Pifff 2013 : Animals

Pifff 2013 : Animals

Note de l'auteur

Ah, les bout’chous et leurs doudous ! Qu’ils sont mignons lorsque, cherchant le sommeil, ils se blottissent contre cet objet transitionnel malodorant qui les accompagne du giron maternel aux portes de la puberté. Oui parce que, tous les pédiatres vous le diront, il n’y a pas d’âge pour arrêter le doudou, voyez notre rédacteur en chef John Plissken qui brandit fièrement le sien à chaque réunion de rédaction.

Depuis qu’il est entré au lycée, Pol, adolescent taciturne et tourmenté, se pose des questions au sujet de son doudou. Il s’en pose aussi beaucoup par ailleurs : dois-je choisir entre ma copine et ce camarade de classe qui m’attire ? être élevé par mon grand frère policier, est-ce structurant ? il se passe des choses bizarres dans la forêt où se trouve ma maison, dois-je m’inquiéter ? une fille s’est noyée dans le lac, mais qu’est devenu son corps ? l’automutilation, est-ce que ça fait mal ? c’est Halloween dans trois jours, où trouver une citrouille ? Mais concernant son doudou, un ours en peluche mignon tout plein, c’est un peu plus compliqué. Afin de pouvoir grandir et quitter définitivement le monde de l’enfance, Pol a fait de sa peluche son ami imaginaire…

Des ours en peluche qui parlent et qui marchent, on en a vu d’autres, il y en a même qui boivent des bières et fument des joints avec Mark Wahlberg. Mais celui de Pol a quelque chose d’inquiétant et d’attachant à la fois qui en fait le principal intérêt d’Animals. Cet étonnant personnage dont on ne se débarrasse pas facilement est particulièrement réussi à la fois dans sa gestuelle et dans sa façon de s’exprimer avec une voix synthétique qui évoque judicieusement Hal 9000, et qui régit d’une certaine manière la vie de son “maître” comme l’ordinateur régissait celle des passagers de Discovery One. Surtout les liens qu’il entretien avec Pol confèrent à ce premier film de Marçal Forès une grande originalité et un ton qui le rapprochent d’un courant poétique et sensible du fantastique espagnol, où l’on trouve par exemple Eva de Kike Maíllo. Malheureusement les nombreux fils tendus par le réalisateur s’emberlificotent au point de ne plus pouvoir se dénouer autrement que par une pirouette donniedarkesque qui laisse beaucoup de questions en suspens et frustre plus que ne surprend. Au delà de tous les mystères mystérieux (copyright Dr No) développés par le film, reste une direction artistique irréprochable dont une bande-son époustouflante. Et un vague ennui.

2012. Espagne. 1h35. Réalisé par Marçal Forès.

Avec Oriol Pla, Augustus Prew, Dimitri Leonidas, Martin Freeman (si si, Bilbo, pas un homonyme !), Roser Tapias…

 


Animals (2012) – Theatrical Trailer par pifff

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