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Le point de non-retour dans les séries, épisode 1 (True Blood, Revolution, Sons of Anarchy)

Le point de non-retour dans les séries, épisode 1 (True Blood, Revolution, Sons of Anarchy)

Histoire de se détendre un peu entre deux gros dossiers, la rédaction du Daily Mars vous propose de revisiter avec elle, après 100 moments mémorables, des moments qui donnent envie de tout arrêter. Ce moment où l’on se dit « non, mais là, ça n’est plus possible ». On démarre les hostilités avec True Blood, Revolution et Sons of Anarchy. Un dossier imaginé par Marine Pérot, qui durera toute la semaine.

1. Andy et sa copine la fée en cloque

La série : True Blood

L’épisode : 5×12 – Save Yourself

par Marine Pérot

« I have no idea what’s happening, » dit Baby Jane. Tu m’étonnes, moi non plus.

Il fut un temps où True Blood était une très bonne série. Mais ça, c’était il y a un sacré bout de temps. Maintenant – et ça me fend le coeur de devoir le constater – True Blood n’est qu’une vaste supercherie. La saison 5 de la série remporte la palme du ridicule tant elle s’étouffe avec des storylines plus grotesques les unes que les autres : le délire religieux des vampires, les loups et les fées qui ne servent à rien, les Obamas… Bref, un monceau d’arcs narratifs des plus catastrophiques qui trouve son apogée dans le season finale autour du personnage d’Andy Bellefleur, le type qui cette saison aura mis en cloque une fée. True Blood a la fâcheuse tendance à vouloir développer des storylines autour de tous ces personnages, alors qu’ils ne le méritent pas tous et que ça ne sert strictement à rien, mis à part nous faire perdre notre temps.

Sur le billard du Merlotte, mademoiselle la fée accouche à coup de gémissements orgasmiques (bah oui on est dans True Blood, une fée ne peut donc pas accoucher en douleur comme tout le monde, il faut forcément qu’elle prenne son pied au passage) de non pas une mais quatre petites filles, qu’elle laisse ensuite sur les bras d’Andy. Une scène complètement ridicule,  inutile, et tellement absurde que j’en suis venu à me demander « mais qu’est-ce que je suis en train de regarder là ? » Lafayette essaye de sauver les meubles avec une réplique disant ce sont toujours les choses les plus étranges qui sont les meilleures. J’ai comme un doute là-dessus. A la limite, je peux admettre que certains puissent trouver la séquence vaguement drôle, mais c’est quand même globalement une grosse (mauvaise) blague. True Blood a beaucoup trop de personnages et beaucoup trop de storylines dont on se fout comme de la pluie. Bref, personne n’a demandé qu’on vienne en plus nous coller des quadruplés à moitié fée dans les pattes. Trop, c’est trop.

2. Aaron et sa flasque pare-balles

La série : Revolution

L’épisode :  1×06 – Sex & Drugs

par Nicolas Robert

« Seigneur : mais qu’il est bête, ce scénariste… » aurait été la bonne réplique.

Cette semaine, vous vous demandez peut-être si vous allez remettre le nez dans Revolution, puisque le show d’Eric Kripke fait son retour dans la grille de NBC. En lisant ce qui suit, il ne sera pas dit que vous ne le ferez pas en connaissance de cause…

Dans la fooooormidable saga des naufragés de la boîte à fusibles, Sex & Drugs, écrit par David Rambo, fait figure d’épisode-phare. En tout cas dans ce que la série peut parfois offrir de plus médiocre et de plus stupide. Alors que le groupe se dirige vers le quartier général de Sebastian Monroe, il est contraint de faire une halte chez une vieille connaissance de Miles, Drexel.

Problème : apparemment, avant que tout ne s’éteigne dans son salon, Drexel devait se coltiner des marathons Saw à s’en faire sécher la cervelle. Ce qu’il adore, ce sont les jeux macabres. Des jeux qui mettent en balance la survie et la morale, et sont censés générer une tension de malade.

Dans le dernier quart de l’épisode, Drexel propose à Aaron et Nora de laisser la vie sauve à l’un d’entre eux. A condition qu’il tue l’autre dans un duel au pistolet. A priori, il y a tout ce qu’il faut pour générer un moment dramatique fort. Surtout quand Aaron dit à Nora qu’il ne lui tirera pas dessus. Parce qu’il n’est pas fait pour survivre dans ce monde post black out; qu’il a été incapable de prendre soin de sa femme quand la nuit électrique s’est abattue sur la planète ; et parce que c’est logique, puisque Nora sait utiliser des explosifs, alors qu’Aaron est… un ex-cadre de chez Google. « Charles Darwin aime ça », comme on aurait pu le lire sur Facebook si ce monde avait encore l’ADSL.

