on fait ça, on crée des problèmes. Je dirais que les autorités ont fait de leur mieux. Mais il s’agit de la première série télévisée de cette envergure à se monter à Singapour, donc c’était un peu un apprentissage au fur et à mesure pour chacun d’entre nous.

Paul Barron sur le tournage de Serangoon Road. (Crédit : Great Western Entertainment)

Donc est-ce que vous avez limité les tournages en extérieur ?

Paul Barron : Certains lieux essentiels n’existent plus. Singapour a été réaménagée pour la majeure partie depuis le milieu des années 1950. Une reconstitution d’époque est extrêmement difficile là-bas. Certains quartiers se sont embourgeoisés, et d’autres quartiers ont été détruits et de nouveaux immeubles construits à la place. C’est en cela que notre backlot a été essentiel. C’était même notre seule solution.

Y a-t-il eu des discussions autour du renouvellement au sein de la production ? Est-ce que les audiences sur la ABC ont une influence sur la suite ? Fin octobre, la série avait été déplacée du dimanche au vendredi.

Paul Barron : Mon travail, au cours des prochaines semaines, est d’avoir ces conversations. L’espoir fait vibrer le cœur des producteurs. *rires* Il n’y a pas eu de conversations directes, car nous étions occupés à régler des problèmes intervenus au cours de la production. Franchement, au cours des six derniers mois, nos priorités ont été de terminer la série pour diffusion, et aussi la présenter au MIPCOM avec Content Media. Le dimanche soir est une case difficile en Australie, avec une compétition rude comme celle de X Factor. Avec le recul, je pense que le vendredi était une case idéale pour Serangoon Road, car traditionnellement la ABC y a programmé des séries policières comme Broadchurch. En Australie, la série a eu des critiques fantastiques, et des audiences que j’aimerais définir comme correctes. Mais les audiences sur HBO Asia sont en hausse, et Content Media (distributeur à l’international) est satisfait des retours des acheteurs au MIPCOM. Je pense qu’une saison 2 est une véritable perspective. Mais c’est encore trop tôt pour le dire.

Comme producteur, vous avez beaucoup travaillé sur la post-production de Serangoon Road, mais vous avez aussi travaillé sur beaucoup de séries auparavant. Avez-vous des projets en développement ?

Paul Barron : Serangoon Road est devenu un peu un projet qui nous a entièrement accaparés. Nous avons d’autres séries australiennes en développement, mais aussi d’autres coproductions avec Singapour et la Malaisie, auxquelles nous croyons beaucoup. Etant basé à Perth, une ville très reculée, c’était un de mes objectifs pour cette série de trouver des coproducteurs à travers l’Asie du sud-est. Non pas que cela se limite à ces pays, mais il s’agit de trouver des partenaires qui partagent votre vision, et c’est une de nos priorités. Nous avons aussi des séries en attente d’être commandées.

Propos recueillis le 29 octobre 2013

La première partie est à retrouver ici.

La deuxième partie est ici.

Paul Barron, creator and co-executive producer of Serangoon Road, granted us a long interview to talk about the different aspects of the show and its production. In the third and final part, he talks about the challenges of shooting in Singapore, Australian ratings of the show (as of the end of October), and his next projects as producer.

You recreated a lot of Serangoon Road on soundstages on the island of Batam in Indonesia, which happened to be very near Singapore. Just how huge did the scope get in terms of sets?

Barron : Very large, indeed. One of the things that made the show even possible is that the coproducer, Infinite Studios, had created on Batam two studios and a Chinatown backlot. It was the equivalent of an old Hollywood-style backlot : two or three city blocks, you can do anything you wanted to it, you could set off explosions, you could have crowd scenes… All the things that are very hard to do in a modern city. We had complete control. And right beside the backlot, were our studios : one 30, 000 square feet one, and one 15,000 square feet one. In the smaller studio were all of our permanent sets. A very large portion of the show was shot in that backlot and in that studio, or close to them for some locations. We also shot in Singapore itself : there were a number of key locations that are recognizable like the Raffles Hotel for example, to stamp on a strong identity. We used the famous black-and-white houses inhabited by the expat community.

I read that there were 8 people in the art department when production started, more than 100 at the end? Is that an accurate figure that you hired more people to make this show come alive?

Barron : They may have been 8 people at the start of preproduction. You would well appreciate that those sets needed those 100-150 people working before the cameras rolled. The art department started small, then got huge, because authenticity to the mid-1960s was important, from the teacups to the street signs. I hired Herbert Pinter, who’s done a lot of work in Europe and Australia, because I knew that his attention to detail was terrific. He could be trusted to do the research to the next degree.

Even though it’s a coproduction in Singapore, you didn’t get to have a lot of location shoots there. Are there challenges that remain, shooting and getting permits to film in today’s Singapore, logistically?

Barron : It’s no more a logistical nightmare than in any other major modern city. Singapore really tries hard to be film-friendly. It’s tough though, from an outsider’s perspective : it’s a crowded island, it’s a very busy island. Therefore, you have to understand that you need some place for a given day, but that doesn’t mean that 50, 000 other people need that place for the same day. And because it’s a small island, there aren’t that many options. In Perth, if you close off the streets there are lots of other streets where you could redirect the traffic around. But in Singapore, with a river in the middle of it, if you do that, you create problems. I would say they did their very best. What was a bit different is that that was their first long-form TV series of this scale to be mounted in Singapore, so it was a bit of learning curve for all of us.

So did you scale back the shooting in Singapore?

Barron : Certain key locations no longer exist, since Singapore has been essentially rebuilt since the mid-1950s. Trying to recreate it In Singapore is extraordinarily difficult. The parts that still remain of Chinatown are gentrified, and other large parts have been built over with new apartment buildings. That’s why our backlot became so important : it was our only option.

Have there been renewal talks amongst the production? Is the ratings of the show on ABC affecting its overall future? As of the end of October, It had moved to Friday nights.

Barron : It’s my job over the next few weeks to have these conversations. Hope always springs eternal in the heart of the producer. (laughs) There have been no direct conversations, because we were so busy with issues that arose during the production. Frankly, for the last 6 months, we’ve been focused on finishing the show and getting it to air as well as presenting it to MIPCOM with Content Media.  Sunday night is a tough slot in Australia, with tough competition such as “The X Factor”, and so on. Looking back with hindsight, it’s possible that Serangoon Road should have had a slot on Fridays, because that has been the night where they traditionally programmed crime shows such as Broadchurch. In Australia, the show got fantastic reviews. It’s fair to say the ratings were solid. But at the same time, HBO Asia’s ratings are up significantly, and they are very pleased with the way it’s gone. In MIPCOM, Content (international distributor) was very pleased with the response from key territories buyers. My feeling on it is that Series 2 feels like a genuine prospect. It’s still, as they say, early days.

As a producer, you’ve been busy with the post-production of Serangoon Road, but you’ve also been doing a lot of shows for a very long time. So do you have other shows coming up?

Barron : Serangoon Road became, for all of us, a bit of an all-consuming beast. We’ve been developing other Australian dramas, but also other coproductions with Singapore and Malaysia, which we’ve very keen on. One of my objectives with the show is that, being based in Perth, which is a long way from everywhere, we decided that a logical partner for us was Singapore and Southeast Asia. It’s not a matter of limiting those prospects, a matter of having a good relationship with those production partners, and it’s fair to say it’s one of our priorities. We have some shows gearing up to be greenlit.

This interview was conducted on October 29th, 2013.

First part is available here.

Second part is available here.

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