Pilote automatique : How to get away with murder – «Pilot» (ABC)

Pilote automatique : How to get away with murder – «Pilot» (ABC)

Note de l'auteur

htgawmuneL’histoire : Suivre le cours de droit de Annalise Keating revient à apprendre à s’en sortir quand on est accusé de… L’avocate de la défense dont la réputation n’a d’égale que son charisme et sa volonté assure l’enseignement d’une main intransigeante, tout comme elle se montre maligne et impitoyable au tribunal. Une leçon que devront mettre en pratique quatre étudiants impliqués dans un meurtre.

Autour de la série : Créé par Peter Nowalk, c’est le nom de Shonda Rhimes qui est sur toutes les lèvres (la dame produit). Diffusée le jeudi soir sur ABC en compagnie de Grey’s Anatomy et Scandal, cette case devient donc celle de la productrice. Un pari osé mais la dame n’a peur de rien.

L’avis : Ce pilote pourrait être, sur la forme, l’anti Gotham. Où comment présenter un contexte, de nombreux personnages, un crime originel, avec une énergie débordante sans jamais sacrifier une logique narrative. Il se paie le luxe d’associer deux trames temporelles sans que l’équilibre ne soit mis en danger. Bien sûr, cette gymnastique revient à jongler avec des balles enflammées. Et le spectateur de ressembler au lapin dans Alice au Pays des Merveille.

htgawmL’art d’esquisser des personnages. Les présentations se font en un claquement de doigts. Et on zappe. Mais dans ce laps de temps très court, ils parviennent à exister à l’écran. Annalise Keating possède un traitement similaire mais si les étudiants sont une matière à définir, l’avocate est un mystère qui tend à s’éclaircir. Même électricité dans les présentations mais pour des buts différents. Il y a comme une évidence à l’oeuvre mais rien n’est facile ou simple et le spectateur devra aussi s’avérer docile.

Dans l’ambiance, il y a un côté La Revanche d’un Blonde, sans la comédie et le feel good. Plutôt un rapport anxiogène où la compétition devient une règle darwiniste. C’est même tout le but du cours de Keating : élevé de futurs prédateurs. A cet endroit se joue l’un des moteurs principaux de la série et en même temps son meilleur ennemi : la gestion narrative des différentes temporalités. Dans ce pilote, le ping pong permanent sature par sa rigueur de métronome mais emporte par l’implantation d’un récit feuilletonnant qui possède cette saveur soapesque que Rhimes affectionne et maîtrise à la perfection (Peter Nowalk est un habitué, lui, qui a déjà écrit des épisodes de Grey’s Anatomy et Scandal).

htgawm2La potentialité. De façon jouissive se contracte en 42 minutes une perspective euphorique de suivre un spectacle de pur fiction. Comprendre qu’il ne faudra certainement pas chercher de l’authenticité mais une dramaturgie portée par le souffle épique du soap sous toutes ses formes et d’une structure à chercher du côté des procedurals. Une gestion du rythme proche de Grey’s Anatomy où le flux des patients organisaient la cadence de la série.

Episode 2 ? Sans une seconde d’hésitation, oui. Une petite baisse de rythme ne sera pas un reproche, sinon risque de tachycardie à prévoir. Mais l’ensemble est bien trop séduisant pour passer à côté.

HOW TO GET AWAY WITH MURDER  SAISON 1, EPISODE 1 « Pilot »
Ecrit par : Peter Nowalk
Réalisé par : Michael Offer
Avec : Viola Davis (Professor Annalise Keating), Alfred Enoch (Wes Gibbins), Jack Falahee (Connor Walsh), Katie Findlay (Rebecca Dixon), Aja Naomi King (Michaela Pratt), Karla Souza (Laurel Castillo), Matt McGorry (Asher Millstone), Charlie Weber (Frank Delfino), Liza Weil (Bonnie Winterbottom), Tom Verica (Sam Keating)…

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