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Paul Barron (Serangoon Road) : « Les producteurs souhaitaient que la série soit authentique » (2/3)

Paul Barron (Serangoon Road) : « Les producteurs souhaitaient que la série soit authentique » (2/3)

 

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Paul Barron, créateur et producteur de la série australienne Serangoon Road, nous a accordé une longue interview pour revenir sur différents aspects de la série. Dans cette deuxième partie, il revient sur son développement, le contact des différents coproducteurs, ainsi que ses effets visuels et sa photographie.

Il s’agit d’une production HBO Asia, avec d’autres producteurs en renfort et des subventions de fonds de production australiens (ScreenWest, entre autres, ndlr). La série a-t-elle été développée et présentée à HBO Asia, avant que la chaîne ABC et d’autres coproducteurs rejoignent le projet ?

Paul Barron : Comme dirait mon prof d’espagnol, « vous mettez l’accent sur la mauvaise syllabe ». C’est une coproduction HBO Asia, mais le principal producteur en termes de financement des épisodes était la ABC. Serangoon Road est donc une coproduction entre la ABC, HBO Asia, l’Autorité de Développement des Médias de Singapour, qui est une agence d’Etat, ScreenWest, et Content Media qui détient les droits de distribution pour le reste du monde. Toutes ces entités ont participé de manière significative à la série, à travers des investissements, des subventions ou l’acquisition des droits pour la distribuer à l’international. J’ai soumis à tous une bible de la série, des notes sur les personnages, des ébauches de plusieurs épisodes que nous souhaitions produire. Les premiers à avoir accepté étaient Content Media et HBO Asia. Nous sommes allés voir la ABC une fois les droits à l’international vendus et après que plusieurs acteurs-clés se soient impliqués dans le projet. Par la suite, la ABC est devenue le financeur le plus important pour le développement du projet. Mais la stratégie était d’impliquer des coproducteurs étrangers d’abord, puis la ABC.

Su Ling, Patricia Cheng et Sam Callaghan reçoivent un client. (Crédit : Great Western Entertainment)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Donc la version de la série qui est diffusée actuellement sur ABC est la même que sur HBO Asia. Il n’y a pas de montages alternatifs, avec des séquences plus violentes, par exemple ?

À l’exception d’un seul plan dans l’épisode 10, la version est la même dans tous les territoires diffusant la série. Certains pays peuvent avoir des problèmes relatifs à la censure, mais les versions que nous fournissons à tous les diffuseurs, à travers la ABC et Content Media, sont les mêmes.

Jusqu’où la ABC vous a laissé aller en termes de représentation de la violence à l’écran, et de complexité des personnages, ni noirs ni blancs ? Le pilote montre des soldats américains et des agents de la CIA écrits de manière assez réaliste. Qu’avez-vous réussi à faire passer ?

Ma philosophie avec ce genre de coproduction est que les partenaires qui contribuent de manière importante au budget peuvent s’impliquer dans les décisions créatives autant qu’ils le veulent et ont des droits de regard sur tout. Ce qui veut dire que s’ils veulent approuver le choix de trombones, ils le peuvent, du moment qu’ils nous le disent dans un délai raisonnable. HBO Asia et la ABC ont des droits de regard sur le choix des membres-clés de l’équipe, les scénarios, les intrigues, les budgets, tous les acteurs, et des copies des plans des décors. Ces deux chaînes avaient un producteur exécutif sur le plateau pendant la totalité de la production, ils étaient dans les salles de montage, ont donné leur approbation sur les mixes finaux.

Je vois les coproductions comme étant un processus collaboratif, alors que beaucoup estiment que « coproduction » signifie que c’est leur programme financé avec l’argent de quelqu’un d’autre. En premier lieu, il faut trouver les bons partenaires qui partagent la même vision. C’est pourquoi la bible de la série était très détaillée, et même si pas mal de choses ont évolué, la majeure partie reste la même que le premier jet qui a été soumis il y a trois ans.

Pour répondre à la question sur la liberté créative, il est clair que les producteurs, ainsi que Infinite Studios (producteur de Singapour, NDR) souhaitaient que la série soit authentique, des décors à l’écriture des épisodes en passant par le jeu des acteurs. Par exemple, HBO Asia craignait que Kang soit perçu comme le « faire-valoir asiatique ». J’ai fait plus de recherches, et j’ai alors construit un parcours élaboré spécifiquement pour ce personnage : son action penant l’état d’urgence déclaré en Malaisie (de 1948 en 1960), son implication comme ancien insurgé communiste malaisien. Par ailleurs, la ABC souhaitait que la série se démarque des fictions sur « les expatriés dans un lieu exotique », pour revenir aux clichés.

Boardwalk Empire ou Game Of Thrones utilisent des effets visuels pour améliorer ou détailler des paysages ou décors. J’ai lu que c’était également le cas de Serangoon Road. Comment la post-production s’est passée de ce point de vue ?

Il y a beaucoup d’effets visuels dans Serangoon Road, réalisés par l’équipe d’Infinite Studios à Singapour. Ils ont créé les plans larges du port, des extensions de décors, des explosions, et effacé digitalement des bâtiments qui n’étaient pas d’époque. Les plans comportant des effets visuels étaient plus nombreux que ce que nous pensions au départ. Nous y avons fait appel pour plusieurs trucages. L’un d’entre eux était la création de plans généraux : le quartier du Raffles Hotel a été entièrement recréé. Le porte-avions de l’épisode 1 également avec les plans où il prend le large. Les explosions ont toutes été renforcées par des effets visuels.

