Pilote Automatique : The Blacklist (NBC)

Pilote Automatique : The Blacklist (NBC)

Note de l'auteur
L’histoire

Un des hommes les plus recherchés du FBI, Raymond « Red » Reddington franchit la porte de celui-ci dans le but de se faire arrêter. Il veut aider le FBI à capturer les criminels les plus recherchés du monde, des criminels que le public ne connaît pas mais que toutes les forces de police rêvent d’arrêter. Il n’a qu’une seule demande en échange : ne parler qu’à Elizabeth Keen et à Elizabeth Keen seule…

Autour de la série

NBC est dans une position délicate. Depuis plusieurs saisons, elle est en quête de la série grand public mais de qualité qui lui permettra également d’avoir une forte audience. A l’heure actuelle, aucun show de son cheptel ne lui permet ça, The Blacklist est un des grands espoirs de sa saison. Mais, lancée face à Hostages sur CBS, une chaîne qui n’hésite pas à annuler une série suivie par près de 10 millions de téléspectateurs comme Vegas, un chiffre que NBC rêverait d’atteindre avec autre chose que The Voice ou la NFL, elle aura fort à faire.

Le concept de The Blacklist a germé dans l’esprit de Jon Bokenkamp, scénariste de cinéma (The Call, Taking Lives ou Dangereuse séduction), épauler pour cette intrusion à la télévision par le showrunner John Eisendrath, lequel a travaillé sur Outlaw et My Own Worst Enemy, mais surtout été producteur exécutif d’Alias, Felicity ou Beverly Hills.
Le projet a attiré l’attention des médias et du public pour sa tête d’affiche, James Spader, qui jouait le manager charismatique dans l’avant dernière saison de The Office, l’homme qui peut vous convaincre en un regard. C’est peut-être ce qui lui a valu ce décrocher ce personnage, où sa force de persuasion est souvent mise en scène. Mais NBC avait surtout besoin d’un gros nom pour son nouveau procédural.

Avis

Trouver la recette d’un bon procédural, ces dernières années, est chose délicate. Il faut que les intrigues bouclées soient suffisamment riches et variées pour faire revenir à chaque fois sans lasser. Il faut aussi avoir une histoire qui se développe sur plusieurs épisodes pour permettre un enjeu qui donne envie d’en savoir plus sur ces personnages qu’on nous présente. Ces deux principes peuvent paraitre simples et pourtant sont très compliqués à suivre. Demandez à The Mentalist par exemple comment on gère un grand méchant qu’il ne faut jamais attraper car la motivation du personnage principal ne serait plus justifiée… Ou demandez à The Following comment on raconte autre chose à chaque épisode, qu’un personnage en poursuivant un autre mais pas trop vite…

The Blacklist réussit le tour de force de nous présenter des personnages riches, poser les enjeux et créer des tensions entre les personnages, tout en restant dans un cadre dramaturgique bien connu du couple de policiers que tout oppose. Red est un des plus grands criminels qui choisit de se rendre au FBI pour éliminer ses ennemis criminels. Il réclame cependant de ne parler qu’avec une personne, la jeune agente Elizabeth Keen.

Elizabeth est révélée de deux manières. D’abord de façon très naïve, dans sa maison, avec son mari, en retard, on est loin des clichés de l’agente souvent dure et solitaire. En la voyant, on pense à une Sydney Bristow entourée de ses amis. Puis dans une deuxième scène, toute la complexité du personnage se révèle au moment où le patron du FBI lui demande de s’auto-profiler. C’est une femme froide, déterminée et autoritaire dont elle trace les traits. Cette ambivalence fait la force du personnage et son attrait. On comprend alors comment ce bout de femme va pouvoir tenir tête, épisode après épisode, au plus grand criminel du pays, ce n’est pas une femme naïve, une « rookie », c’est une forte tête et le reste de l’épisode confirmera ce délicieux mélange.

Face à elle, Red est plus mystérieux que jamais, terrifiant mais jamais antipathique. James Spader insuffle ce mélange de crainte et d’irrésistible attraction que peuvent susciter certains criminels. Sa fascination pour la jeune femme n’est jamais déplacée ou perverse, simplement intrigante. Elle suscite notre intérêt. Les twittos se sont lancés dans la plus évidente des suppositions « C’est son père ». Mais après un pilote si réussi, on ne peut croire à une telle facilité.

Une fois, les personnages présentés, c’est l’intrigue qui se dévoile. L’intrigue fermée d’abord, un des fameux criminels de la « liste noire » va enlever la fille d’un ambassadeur pour en faire une bombe humaine. Si le FBI échoue à empêcher un enlèvement spectaculaire (on en prend plein les mirettes), il se lance dans une traque de la fillette pour empêcher le pire. Puis en parallèle, il y a l’intrigue ouverte, la nature de la relation entre Red et Elizabeth est inconnue. Pourtant Red semble en savoir davantage sur la jeune femme, sur son père, sur son mari, sur sa vie. Ces révélations tombent au goutte à goutte et nous laisse sur un beau cliffhanger. The Blacklist se termine en ouvrant de belles pistes pour la saison.

Episode 2

Un épisode 2 ? Oui, oui, oui. Surtout si vous cherchez un successeur un peu sombre à Castle et The Mentalist. Il y a une pointe d’Alias dans cette série (pas étonnant puisque John Eisendrath a été P.E. sur la série), mais aussi du Silence des Agneaux, dans les enjeux pour Elizabeth et sa relation avec Red.
Les acteurs sont excellents et Megan Boone n’a rien à envier à un Spader qui mange chaque seconde qu’il passe à l’écran. The Blacklist pourrait bien être une très bonne surprise de la rentrée, si l’épisode 2 et les suivants sont à la hauteur de ce pilote.

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