Pilote automatique : Brooklyn Nine-Nine (FOX)

Pilote automatique : Brooklyn Nine-Nine (FOX)

Note de l'auteur

L’histoire : Dans un comissariat de Brooklyn, l’inspecteur Peralta passe ses journées à résoudre des crimes et faire des blagues potaches. Mais un nouveau chef de section arrive, bien plus strict que son prédécesseur.

Autour de la série : Brooklyn Nine-Nine est créée et showrunnée par deux membres de la team Parks and Recreation, Dan Goor et Michael Schur. Schur, qui a donc officié à Pawnee, mais aussi sur The ComebackSNL et The Office, écrit pour la première fois sur un projet où les acteurs ne parlent pas directement à la caméra.

Les réalisateurs du pilote sont Phil Lord et Chris Miller, qui ont, entre autres, réalisé l’adaptation ciné de 21 Jump Street. Pour ceux qui l’ont vu (les veinards).

Elle se retrouvera après la fabuleuse (les mots exacts de Nicolas Robert, vous pourrez vérifier sur sa critique à venir cet après-midi) Dads, et face à NCIS et Agents of S.H.I.E.L.D. A vous de voir si ça veut dire qu’il faut commencer à envoyer des chrysanthèmes.

Avis : Le pilote est assez réussi. Voire très réussi, quand on considère la difficulté que représente l’exercice. Pour un drama, il y a généralement 40 minutes pour poser une intrigue, expliquer un univers, et présenter des personnages. Pour une comédie, c’est pire, vu qu’il faut insérer des blagues. Les pilotes de comédies sont assez rarement des réussites, même lorsque ladite comédie est excellente.

Brooklyn Nine-Nine réussit à bien poser son univers (pas évident, car même s’il s’agit d’une série policière, il faut faire admettre qu’elle doit nous faire rire avec des meurtres toute l’année). Elle pose ses personnages, et ce même si (et c’est bien normal), certains ont du mal à sortir d’une caractérisation brute de décoffrage. Son intrigue bouclée est assez simple et cocasse pour ne pas absorber tout le temps d’antenne. Et c’est assez drôle.

Pas hilarant non plus, mais drôle. Elle possède certains aspects de Parks and Recreation. Un univers de travail, du cœur. Un personnage principal gavé d’excentricités, mais très doué dans son travail. Elle a aussi quelques points communs, dans la mécanique, avec Archer, sans être aussi jusqu’au-boutiste. Le héros est abrasif (comme Archer), veut sortir avec sa partenaire, une femme décidée et sérieuse (comme Lana), la secrétaire semble bien tarée (comme Cheryl/Carol)… après, le premier n’est pas un connard fini marqué par un œdipe chargé, la seconde ne se trimballe pas en sous-vêtements avec deux fusils, et la troisième n’adore pas se faire étrangler pendant les rapports sexuels (encore que, la série est jeune, tout peut arriver).

Les deux séries sont ancrées dans un univers habituellement noir, tout autant parodiés l’un que l’autre. Et toutes deux ne sont pas, à proprement parler des parodies, justement. L’univers dans lequel elles évoluent est ancré, réaliste. Elles ont juste décidé d’en rire.

André Braugher se sort très bien d’un personnage finalement moins stéréotypé qu’il le laissait paraître dans la bande-annonce. Son flashback était à lui seul une raison de l’adorer. L’utilisation à deux reprises du procédé « je dis du mal du chef mais en fait il se tient derrière moi » est assez regrettable, cependant. Ce procédé que David E. Kelley a rendu impossible à supporter en l’utilisant 29 fois par épisodes dans Ally McBeal.

Reste un épisode très drôle par moments, qui donne le sourire à d’autres. Une très bonne base.

Qu’elle est vilaine cette photo promo…

Episode 2 ? : Évidemment ! Sur cette semaine, Brooklyn Nine-Nine s’avère comme étant la série dont le début est le plus solide. Une fois expurgé des nécessités du pilote, il faudra que la série trouve son rythme de croisière. Et fasse rire, tout simplement (1).

BROOKLYN NINE-NINE (FOX), Pilote

Écrit par Michael Schur et Dan Goor

Réalisé par Phil Lord et Chris Miller

Avec : Andy Samberg (Jake Peralta), Andre Braugher (Ray Holt), Stephanie Beatriz (Rose Diaz), Terry Crews (Terry Jeffords), Melissa Fumero (Amy Santiago), Joe Lo Truglio (Charles Boyle), Chelsea Peretti (Gina Linetti)

(1) : Elle peut émouvoir aussi, si elle veut.

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