PIFFF 2013 : jour 4

PIFFF 2013 : jour 4

Blix, qui s’occupe habituellement de ce compte rendu quotidien du Paris International Fantastic Film Festival, s’est mis en tête de commencer un entrainement intensif de football américain après avoir vu All Cheerleaders Die jeudi soir. Il pense que c’est le meilleur moyen de rencontrer des pom-pom girls, le pauvre. Du coup il n’a pas pu assister à cette antépénultième journée du PIFFF et m’a demandé de tenir la boutique. Je vais donc essayer de me hisser au quart de la hauteur de sa cheville, merci d’être indulgents.

La journée débute comme les précédentes, demie-molle, avec Odd Thomas en compétition. Faiseur de nanards de luxe en mal de rentabilité, le réalisateur Stephen Sommers cherche un second souffle en adaptant un roman d’une série à succès signée Dean R. Koontz, avec l’éventualité d’une franchise juteuse à la clé. Conscient des besoins d’une telle entreprise, il emploie des acteurs encore frais comme Anton “Chekov” Yelchin et Ashley “devinez-de-qui-je-suis-la-fille” Sommers pour raconter cette histoire de cuisinier de fastfood qui voit des esprits. L’immortel auteur de Van Helsing n’hésite pas à faire dans le suprême cheesy avec des plans bullet time du pire effet et surtout l’insupportable voix-off du cuistot qui se borne à raconter le film au cas où quelqu’un aurait raté quelque chose. Manquant cruellement d’inspiration, il en profite aussi pour recycler ses figures de style (oui il y a des figures de style chez Stephen Sommers, et des gens qui se grillent les neurones à les relever) comme ces créatures qui prennent forme à partir du sol façon Imhotep sortant du sable dans La Momie, ou encore ce personnage qui se disperse en myriades de bestioles comme les insectes de G.I. Joe. Certes il y a une pointe d’humour, une certaine énergie et on est toujours content de croiser Willem Dafoe, mais c’est loin d’être suffisant.

Heureusement, nous décollons ensuite pour le Japon et la séance culte du jour consacrée au regretté Satoshi Kon, dont Mathieu Poitier a exploré génie ici, avec le magistral Perfect Blue. Chaque occasion de revoir ce chef-d’œuvre de la japanimation est à ne pas manquer pour les multiples raisons que Gilles Da Costa analyse .

Real de Kiyoshi Kurosawa

Restons dans l’univers du manga et de l’exploration mentale avec le nouveau film de Kiyoshi Kurosawa, Real. Une célèbre dessinatrice de manga sombre dans le coma après une tentative de suicide. Grâce à une machine mise au point par des chercheurs, son compagnon visite l’inconscient de la jeune femme pour tenter de la ramener parmi nous. Il va y découvrir le reflet de son propre inconscient et plonger au cœur de leur passé commun.  Kurosawa déploie ici un fantastique proche de l’humain où une société déliquescente épouse les circonvolutions d’un cerveau submergé par la culpabilité. Beau, envoutant, merveilleux et effrayant, Real est sans aucun doute un des meilleurs films de son auteur.

Cette virée au Japon était décidément une excellente idée, terminons-là avec l’adaptation live d’un hentaï, ces mangas érotico-trasho-rigolo, HK / Forbidden Super Hero de Yûichi Fukuda. Un beau jour, par un hasard un peu compliqué à développer, un jeune homme met une petite culotte sur son visage en guise de masque. Il devient alors super puissant et sauve l’élue de son cœur victime d’une prise d’otages. Depuis, à chaque fois qu’il se met un slip sur la tête, il se transforme en super héros super pervers et fait régner la loi et l’ordre dans les quartiers chauds de Tokyo. Je vous laisse deviner quelle partie de son corps devient une arme de destruction massive. Ah, j’oubliais une précision qui a son importance : ça ne marche pas avec les culottes neuves, il faut qu’elles aient été portées. D’un mauvais goût parfaitement réjouissant, HK / Forbidden Super Hero a fait se tordre rire la salle du Gaumont Capucine, et ça fait vraiment du bien !

Voilà, Blix, c’était mon compte rendu. J’espère avoir été à la hauteur. Blix ? Blix ! Rends tout de suite sa culotte à la dame !

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