Plague Vendor : « Créer aide à être heureux ! »

Plague Vendor : « Créer aide à être heureux ! »

Nouveau talent de la scène rock californienne, Plague Vendor a illuminé l’été avec l’électrique Bad Night. Nous avons rencontré le leader du groupe lors de sa venue au Point Éphémère

Daily Mars : Avez-vous l’impression d’appartenir à une scène musicale spécifique ?

Brandon Blaine : Pas vraiment. On vit dans la banlieue de Los Angeles et on fait nos petites affaires entre nous, voilà tout !

By Night est particulièrement dur à étiqueter !

B. B. : C’est un vrai melting pot, n’est-ce pas ? C’est juste comme ça qu’on écrit ! On ne se pointe pas en studio en ayant déjà tout prévu ; on se contente d’écrire et ce qui doit arriver arrive…

Du coup comment décririez-vous votre musique ?

B. B. : Éclectique, pour sûr ! C’est une sorte de collection de différents sons.

On vous compare régulièrement à Jim Morrison, c’est plutôt flatteur !

B. B. : Certaines personnes disent ça, c’est vrai… Je pense que c’est dû au fait que les gens ressentent toujours le besoin de tout comparer, mais ça me fait très plaisir.

Malgré ça, pensez-vous faire de la musique moderne ?

B. B. : En ce qui me concerne, j’écoute de tout et je me nourri de tout. C’est ça qui défini notre son, et qui nous permet d’être assez libre de créer ce qu’on veut. Certains groupes sonnent toujours pareil, peu importe l’album… Il n’y a pas de mal à ça, mais ce n’est pas notre objectif.

Plague Vendor a beau exister depuis onze ans, vous n’avez sorti que trois albums. Pourquoi ?

B. B. : Notre deuxième album était déjà quasiment écrit quand on a sorti le premier. C’est parce qu’on l’avait d’abord diffusé gratuitement en 2008, et quand on a été signé ils ont voulu le ressortir… Mais après Blood Sweat on a voulu prendre notre temps. Ça tombe bien, personne n’était pressé !

Et By Night a été très bien reçu !

B. B. : Oui, ça me fait très plaisir que les gens comprennent ce qu’on voulu faire !

Est-ce que vous ressentez de la pression ?

B. B. : Pas du tout, enfin je ne pense pas. J’avais By Night sur mon téléphone longtemps avant sa sortie et je l’ai écouté tellement de fois que ça me fait juste plaisir qu’il soit enfin disponible ! Donc non, je ne ressens pas de pression. La seule qui pourrait exister c’est celle de donner les meilleures performances possibles.

Votre but ultime est donc de vous produire sur scène ?

B. B. : Bien sûr, c’est toujours le but ! Si on veut que Plague Vendor perdure, on doit bien en passer par là (rires) !

Pensez-vous concevoir la musique différemment aujourd’hui ? 

B. B. : Je dirais qu’en tant qu’artiste, je suis plus honnête avec moi-même et ce qui me plaît — ou non. Donc c’est pour le mieux ! Le plus libre un artiste est le mieux, de toute façon.

Dans une interview accordée à DIY vous avez déclaré « toujours penser à de mauvaises choses« … Faut-il être malheureux pour créer ?

B. B. : Quand on a commencé à écrire, je lisais le livre des Révélations et d’autres trucs un peu… sombres mais personne n’y a vraiment prêté attention. Personne n’est venu me parler de mes textes à part les autres membres du groupe. C’est plus pour moi que je fais ça ! Enfin… dés que j’entre en studio je suis aussi heureux et aussi triste que vous. Chanter m’a probablement sauvé la vie, quand j’y pense. Vieillir n’est pas toujours une partie de plaisir, et j’étais plutôt mal avant d’entre dans mon premier groupe. C’est la musique qui m’a donné la force de m’exprimer, donc créer aide à être heureux c’est sûr !

Diriez-vous que vous avez besoin de faire de la musique ?

B. B. : Oui, je pense. Même quand je suis seul chez moi je joue un peu de guitare parce que…. parce que mon corps et mon esprit veulent exprimer quelque chose. Par le passé je pouvais écrire sans musique, mais aujourd’hui j’en ai besoin alors j’essaye d’apprendre la guitare pour m’accompagner.

Pensez-vous à la scène quand vous composez ?

B. B. : 50/50 ! Je pense que je me préoccupe d’abord d’écrire les meilleures chansons possibles pour l’album, mais je ne peux pas m’empêcher d’avoir hâte de les jouer sur scène… donc ça rentre en ligne de compte !

Vous avez pris de sérieux risques avec By Night

B. B. : Ça c’est sûr ! Je voulais que nos fans aient ce qu’ils attendaient, mais qu’ils soient aussi surpris. Vu qu’ils nous soutiennent, ils nous suivront sûrement et les autres prendront le train en route. (rires)

Donc c’est un bon moyen de découvrir le reste de la discographie de Plague Vendor ?

B. B. : Pourquoi pas ! Oui, je conseillerais aux gens d’écouter cet album il est plutôt cool ! Et s’ils en veulent plus, ils peuvent aller écouter les autres…

By Night sonne très brut, mais aussi calculé… dans le bon sens du terme. Comment avez-vous trouvé cet équilibre ?

B. B. : Je suis du genre à ne pas planifier grand chose… tout l’inverse du reste du groupe. La structure, c’est eux ! Moi je m’occupe de peindre le bâtiment qu’ils ont construit !

Ça fait plaisir d’entendre un chant qui ne supplante pas la musique… C’est presque comme si c’était un instrument !

B. B. : Exactement ! C’est comme ça qu’on écrit, comme un tout. Quand le groupe compose la musique, je laisse traîner une oreille et si quelque chose attire mon attention je me mets à écrire.

« Snakeskin Boots » est presque un rap, c’est culotté !

B. B. : Oui, ils m’ont laissé faire ça ! J’aime beaucoup le hip hop et je me suis pas mal inspiré de John Spencer Blues Explosion… pour une fois ! Ça me fait plaisir qu’elle soit dans l’album !

Pourquoi avoir choisi « New Comedown » comme premier single ?

B. B. : Je ne sais pas trop… Je pense que c’est surtout parce que Luke fait un décompte au début, du coup c’était plutôt cool !

Et quel a été le morceau le plus dur à finir ?

B. B. :Je dirais « Friction ». En général, j’attends jusqu’à la dernière minute pour coucher mes idées sur le papier et tout enregistrer. Je fonctionne mieux quand je suis sous pression… surtout quand je sais déjà un peu près où je vais !

Propos recueillis, traduits et adaptés par Jessica Saval

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