Planetary Annihilation Titans: War for Cybertron

Planetary Annihilation Titans: War for Cybertron

Note de l'auteur

Un an après la sortie catastrophique de Planetary Annihilation, le studio Uber Entertainment nous sort à la fin de l’été et sans prévenir une extension en standalone nommée Titans. Une véritable surprise pour les joueurs comme pour la presse, car Uber Entertainment a réussi avec brio à garder cette extension secrète jusqu’à la sortie. Par la même occasion, le studio annonce que celle-ci est gratuite pour ceux qui ont financé Planetary Annihilation sur Kickstarter, et à seulement 14 euros pour ceux qui ont acheté le jeu d’origine. Pour les autres, il faut débourser 37 euros. La question qui se pose donc  est : cette extension vaut-elle bien son pesant de cacahuètes ? Voyons voir.

Titans

Un lourd héritage

Total Annihilation

Total Annihilation 2Planetary Annihilation est avant tout un hommage à deux classiques qui ont rejoint aujourd’hui le panthéon du jeu vidéo : Total Annihilation et Supreme Commander. Le premier est sorti en 1997 durant l’âge d’or des jeux de stratégie sur PC (et Mac). Total Annihilation et ses deux extensions (The Core Contingency et Battle Tactics) étaient impressionnants pour l’époque puisque c’étaient les tout premiers RTS avec des unités et terrains en 3D. Sous la houlette de Chris Taylor, Cavedog Entertainment avait réussi à faire un jeu de stratégie dans un cadre futuriste massif, ultra addictif et en même temps différent de ses nombreux concurrents. Après la fermeture du studio en 1999, Chris Taylor décide de créer sa propre société nommée Gas Powered Games et commence un peu plus tard le développement d’une suite spirituelle au mythique Total Annihilation.

Supreme Commander 2

Supreme commanderCette fameuse suite non officielle du nom de Supreme Commander, alors très attendue par les fans, sort enfin en 2007 et aura même le droit à une excellente extension appelée Forged Alliance puis une suite plutôt moyenne. Supreme Commander devient immédiatement un must-have pour les amateurs de RTS du fait de ses immenses possibilités et ses batailles à la fois massives, tactiques et épiques. Planetary Annihilation s’inspirera d’ailleurs beaucoup de Supreme Commander pour son gameplay et notamment des légendaires Armored Command Unit.

En 2014, des anciens de Cavedog Entertainment se remettent ensemble sous le nom de Uber Entertainment et commence le développement de Planetary Annihilation avec cette idée d’en faire à la fois le successeur de Total Annihilation mais aussi de Supreme Commander. Uber Entertainment réussit à faire financer son projet sur Kickstarter et les fans attendent dès lors le jeu avec impatience.

Cependant, le lancement de Planetary Annihilation est une catastrophe à cause de nombreux bugs, crashs et promesses non tenues. Même si Planetary Annihilation est un bon jeu de stratégie, les critiques sont très virulentes, notamment de la part des backers du Kickstarter. La sortie de cette édition Titans sonne donc comme un mea-culpa de la part du studio, même si beaucoup pourront dire que payer ne serait-ce que 14 euros pour quelque chose qui aurait dû être inclus dans le jeu de base fait quand même un peu mal au popotin pour rester poli.

 

Une galaxie un peu vide

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Le mode solo de Planetary Annihilation s’apparente plus à une longue préparation avant de s’attaquer au multijoueur. Le jeu de base a été très critiqué lors de sa sortie pour son manque d’accessibilité à cause notamment d’un tutoriel quasi absent. L’édition Titans essaye de corriger le tir avec un tutoriel plus complet mais encore obscur pour les vrais débutants. Au final, le meilleur mode pour faire ses armes reste la grande campagne Galactic War.

Calqué sur des jeux comme Star Wars: Empire at War, le mode Galactic War représente une galaxie entière. Votre objectif y est de conquérir les systèmes solaires un par un et de tenter de rejoindre le centre de la galaxie comme dans le futur No Man’s Sky. La petite différence avec le mode d’escarmouche classique réside dans les technologies qui ne sont pas toutes disponibles dès le départ. Il va falloir les débloquer au fur et à mesure de vos batailles au même titre que des bonus spéciaux (comme par exemple, production d’énergie augmentée de 10%).

Face à vous, l’IA du jeu est un peu inconstante. Elle peut être très efficace comme complètement débile. Le scénario est vraiment faible voire quasi inexistant et pourrait tenir sur un post-it. Dommage, j’aurais aimé un peu plus d’efforts de ce côté-là de la part des développeurs, même si je peux comprendre que l’histoire ne soit pas vraiment une priorité pour ce genre de jeu. Planetary Annihilation Titans peut être joué en solo mais son véritable intérêt se trouve donc dans son multi.