Vos deux réalisateurs se sont inspirés de séries du câble américain comme Mad Men, mais aussi de la photographie de Gordon Willis dans Le Parrain 2 pour établir une palette plus sombre. Est-ce que c’était une volonté de leur part, ou est-ce que c’était un souhait des producteurs et de vous-même d’établir un équilibre entre le luxurieux et le graveleux ?

Cela faisait partie intégrante des conversations que nous avons eues, mais la référence au Parrain n’est pas celle que j’ai utilisée. Nous souhaitions rendre l’univers de la série plus exotique et coloré pour les Occidentaux. Mais nous voulions aussi le rendre graveleux et réaliste au point où les Singapouriens plus âgés puissent regarder la série et dire : « Voilà comment c’était à l’époque ». Même si le côté luxurieux vient de la communauté d’expatriés, l’action de la série se passe sur Serangoon Road, et j’aime penser que les personnages vivant dans ce quartier sont plus graveleux et débrouillards.

Retrouvez la première partie ici.

Paul Barron, creator and executive producer of Serangoon Road, granted us a long interview to talk about differents aspects of the show. The second part of the interview deals with the development, the different co-producers coming on board, the extensive use of CGI and the photography on the show.

As I understand it it’s an HBO Asia production, with a few other partners joining in and subsidies from Australian production funds, as well. Was it developed exclusively and pitched to HBO Asia first before ABC Network and other companies joined in to finance the episodes?

Barron : As my Spanish teacher would say, you have the emphasis on the wrong syllable. It’s an HBO Asia coproduction, but the main broadcast partner in terms of money was ABC TV. So it’s an ABC TV coproduction with HBO Asia, with the participation of the Singaporean Media Development Authority, which is a government agency, ScreenWest, and Content Media which is distributor for the rest of the world. All of those parties were significant contributors through grants, investments or licenses for distribution.

I went to the various parties with a series bible, character notes, episode outlines of the show we wanted to make. The first people that came on board were Content Media and HBO Asia. We only went to the ABC after we had overseas involvement, and key personnel involved in the project. The ABC became the biggest development funding for the project. But the strategy was : bring in the overseas parties first, and then the ABC.

So the version airing right now on the ABC is the same one airing on HBO Asia. There are no alternate cuts, due to violence, for instance?

Barron : With the exception of one single shot on Episode 10, the versions screened in all territories are the same versions. Some countries may have censorship issues, and the versions [of the episodes] supplied to all the partners (ABC and Content) are the same.

How much did ABC let you push the limits on violence and characters with shades of grey? You have American soldiers, CIA agents that are depicted in a very realistic way. So how much did you get away with?

Barron : My approach with this kind of coproduction is that all the partners have approval rights over everything. That means that if they want to approve the paper clips, they can, provided they have a quick answer to give us. HBO Asia and ABC all had approval over key personnel, scripts, storylines, budgets, all the actors, having copies of sketches of production designs. I take the view that partners that are contributing significantly to the budget can be involved creatively to the maximum to which they would like to be involved. For example, both HBO Asia and the ABC had an executive producer on set, for virtually the entire run of the production. They were in the edit rooms, vetting and approving the final mixes.

I regard coproductions as having to be a collaborative process, whereas in so many cases, people mean by “coproduction” that it’s their film with somebody else’s money. You have to bring the right partners together in the first place, and they share the same vision. That’s why the original series bible was quite detailed, and although certain things evolved, large sections from it remain the same from the draft 3 years ago.

As to how far we can push it, it’s also fair to say that both HBO Asia and ABC, as well as Infinite Studios (Singaporean producer), shared the same concern that the show had to be authentic. This was a word that got used an awful lot, from the production designs to the creation of the stories, to the characters. For example, HBO Asia was concerned that the character of Kang would come across as the stereotypical Asian sidekick. I went back and did more research, and we came up with an expanded backstory for him: what he’d been doing in the Emergency, as a former Communist insurgent. It was a push from their part to make sure he was three dimensional, but also true to the place and the time. At the same time, the ABC was pushing for the show to be significantly different, so it wouldn’t be, to come back to the clichés, “the expats in an exotic location”.

Boardwalk Empire or Game Of Thrones use CGI to enhance certain landscapes or make it more detailed. I read that this show happened to use some CGI, what was the post-production like? Were you able to do that as well for Serangoon Road?

Barron : There is a great deal of CGI in the show, done by Infinite Studios in Singapore. They created all these wide shots of the harbor, set extensions, adding explosions, taking out non-period buildings. It’s fair to say that the CGI elements of Serangoon Road were larger than what we expected them to be. We used them for various components. One was creating establishing shots : the Duke Hotel, for example, was one where the whole streetscape was created by them : cars, people… The aircraft carrier in Episode 1, the shots where that’s moving in the water ; the explosions were all enhanced.

Both of your directors looked at premium cable shows, “Mad Men”, but especially Gordon Willis’ The Godfather Part II to construct the photography on the show and paint a darker palette? Did that come from them or was that a request from you and your fellow producers to have a balance between lush and gritty?

Barron : It was simply part of the general conversation that we all had. We were looking to make it look exotic and colorful to Westerners. We also wanted to make it look gritty and realistic where Singaporean viewers would look at it and say “that’s how it really was”. The Godfather Part II was not a reference point that I used. The lush quality comes from the fact we had an expat community, but the main home for the show was on the street off Serangoon Road, and I like to think of the characters off that street as gritty.

First part is available here.

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