Pilote Automatique : The Assets (ABC)

Pilote Automatique : The Assets (ABC)

Note de l'auteur

L’histoire : Aldrich Ames est un agent américain de la CIA qui travaille pour le KGB pendant la Guerre Froide. Sandy Grimes va essayer de le confondre. C’est une histoire vraie. Dans le premier épisode (c’est une mini-série donc, techniquement, ce n’est pas un pilote, mais « premier épisode automatique » ça sonne mal), on suit un agent censé donner une forte somme d’argent à un « asset », un agent-double qui travaille pour la CIA.

Dans The Americans, il aurait mieux tenu ses lunettes

Autour de la série : je vous ai dit que c’était une histoire vraie ? Parce que c’est une histoire vraie. Inspiré du livre de, justement, Sandy Grimes et Jeanne Vertefeuille, titré Circle of Treason. La série est gavée de comédiens britanniques qui jouent les membres de la CIA. Jodie Whittaker (Grimes), Paul Rhys (Ames), Christina Cole (Tilton)… The Assets est showrunnée par le trio Morgan Hertzan, Rudy Bednar et Andrew Chapman soit deux producteurs de documentaires et un scénariste au CV peu fourni (un téléfilm avec Dylan McDermott et un crédit pour Pocahontas).

Avis : je vais commencer par une question. Voulez-vous que je vous dise que c’est moins bien que The Americans ? Si je demande, c’est parce que je n’ai pas vu The Americans, mais que il me semble si naturel de commencer par dire ça dans la critique de The Assets que si vous êtes d’accord, je veux bien dire que c’est vachement moins bien. Allez, arrêtons le mauvais esprit.

Le problème majeur dont souffre The Assets, c’est un problème de point de vue. Le pilote démarre sur Ames, se rendant à l’ambassade russe pour refourguer des informations capitales. Et après, on bascule sur Sandy Grimes. Ames devient un second rôle. En arrière plan. Il aurait été stupide de cacher la culpabilité d’Ames (histoire vraie, tout ça), mais se concentrer sur celle qui va le traquer ensuite n’est pas le plus malin. Avoir une protagoniste qui a un temps (voir plusieurs) de retard sur le téléspectateur n’est pas spécialement engageant.

Dans The Americans, elle aurait vachement mieux marché

Surtout quand le reste peine à instaurer une tension. Si la longue scène du départ montrant un agent de la CIA larguer plusieurs agents du KGB est plutôt habile, le reste pêche un peu. La série cède aussi à la facilité de nous montrer le quotidien de Grimes. Qui est une femme géniale. Mais une mère pas assez présente. Et qui a un mari ultra-compréhensif. Et, oui, une ado en rébellion à la maison qui se déguise en Cindy Lauper pour aller à l’école.

Visuellement, la série est plutôt réussie, l’ambiance est correcte… Le flash-back dans les années 70 est assez ridicule en comparaison, certes… mais en termes de production, c’est propre, c’est documenté. Mais la série ne propose pour l’instant rien d’engageant.

Episode 2 ? Pas impossible. Le teaser en fin d’épisode propose peut-être quelque chose de plus nerveux. À voir, pourquoi pas, mais sans grande conviction. Faudrait qu’ils arrêtent les plans en ouverture large sur le logo de la CIA suivi d’un pano vertical sur les personnages de dos. Quarante-cinq fois dans un épisode c’est un peu beaucoup. Un truc qu’ils ne feraient pas dans The Americans, qui est vachement mieux. Mais que je ne regarde pas.

THE ASSETS (ABC), pilote « My Name Is Aldrich Ames »

Ecrit par Andrew Chapman

Réalisé par Jeff T. Thomas

Avec : Jodie Whittaker (Sandy Grimes), Paul Rhys (Aldrich Ames), Harriet Walter (Jeanne Vertefeuille), Ralph Brown (Lawrence Winston), Stuart Milligan (Arthur O’Neill), Christina Cole (Louisa Tilton)

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