On a lu… Peau Neuve d’Elise Griffon

On a lu… Peau Neuve d’Elise Griffon

Note de l'auteur

C’est une histoire d’adolescente qui découvre son corps, ce qui est dicible ou non. C’est un format court, une histoire de nu, un peu maladroite. Comme l’adolescence.

peau-neuve_2L’histoire : Laura a 12 ans et entre dans un nouveau collège. Or, tous les ans, elle va dans un camp naturiste, avec ses parents. Mais quelle idée a-t-elle eu d’en parler dans sa rédaction ?

Mon avis : Le récit alterne entre deux moments : son été au bord de la plage, nue, en famille et avec son petit frère et celui au sein de ce nouveau collège. Violence de l’homme contre les vagues de la mer. Laura voit son corps changé, n’est pas très à l’aise, tout en cherchant sa place au sein de sa classe, sa place entre le monde des enfants, et celui des plus grands, ses jeux avec son petit frère, et la bande de la cabane.

Laura est jeune mais respire déjà la mélancolie, au sein de cette mer où le ciel n’est jamais bleu. Si le propos est traité avec douceur, il n’évite malheureusement pas une certaine caricature. Forcément, la jeune fille se retrouve dans un collège difficile, avec une professeur de français vraiment pas maligne, qui dit à voix haute un sujet un peu intime. Le trait est un brin maladroit, il y a peu de détails et le tout est peut-être un peu rapide. Le naturisme reste pourtant traité avec une jolie pudeur et un grand respect.

peau-neuve_4Il ressort un peu de douceur de ce portrait, où tout passe par les gestes et les visages. Aucune pensée n’est rédigée, ni aucune voix off. De même, les parents de Laura sont singulièrement absents quand il faudrait par exemple comprendre pourquoi Laura refuse de retirer ses vêtements. Il y a une certaine pudeur dans Peau Neuve, mais un sentiment de travail trop superficiel, qui aurait mérité, peut-être un peu plus de nuance, dans le propos et dans le trait, notamment tout ce qui est du passage au collège. On aurait aimé rester peut-être plus longtemps au bord de l’eau, entre enfance et adolescence. Élise Griffon sait traiter de cet instant si difficile et en même temps poétique, mais réalise dans son portrait de la 5eme une histoire déjà trop souvent vue.

Si vous aimez : Les histoires sur le corps et l’acceptation de soi et des autres. L’adolescence.

En accompagnement : Des fraises, pour se souvenir du goût de l’été. Comme ce n’est plus du tout la saison, un Perrier Fraise, piquant et sucré.

Autour de la BD : Elise Griffon est réalisatrice et a notamment fait de nombreux story-boards. On retrouve donc dans cette BD (sa deuxième) un découpage tout cinématographique.

Extrait : « Tu comprends pas, les poils, c’est sexy !
– Non, mais là, c’est un hérisson… Et tu crois que tu vas le faire avec lui ?
– Je suis à peu près sûre que oui… Regarde. Hier soir il m’a tenu la main comme ça… Et avec son doigt, il a fait ça dans ma paume…
– Il t’a grattée !?! »

Sortie : 23 septembre 2015, éditions Delcourt, 127 pages, 15,95 euros

 

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