Au bal masqué (la playlist super-héroique du Daily Mars)

Au bal masqué (la playlist super-héroique du Daily Mars)

Après la Warner au mois de mars et le studio Marvel il y a quelques semaines, c’est aujourd’hui au tour de Sony d’abattre sa carte cinématographique et super-héroïque maîtresse pour l’année 2016 avec X-Men: Apocalypse (dont vous pourrez retrouver la critique ici). Au Daily Mars, il n’en fallait pas beaucoup plus pour que les mélomanes que nous sommes se replongent avec délice dans les odes que nos troubadours modernes ont consacrées à ces nouvelles divinités de papier, de cases et de bulles. Alors sortez vos plus beaux costumes de la naphtaline et en route !

 

1°) Black Sabbath – Iron Man

Aussi étonnant que cela puisse paraître et malgré le fait que la chanson d’Ozzy Osbourne et sa bande date de 1970 (alors que Stan Lee et Jack Kirby ont créé le personnage de Tony Stark en 1963), Iron Man n’a aucun rapport avec le héros de bande dessinée du même titre… En effet, les paroles racontent, de manière plutôt allusive, une histoire de voyages dans le temps et de visions de fin du monde, à mi-chemin entre L’Armée des 12 singes et Le Jour où la Terre s’arrêta. En bon paradoxe temporel, le titre aura su faire son chemin jusque dans l’univers cinématographique Marvel, en figurant au générique de fin du film de Jon Favreau en 2008 (et dans Avengers, que Robert Downey Jr. traverse vêtu d’un t-shirt « Never Say Die » du plus bel effet). Ah, au fait, du point de vue musical, c’est surtout l’un des riffs de guitare les plus énormes de tous les temps (à ranger à côté de ceux de Smoke on the Water et d’Highway to Hell) ! À admirer ci-dessous dans son plus beau Scopitone seventies.

 

2°) Anthrax – I Am the Law

Quatrième membre du « Big Four », les Quatre Fantastiques du Thrash Metal (avec Metallica, Megadeth et Slayer) Anthrax signe avec I Am the Law l’une des meilleures adaptations de comic book de tous les temps, tous médias confondus. En 6 minutes, les Américains parviennent à saisir toute l’essence de Judge Dredd : son univers post-apocalyptique, son héros façon Dirty Harry sous stéroïdes et l’absurdité de son concept de justice ultra-expéditive poussé dans ses derniers retranchements. Un incontournable du groupe (et du genre).

 

3°) The Wings – Magneto and Titanium Man

En 1975, après avoir quitté les Beatles, Paul McCartney enregistrait une petite historiette dans laquelle il se faisait embobiner par une bande de super-vilains (Magneto, l’Homme de titanium et la Dynamo pourpre). Ou quand Stan Lee, le père des super-héros de l’âge d’argent rencontre l’un des quatre fantastiques papas de la pop music

 

4°) IAM – Marvel

Le goût des pseudonymes est peut-être ce qui rapproche les super-héros des rappeurs (et des catcheurs, avec qui ils partagent en plus une passion pour les déguisements). Sur un de leurs derniers disques (intéressant mais un peu terne), les hérauts de l’autre planète Mars lâchent une petite bombe ultra-référentielle, nourrie de leurs lectures de jeunesse – Strange en tête – avec en prime, une narration assurée par Benoît Allemane, la voix française de Morgan Freeman.

 

5°) Prince – Batdance

Alors que le kid de Minneapolis a cassé sa pipe il y a quelques semaines, ce n’est peut-être pas le meilleur hommage à lui rendre que d’exhumer ce titre… Même si c’est l’occasion de nous rappeler que le Batman de Tim Burton, aujourd’hui considéré comme l’une des meilleures adaptations de comics au cinéma, est un maelström invraisemblable empruntant au matériau d’origine à peu près autant qu’il ne le trahit. Et puis, rien que parce que ce disque aura donné l’une des scènes (et l’une des blagues) les plus drôles du film Shaun of the Dead

 

6°) Our Lady Peace – Superman’s Dead

Spoiler alert! Même si la figure de l’Homme d’acier n’est ici convoquée que comme une métaphore d’une époque révolue (celle où Superman ne pouvait pas mourir), c’est une bonne occasion pour se rappeler ce qui passait sur les chaînes musicales il y a (bientôt) vingt ans. Avertissement à tous nos lecteurs coulrophobes : cette vidéo contient de véritables morceaux de clowns effrayants comme la télévision savait les montrer dans les années 90.

 

7°) Ramones – Spiderman

Qu’il s’agisse d’une chanson de Tom Waits (comme I Don’t Wan’t to Grow Up) ou d’un générique de cartoon, tout ce que touchent les faux frères punk new-yorkais fini invariablement par ressembler à une chanson des Ramones… Cette chanson emblématique de l’Homme araignée (depuis le dessin animé de 1967) n’y fait pas exception.

 

8°) Anthrax – Superhero

Parce que quand on aime, on ne compte pas. Groupe super-héroïque à sa façon, Anthrax est parvenu à survivre (voire à renaître) sous différentes incarnations et dans différentes configurations… toujours emmenés – tels les X-Men – par un petit chauve : leur guitariste Scott Ian. Sous sa pochette dessinée par Alex Ross, l’album – enregistré dans leur ville de New York à la fin de l’année 2001 – porte par nature en lui les traces du 11 septembre et il est difficile de ne pas entendre dans cette chanson, un écho du travail de Straczynski et Romita Jr. dans The Amazing Spider-Man #36 (évoqué ici avec l’un des principaux intéressés).

 

9°) Queen – Flash

Pour finir sur une note un peu plus légère, rappelons-nous aussi qu’entre le Superman de Richard Donner et le Batman de Tim Burton, d’autres personnages de bande dessinée ont eu droit aux honneurs du grand écran… Survivance dégénérée du Dune d’Alejandro Jodorowsky (disséqué dans ces même pages par notre bon Docteur), échappée d’une autre Terre de notre multivers où Max Von Sydow aurait pris la place de Salvador Dali dans le rôle de l’empereur fou et où Queen aurait remplacé Pink Floyd à la musique – les univers parallèles sont décidément toujours aussi pleins de surprises – Flash Gordon reste un de ces plaisirs (de moins en moins) coupables sur les plans aussi bien musicaux que cinématographiques.

 
La liste est presque sans fin, de Sufjan Stevens (The Man of Metropolis Steals Our Hearts) à la Compagnie créole (« Superman / Spiderman / On peut s’envoler / en gardant les pieds sur terre […] au bal masqué ohé ohé »), les références aux super-héros dans la musique pop(ulaire) pullulent. Parce qu’avec les pulps et leurs descendants directs que sont les comic books, ces chansons partagent le même objectif et les mêmes contraintes. En quelques minutes, quelques pages ou quelques cases, ils doivent susciter notre intérêt, faire naître des images dans notre esprit, nous provoquer des émotions voire (gageure suprême) raconter une histoire.

Partager