Pilote Automatique : Stalker – « Pilot » (CBS)

Pilote Automatique : Stalker – « Pilot » (CBS)

Note de l'auteur

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L’histoire : Le lieutenant Beth Davis est à la tête du TAU (Threat Assessment Unit), département de la police de Los Angeles qui enquête sur les plaintes de harcèlement, qu’il soit physique, numérique mais aussi le voyeurisme et l’obsession.

Autour de la série : Créée par Kevin Williamson, l’homme derrière Dawson’s Creek mais aussi Scream, Vampire Diaries ou The Following.

L’avis : Une séquence d’ouverture qui implique un téléphone portable et une silhouette dans la nuit. Kevin Williamson ne rejoue pas la partition Scream (pas de place au jeu) mais montre une obsession pour une forme de torture mentale. La menace omnisciente qu’impose cette pratique semble trouver chez le showrunner un terrain fertile pour élaborer ses scénarii retors, ce sadisme singulier, moderne mais un peu artificiel à force de redites.

Hyperspécialisation et compartimentation semblent de rigueur aujourd’hui lorsque l’on aborde le formula cop show. Le policier, genre galvaudé, obligé de vêtir une surcouche pour s’affranchir d’une descendance déjà bien nombreuse. Zeitgeist que celui du cyber stalking où les réseaux sociaux, pointés du doigt dans l’épisode non pas comme la source de tous les maux mais comme une attitude normalisée sur notre propension à ouvrir nos vies aux inconnus (“we have too much access to another”). La note d’intention s’arrête le temps d’une brève introduction, la classe comme reflet du spectateur à qui on explique le principe fondamental de la série.

Stalker ne cherche pas (le temps de ce pilote) à enrichir notre paranoïa mais surfe sur les clichés habituels. L’enquête du jour a déjà été vu dans CSI (par exemple). La série se figure tel un appendice. Une excroissance d’un genre, voire un parasite que l’on aurait arraché à son hôte. Et d’avoir peine à imaginer sa survie, ainsi séparé. Une enquête banale, pimentée par les actes barbares d’immolation (la touche Williamson post The Following) qui se conclut sans éclat, usée par le manque d’inspiration.

PilotLe pilote trouvera un intérêt dans deux séquences quasi identiques : le rituel de Beth Davis avant de se mettre au lit. Fermeture des rideaux, mise en route de l’alarme, vérification des portes et fenêtres, lumière allumée dans le couloir, porte close dans la chambre pour apercevoir l’ombre d’un éventuel intrus. Des gestes qui décrivent aussi bien une déformation professionnelle que les séquelles d’un précédent harcèlement. Il y a dans ces mouvements ritualistes une illustration de la souffrance et de la peur. A un niveau quasi obsessionnel compulsif, c’est montrer l’endurance qui est nécessaire pour préserver son intimité. Cette façon de sanctuariser son domicile tient du combat comme s’il devait ostraciser le monde extérieur. Cet espace inconnu devient source de danger potentiel dans une lecture proche de la psychose. C’est à un niveau symbolique que le personnage de Beth Davis intéresse parce qu’il contient des contradictions ou paradoxes intéressants à exploiter : Lieutenant sûre et ferme au bureau, personne éprise de doute chez elle ; responsable d’un département spécifique, elle se transformera en proto-vigilante pour mettre en garde un suspect, comme si elle était consciente des limites de ses pouvoirs.

Episode 2 ? Après un pilote falot, il faut posséder une détermination bien personnelle dans le genre pour épier un nouvel épisode. Ce qui est le cas de l’auteur de ces lignes…

STALKER SAISON 1, EPISODE 1 « Pilot »

Ecrit par : Kevin Williamson

Réalisé par : Liz Frielander

Avec : Maggie Q (Lt. Beth Davis), Dylan McDermott (Det. Jack Larsen), Mariana Klaveno (Det. Janice Lawrence), Victor Rasuk (Det. Ben Caldwell)…

 

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