 

Un RTS massif aux possibilités infinies

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Tout d’abord, je vais tenter d’expliquer au mieux le concept du jeu de base pour les néophytes. Planetary Annihilation n’est pas un RTS classique comme Starcraft ou Age of Empires, mais davantage un jeu de stratégie à (très) grande échelle. Les champs de bataille sont littéralement gigantesques puisque les combats se déroulent dans des systèmes solaires avec leur lot de planètes et autres lunes. Exit donc les cartes traditionnelles à plat du RTS, les batailles ont lieu sur des planètes (ou lunes) entièrement modélisées en 3D. Cet élément 3D, qui me rappelle curieusement Super Mario Galaxy dans sa conception, peut en dérouter plus d’un et il est difficile de l’appréhender au début, même pour les connaisseurs. La menace peut maintenant venir de partout. En plus de la carte en 3D, il faut également garder en tête que les combats dans Planetary Annihilation se déroulent sur quatre niveaux : terre, mer, air et espace (orbite). La façon de jouer par rapport aux classiques du genre n’est pas forcément plus complexe mais elle est clairement différente.

2015-10-27_00005Mais concrètement, comment marche le jeu ? Eh bien, c’est relativement “simple”. Après avoir choisi un emplacement sur une planète, un commandeur est catapulté sur place. Il s’agit d’un robot imposant façon transformers qui peut construire les premiers bâtiments basiques du jeu. En plus d’être une unité centrale notamment pendant le early game, le commandeur – de la même façon que le roi aux échecs – est le cœur battant de votre armée. S’il meurt, vous avez tout simplement perdu la partie. Il va donc falloir protéger le commandeur par tous les moyens nécessaires si vous convoitez la victoire. Dans Planetary Annihilation, il y a seulement deux ressources à gérer : les métaux et l’énergie. Pour le métal, des extracteurs sont nécessaires sur des points spécifiques indiqués en vert sur la carte ; tandis que pour l’énergie, il suffit de construire des générateurs. Mais attention, devant cette apparente simplicité se cache une véritable leçon de gestion. La production des ressources n’est en effet qu’un aspect, il faut aussi les stocker (dans des bâtiments prévus à cet effet) sans quoi votre excédent de production sera bêtement perdu. Trouver le fragile équilibre entre la production, le stockage, les dépenses, afin d’être au top de son rendement, n’est pas chose aisée, et demande une constante attention de la part du joueur.

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Les bâtiments permettent la production de cinq types d’unités : terrestres, robotiques, aériennes, navales et orbitales. Chaque usine va débloquer des unités de construction qui pourront construire à leur tour les bâtiments basiques du jeu, mais pas seulement, puisque une unité va pouvoir bâtir l’évolution de son usine d’origine et ainsi débloquer des unités avancées. Vous suivez ?

En dehors des usines, il y a tout une palette de constructions défensives et de fortifications sous la forme de tourelles, canons et murs d’énergie. Pour ajouter encore plus de diversité, chaque tourelle est spécifique à un type d’ennemi, comme par exemple la tourelle antiaérienne. Le mur d’énergie, bien que très intéressant d’un point de vue tactique, peut s’avérer être très difficile à réaliser vu l’environnement 3D de la planète. En plus des nombreuses possibilités pour la défense, des édifices spéciaux – comme une porte des étoiles pour téléporter des unités (ah le très regretté Stargate !) -, des stations nucléaires et bien d’autres encore sont de la partie.

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Pour envahir une planète (ou lune), vous avez plusieurs approches possibles. Une invasion par transport orbital doit être précédée obligatoirement par un bombardement depuis l’espace sous peine de voir ses vaisseaux de transports être pulvérisés par des canons au sol et pleurer. Vous pouvez aussi tenter de construire une porte des étoiles, mais cela demande d’envoyer très rapidement une unité de construction sur la planète de votre ennemi pour établir la connexion entre les deux portes. En dehors des attaques « classiques », Planetary Annihilation propose aussi des stratégies un peu plus spéciales et amusantes. Une planète de fer peut être, par exemple, transformée en une étoile de la mort qui va exploser les planètes une par une. C’est Leia qui va pas être contente ! Une autre technique permet de construire une foreuse qui va faire exploser la planète, très pratique si vous êtes sur la défensive et que le commandeur adverse se trouve sur votre planète. Attention toutefois à vérifier que votre commandeur ne se trouve pas sur la planète, ça serait bête ! La troisième stratégie, que j’apprécie particulièrement, consiste à construire des réacteurs géants qui vont propulser la planète et l’écraser directement sur la planète ennemie. Les nombreuses possibilités rajoutent un petit plus que j’affectionne et qui font, à mon avis, tout le charme de Planetary Annihilation.

