Pilote automatique : Killer Women (ABC)

Pilote automatique : Killer Women (ABC)

Note de l'auteur

L’histoire : Ancienne reine de beauté, fille de shérif, récemment divorcée, Molly Parker est un Texas Ranger. Et dans ce pilote, elle pourchasse une femme qui en a tué une autre parce qu’il faut bien justifier le titre de la série.

Autour de la série : Au début, il y a une trilogie de bouquins argentin Mujeres Assassinas, romans décryptant des meurtres commis par des femmes en Argentine. Puis il y eut une série de 4 saisons, thriller psychologique traitant d’un cas différent à chaque épisode. Ce concept, Sofía Vergara, Ben Silverman, Luis Balaguer et Martin Campbell se sont dit que ça serait cool d’en faire un remake ricain. Très certainement à la suite d’un trip aux acides pendant le visionnage simultané d’un épisode de Walker Texas Ranger et du clip de Madonna « Don’t Tell Me », il se sont dit que ça serait top d’en faire un truc très différent. D’où la chose difforme qui heurte les écrans d’ABC aujourd’hui.

Les maths selon Vergara et Silverman

Avis : C’est sûr, j’ai déjà éventé le suspens dans le paragraphe précédent, mais ça n’est pas bien grave. Le pilote de Killer Women réussit à être aussi catastrophique que celui de Mob Doctor l’an dernier, avec une intrigue convenue, une héroïne qu’on nous force (et qui n’est pas crédible), le tout avec une impression de voir un truc qui date des années 80. Et pas la bonne partie des années 80.

Tricia Helfer est une actrice capable et la voir en stetson nous fait souhaiter une reconversion éclair dans Justified à terme. Dans Killer Women, si elle fait preuve de compétence dans le jeu pur, elle n’a hélas rien de crédible. La voir fermer les yeux et reculer de partout en tirant au pistolet fait grincer les dents. Elle n’est pas aidée par un montage calamiteux qui donne l’impression que l’épisode a été tourné en direct (formidables scènes avec des blancs avant les conversations), et l’écriture aux forceps (tiens, si je te révélais mon trauma à toi que je ne connais pas, pour jouer la connivence, alors que mon trauma n’a rien à voir avec tes problèmes).

« Moi, quand je veux me détendre après une journée à pourchasser les criminels et à risquer ma vie, j’aime bien jouer de la trompette avec des Mariachis. Et oui. Je suis comme ça, moi. »

Après, au second degré, on peu rire. Fort. Entre autres avec Mark Blucas déclamant « on va certainement mourir au Mexique ce soir » dont le seul but est de donner une tension dramatique à un évènement dont on se fout (proposition: lui faire annoncer ça à chaque fois qu’il s’apprête à faire un truc « on va certainement mourir en préparant ces muffins », « on va certainement mourir en allant aux toilettes », etc…). Suivi une scène plus tard d’un moment magique : alors qu’ils s’apprêtent à mourir (selon Blucas), Blucas demande « c’est vrai que tu joues de la trompette ? »

De la trompette.

Oui.

J’en pleure encore. Car Parker n’est pas juste belle. Elle n’est pas juste hyper compétente et respectée dans un monde d’hommes (spéciale dédicace à l’ancien Garrity de Friday Night Lights qui balance que « les femmes sont plus intelligentes parce qu’elles mentent mieux »… voilà, voilà…). Parker est aussi une trompettiste émérite qui joue avec des mariachis le vendredi soir pour décompresser.

Même pas assez bon pour les après-midis du week-end de TF1 et France 2. (PS : il n’y a pas d’erreur visuelle dans la notation du bas, c’est juste un zéro)

Episode 2 ? Vous plaisantez j’espère ?

KILLER WOMEN (ABC), pilote « La Sicaria »

Ecrit par Hannah Shakspeare

Réalisé par Lawrence Trilling

Avec : Tricia Helfer (Molly Parker), Marc Bluc((Dan Winston), Alex Fernandez (Luis Zea)

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