Please Like Me, splendide découverte (Bilan de la saison 1)

Please Like Me, splendide découverte (Bilan de la saison 1)

Note de l'auteur

Josh (Josh Thomas), entouré de nourriture

Série australienne aperçue (et très bien reçue), à Séries Mania, Please Like Me raconte le quotidien de Josh (Josh Thomas), jeune garçon gauche qui découvre qu’il est homosexuel et dont la mère vient de faire une tentative de suicide. Ça aurait pu être un drame social plombant. C’est d’une infinie légèreté.

Josh vient de se faire larguer par sa petite amie dans une scène qui rappelle, dans sa dynamique, la scène d’ouverture de The Social Network. Le garçon parle de lui (qu’en gros, arrivant à 21 ans, il estime que jamais il ne sera plus aussi beau, ce qui le déprime). Il est embourbé dans un monologue sans fin qui semble lasser la fille en face de lui. Cette dernière décide de rompre. Le ton n’a rien à voir avec le texte d’Aaron Sorkin. Car si rupture il y a, le contenu est loin d’être similaire. « Notre couple est tombé dans la routine, et en plus, je crois que tu es gay. »

Boum. Comme ça. Josh a beau gentiment jeter au loin cette affirmation, tout laisse à penser que Claire, sa future-ex, a tout à fait raison. Cette rupture agit comme un déclic. Dans la foulée, Josh fait la rencontre de Geoffrey, jeune garçon athlétique qui tombe sous son charme. S’ensuivent un dîner assez étrange avec ses colocs, puis une scène absolument hilarante dans la chambre de Josh. Une scène qui vous apprend comment vous changer discrètement quand vous avez 12 mètres carrés à votre disposition et pas de paravent. Juste une porte.

Découvrir Josh, c’est découvrir son monde. Sa bienveillante ex Claire, jeune et jolie fille. Son meilleur ami Tom, cible des plaisanteries de Josh, qui voit en lui l’expression parfaite du manque de sex-appeal. La petite amie de ce dernier, l’insupportable (et hélas, seul personnage complètement stéréotypé) Niamh. Du côté de ses parents on va connaître sa dépressive de mère, Rose. Son père, Alan, éléphant dans un magasin de porcelaine, et sa nouvelle petite amie thaïlandaise, Mae (loin de tous clichés, celle-ci). Et sa grand-tante Peg, irascible bigote à tendance alcoolique.

Josh, c’est un croisement improbable entre Jacques Tati et Woody Allen. Un personnage qui bouge étrangement son corps dans l’espace, extrêmement verbal, qui a du mal à exprimer ses émotions de façon normale. Et ce même s’il est loin de ne rien ressentir.

Josh et sa mère, dans la cuisine. Et une tartelette portugaise

La grande réussite de cette série, c’est justement de ne jamais rendre le personnage de Josh antipathique. En deux-trois scènes (souvent quand Josh est seul), il nous révèle ses émotions, et nous fait comprendre que s’il n’est pas capable de s’ouvrir aux autres, il n’en reste pas moins profondément humain, touché par ce qui lui arrive.

Please Like Me, c’est une série d’une incroyable finesse, qui enchaîne les sujets casse-gueule avec une facilité déconcertante, réussissant en l’espace de deux scènes à vous faire pleurer plus vous faire rire aux éclats. Une série qui vous touche, tout simplement, quand deux personnages atteignent un moment de bonheur. Une série qui valorise les relations d’amitié sans jamais souligner les événements, avec une distance constante, une légère et douce ironie.

La mère et le père de Josh, divorcés. Josh, entre les deux

La série possède un lien fort avec la nourriture. Chaque épisode porte le titre d’un plat qui sera mangé dans les 26 minutes. Avec la danse aussi. La cuisine est la passion de Josh, la danse quelque chose qu’il adore. Sans aucun doute, le ton de la série doit beaucoup à la façon dont son héros est caractérisé. Il existe via ses passions, ses hobbys, qui ont rapport avec la convivialité et la fête. Malgré son naturel limite autiste, par moment, Josh est quelqu’un qui aime profondément les gens qui l’entourent. Il ne sait juste pas comment leur parler.

Du rire, il y en a foison, comme avec cette scène pré-citée, où Josh se change dans sa chambre. La scène chez le concessionnaire est aussi à mourir de rire. Quand son père, Alan, s’apprête à acheter une Porsche, tout le monde lui dit que c’est une connerie, qu’il est trop vieux pour acheter une voiture comme ça. Le vendeur de bagnole veut finaliser, et balance, en parlant de Mae, que les femmes n’y connaissent rien en voiture. Ce à quoi elle répond « I so sorry, I was momentarily distracted by my uterus! »

Des larmes aussi. Dans le premier épisode, d’abord, quand Josh prend dix secondes pour réaliser que sa mère est suicidaire et qu’il faut qu’il prenne soin d’elle. Puis dans les derniers épisodes, pas avares en moment dramatiques, assez inattendus. On a beau être dans une dramédie, on en est pas moins surpris.

La série, si elle parle avant tout d’amitié, parle aussi du couple. Tom et Josh sont tous les deux dans des relations qui ne les conviennent pas. Pour Josh, elle se termine dès le début de la saison. Pour Tom et son agaçante petite amie Niamh, on sent que c’est bientôt la fin. Le père de Josh est dans une autre période de cette situation de changement. Il n’est plus avec sa femme depuis longtemps, et est en couple avec Mae. Pourtant, l’affection est toujours présente, et il cherche continuellement à éviter de bouleverser son ex-femme.

A ce jour, 6 épisodes ont été produits, diffusés sur la chaîne australienne ABC2. De par sa liberté de forme, s’éloignant du traditionnel, la série fait un peu penser à Louie. C’est une série pleine d’humour et de cœur, qu’on vous conseille ardemment. Enfin… qu’on conseille ardemment à des diffuseurs français. Ça serait dommage de passer à côté de ce petit bijou d’humour et d’émotion.

Retrouvez notre interview exclusive de son producteur, Todd Abbott. Ici. Ou . Ou encore . Ou ici. Partout, en fait.

PLEASE LIKE ME, Saison 1 (ABC 2)

Créée par Josh Thomas

Produite par Todd Abbott

Ecrite par Josh Thomas et Liz Doran

Avec : Josh Thomas (Josh), Caitlin Stasey (Claire), Thomas Ward (Tom), Wade Briggs (Geoffrey), Nikita Leigh-Pritchard (Niamh), David Roberts (Alan), Debra Lawrance (Rose), Renee Lim (Mae), Judi Farr (Aunty Peg), Andrew S. Gilbert (Rod)

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