Pilote automatique : Scorpion (CBS)

Pilote automatique : Scorpion (CBS)

Note de l'auteur
Scorpion

Publicité mensongère

L’histoire : Walter O’Brien est un génie. Avec ses copains génies aussi, il forme un groupe embauché par la sécurité intérieure pour résoudre des situations de crises complexes qui nécessitent des cerveaux géniaux. Ou un câble Ethernet et une Ferrari.

Autour de la série : Nick Santora pourrait être mentionné pour son rôle de producteur sur Beauty & The Geek ou encore son passage sur Law & Order, mais il est plus pertinent d’un point de vue généalogique de rappeler que le monsieur s’est illustré sur Prison Break ou Breakout Kings. A la réalisation, nous retrouvons celui qui a été choisi pour la seconde saison de True Detective : Justin Lin (Fast & Furious 3, 4, 5 et 6).

L’avis : Inspired by a true story.

Il y a quelque chose de malfaisant dans ces mots. Comme une caution volontairement jetée aux yeux du spectateurs pour combler des lacunes potentielles. Rappeler que la réalité dépasse souvent la fiction et que devant elle, on abdique. Pourtant Nick Santora ne se refusera rien, quitte à oeuvrer dans des séquences où la raison du spectateur est poussée dans ses derniers retranchements.

Il y a une mécanique redondante chez le producteur qui exploiterait une forme de syllogisme. Des prisonniers pour arrêter des évadés, des génies pour résoudre des problèmes complexes. Une façon de reproduire une logique “Agence Tout Risque”, la dernière chance, au dernier moment. Le tout emballé comme un produit fast-food, vite consommé mais un peu lourd sur l’estomac. Dans ce pilote, aucune séquence n’a de réelle persistance. Comme si la suivante annulait la précédente. En mode Mission Impossible pour sa faculté d’auto-destruction. La vitesse intervient également comme une surcompensation d’un récit qui n’a rien à raconter où par une forme d’effet joule il chercherait à combler le vide.

L’arrogance du génie. Pendant une quarantaine de minutes, le spectateur suit l’énergie épuisante d’un homme qui glisse sur les évènements. Être humain couteau-suisse dont on devinera des failles émotionnelles (le génie a un prix) et qui s’évadera sur un chemin rédempteur (le génie manipulé) avec option assistant social. Une fin d’épisode dégueulasse où une mère est quasi jugée incompétente d’élever un enfant au bord de l’autisme. Cela justifie peut-être la séquence de l’avion, du câble et de la Ferrari : encore abasourdi par le surréalisme de la séquence, le spectateur est anesthésié devant la bêtise infect d’un donneur de leçon.

Episode 2 ? Comme on ralentit sur le passage d’un accident de voiture. Nous savons que c’est mal et pourtant nous avons beaucoup de difficulté à détourner le regard.

Scorpion, Saison 1, épisode 1 “Pilot”.
Ecrit par Nick Santora
Réalisé par : Justin Lin
Avec : Elyes Gabel (Walter O’Brien), Robert Patrick (Cabe Gallo), Katharine Mcphee (Paige Dineen), Edie Kaye Thomas (Toby Curtis), Jadyn Wong (Happy Quinn), Ari Stidham (Sylvester Dodd).

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