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Titans, nouvelles unités et multileveling

 

Titans 2Pour en revenir à cette édition Titans, le studio a fait du bon boulot en rajoutant pas moins de seize nouvelles unités dont les gigantesques Titans. Véritables machines à tuer, les Titans peuvent facilement changer le cours d’une bataille. Pour contrebalancer leur puissance monstrueuse, les Titans sont lents à produire et coûtent extrêmement cher. La diversité des unités de Planetary Annihilation Titans manquait au jeu de base et est donc plus que bienvenue.

Par la même occasion, le studio en a profité pour mettre plus en avant le côté orbital du jeu. Le multileveling du terrain, qui faisait cruellement défaut, est cette fois présent et ouvre la voie à de nouvelles tactiques défensives. Un nouveau mode Bounty fait également son apparition, un petit plus sympa pour le multi. L’interface a été légèrement revue et la navigation entre les planètes est maintenant un peu plus aisée. Grâce à ces petits ajouts et à un équilibrage de son gameplay, Planetary Annihilation Titans corrige de nombreux problèmes qui nuisaient àson aîné. Mais cette correction peut avoir un goût amer pour certains qui jugent que Titans est ce qu’aurait dû être Planetary Annihilation à sa sortie.

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Toutefois, même si le standalone améliore sur beaucoup de points le jeu de base, il en garde aussi parfois les mêmes défauts. Concrètement, le titre ne demande ni ruse ni inventivité, mais plutôt une efficacité et une attention à toute épreuve. Plus qu’un jeu de stratégie, Planetary Annihilation (Titans) se retrouve être, malgré lui, un jeu de gestion. Le jeu est clairement un macro RTS, contrairement à Starcraft qui se base plus sur de la micro gestion.

Au final, le titre de Uber Entertainement peut se résumer à du click and queue intensif qui encourage une stratégie très agressive et gâche, à mon goût, les nombreuses possibilités offertes par le jeu. La totale similarité des unités de l’ennemi – puisque il n’y a qu’une seule faction – est, je pense, l’un des gros défauts du jeu. Sans parler d’une toute nouvelle faction avec des nouvelles unités, les développeurs auraient pu, tout en gardant les même statistiques, au moins changer les skins et noms pour donner l’illusion d’avoir autre chose que les mêmes robots qui se tapent dessus sans raison.

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Un multijoueur solide mais difficile

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Le multi est le cœur de Planetary Annihilation Titans. Les joueurs online sont d’ailleurs souvent très bons et on assiste à de gigantesques batailles plus épiques que jamais. Je pense que le jeu serait parfait pour la scène e-sport vu comment certains joueurs sont impressionnants à regarder. La communauté est mature et assez sympathique quoique parfois impatiente avec les petits débutants. Les amateurs de challenge vont être ravis tandis que les débutants vont devoir apprendre à la dure pour espérer gagner une partie. Pour ma part, j’ai beaucoup plus apprécié de jouer en coop contre des bots en prenant mon temps et en explorant toutes les possibilités offertes par le jeu. Tout est une question de goûts, que ça soit de la compétition ou de la coopération, les deux sont possibles. Et comme tout bon RTS qui se respecte, un outil de création de map est également disponible.

 

Un look cartoon qui peut déplaire

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Planetary Annihilation Titans est graphiquement assez joli. Son univers est très coloré et présente une direction artistique très cartoon, similaire à Transformers, qui ne va évidemment pas plaire à tout le monde. Toutefois, le moteur fait bien le boulot et permet d’afficher des centaines d’unités sans ralentissement. Le cycle jour/nuit et les nombreux petits effets – comme voir les bâtiments et unités allumer leurs lumières pendant la nuit – sont un petit plus sympa.

Néanmoins, le jeu connaît quelques soucis d’optimisation et de stabilité sur certaines configurations. D’après ce que j’ai pu voir, le jeu pompe beaucoup plus les ressources du CPU (processeur) plutôt que du GPU (carte graphique), ce qui est plutôt curieux. Les bruitages sont bons et la musique epic orchestra correcte. J’aurais quand même préféré une bande-son un peu plus futuriste, à la manière d’un Mass Effect ou d’un Halo, histoire de coller un peu plus à l’ambiance.

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Planetary Annihilation Titans est finalement un bon jeu de stratégie, pas vraiment facile d’accès, et qui demande une certaine maîtrise pour vraiment se faire plaisir. Pour ce standalone, Uber Entertainement a corrigé de nombreux défauts du jeu de base et étoffé un peu plus le contenu. Le jeu propose un challenge corsé avec une part de gestion macroéconomique très importante. Même si Planetary Annihilation Titans peut parfois se résumer à du click and queue, les amoureux de stratégie sauront quand même apprécier les nombreuses possibilités et différentes tactiques pour annihiler son adversaire. Plus qu’un titre solo, le jeu est à réserver pour ceux qui aiment le multi compétitif ou en coop entre amis.

Planetary Annihilation Titans
Développé par Uber Entertainment
Edité par Uber Entertainment
Prix : 36 euros

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