Pilote automatique : Black Sails (Starz)

Pilote automatique : Black Sails (Starz)

Note de l'auteur

Comme on est chez Starz, on a notre quota de scènes sanglantes…

L’histoire : 1715. New Providence, repaire de la piraterie dans les Caraïbes. En lutte contre la flotte britannique depuis des années, le capitaine Flint et les autres mercenaires des mers défendent bec et ongles l’île qui leur sert de point d’appui. S’ils sont conscients de l’importance de New Providence, tous, de Charles Vane à John Rakham en passant par Eleanore Guthrie, poursuivent des objectifs très personnels. La perspective de mettre la main sur un galion espagnol rempli de billets fera-t-elle sauter cette unité de façade ?

Autour de la série : Prequel de l’Ile au Trésor de Robert Louis Stevenson, Black Sails est la première incursion du réalisateur Michael Bay (Armageddon, Transformers) dans l’univers de la série télévisée.

La série est développée par Jonathan E. Steinberg et Robert Levine, deux scénaristes qui ont travaillé sur Jericho et Human Target. Diffusée sur la chaîne Starz à partir du 25 janvier (et sur OCS Max dès le 26), Black Sails est tournée en Afrique du Sud, à Cape Town Studios. Un site qui a ouvert ses portes en 2010 et qui accueille là son premier tournage de série.

Avis : C’est bien. Le pilote a des défauts mais il remplit son rôle numéro 1 : donner envie de voir la suite. Et cela, que l’on connaisse l’univers de L’île au Trésor ou non.

On pouvait craindre une débauche d’images aussi hallucinante que creuse. Michael Bay, Starz (même les fans de Spartacus ont eu du mal avec le pilote), des scénaristes qui n’ont pas montré grand-chose, des acteurs peu connus… le risque était réel. Au final, la série évite assez facilement le naufrage d’entrée de jeu. Principalement grâce à la seconde partie de l’épisode.

… et comme on est chez Starz, on a aussi notre quota de scènes de sexe (ici, Hannah New, qui ressemble à une Robin Wright plus jeune dans la série).

Steinberg et Levine ont fait un choix audacieux : présenter un univers foisonnant et de multiples intrigues dès le départ. Le problème, dans ces cas-là, c’est qu’à force d’exposer des choses, on peut vite tomber dans le bavardage, créer des passages longuets. C’est justement ce qui arrive dans la première partie de l’épisode : on ne s’ennuie pas mais certaines séquences manquent un peu de rythme.

De la même façon, certains personnages sont mieux introduits que d’autres. Exemple : l’arrivée d’Anne Bonny, femme pirate qui a réellement existé – comme Vane et Rackham – est beaucoup plus marquante que celle de Max, un personnage de prostituée caricatural.

Mais l’histoire centrale fonctionne bien. En plaçant d’entrée de jeu Flint en difficulté, Steinberg et Levine posent avec efficacité la personnalité du héros de la série. Bon, les dialogues ne sont pas toujours d’une transcendance absolue mais j’ai trouvé que la façon dont le capitaine du Walrus se sort de l’impasse est bien racontée. Et comme c’est bien filmé, on finit l’épisode en se disant qu’on a passé un bon moment.

Charles Vane, capitaine du Leather Daddy… non, du Ranger. Et ennemi mortel de Flint, à la tête du Walrus.

Episode 2 ? Carrément. Et d’autant plus facilement que c’est déjà fait, projection proposée par OCS oblige. La série confirme qu’elle raconte l’opposition de la violence et de la ruse, et c’est bien conduit.

Si l’histoire garde le cap pendant sa courte saison 1 (huit épisodes, une saison 2 est déjà commandée), tout ça devrait être vraiment plaisant. Le show a en tout cas tous les atouts pour devenir une vraie bonne série d’aventures.

BLACK SAILS (STARZ), pilote « I. »

Ecrit par Jonathan E. Steinberg et Robert Levine

Réalisé par Neil Marshall

Avec : Toby Stephens (le capitaine Flint), Luke Arnold (John Silver), Hannah New (Eleanore Guthrie), Clara Paget (Anne Bonny), Toby Schmitz (John Rackham), Zach MacGowan (le capitaine Charles Vane).

 

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