En gros, ça part tout de même plutôt pas mal cette affaire.

Aaron décide alors de retourner l’arme contre lui. Pour se tirer dessus. Dans la poitrine. Pile au niveau du coeur. Tout le monde, autour de lui, est tétanisé (« Mon Dieu : se suicider… en se tirant une balle dans la poitrine ? Vraiment ? »).

Il tire, tombe. Drexel s’approche. Il se penche vers Aaron, qui ouvre les yeux et le descend. Dans une poche de sa veste, au niveau de son palpitant, il y a une flasque en fer qu’on a vu une paire de fois dans l’épisode. Et la flasque, en vente par paquets de 12 chez le Vieux Campeur, a bloqué la balle.

Oui, madame. La balle a été bloquée par un pauvre bout de fer.

Là-dessus, Drexel meurt. Aaron se relève et menace les hommes du défunt avec son pistolet. Il leur dit qu’il va leur tirer dessus s’ils les empêchent, Nora et lui, de partir. Plusieurs d’entre eux, qui l’entourent, sont armés d’un fusil… mais ils obtempèrent. Tranquillou.

Et après, on s’étonne que les gens se moquent de NBC… Je serai charitable : je ne vais rien rajouter. Et juste dire que c’est, d’assez loin, le twist le plus pourri de 2012. Vivement la suite: il sera difficile de faire mieux.

3. Jax et le coup des lettres

La série : Sons of Anarchy

L’épisode : toute la saison 4. Oui, toute la saison.

par Dominique Montay

John Teller > Guy Moquet

Petit rappel des faits : Sons of Anarchy parle d’un club de motards présidé par Clay Morrow. Son vice-président, Jax Teller, est le fils de l’ancien président, mort dans des conditions obscures.  John Teller, c’est son nom, a la fibre littéraire et aime beaucoup écrire sur tout et rien. Dans la première saison, Jax découvrait l’existence d’un pamphlet hyper long sur le thème « en vendant des armes aux dealers, on s’est peut-être éloignés de l’intérêt premier du club, c’est-à-dire conduire des motos ».

A la fin de la saison 3, Tara tombe sur des lettres, écrites par John Teller à son amante, Maureen Ashby. Dans ces lettres une accusation de poids: John Teller pense que Clay et sa femme Gemma vont le buter. C’est le début de la fascinante danse des lettres, qui va rythmer l’intégralité d’une saison 4 aussi passionnante qu’une conférence de statisticiens.

Tara a les lettres. Gemma veut les lettres. Tara n’a plus les lettres mais des feuilles blanches. Piney a les lettres. Unser a les lettres. Clay veut les lettres. Et pendant ce temps-là, Jax ne sait toujours pas que les lettres existent, et se retrouve dans la position du gros couillon qui ne sait rien.

« Personne ne me dit rien, je comprend que dalle, mais c’est super. LOL. »

Le problème, c’est qu’on se contrefout des lettres à la minute où on apprend que Tara, alors qu’elle a eu 14 mois pour en parler avec lui, n’en a jamais mentionné un mot à Jax. Ca révèle le déficit d’écriture concernant son personnage, censée être « avec Jax contre le reste du monde », mais qui est au final une utilité scénaristique.

La saison 4 révèle que la magnifique saison 2 de la série était un accident dans la progression de Sons of Anarchy, après une saison 3 pataude. Déjà, à ce moment-là, on aurait dû se demander si ça valait le coup de continuer. « Restons hyper longtemps à Charming sans rien faire pour retrouver le gamin de Jax, histoire qu’on se bouge le derche qu’à la mi-saison » était déjà un avertisseur assez visible.

« Ouais, alors en fait je suis hyper emmerdée, par ce que j’ai un truc dans mon tiroir qui peut arrêter la série. Alors bon, je vais rien faire, sinon Sutter va faire sa série avec son clown transsexuel sérial-killer. Ne me remerciez pas »

Toute cette histoire de lettres, chiante au possible, révèle aussi un procédé débile usé jusqu’à la corde dans la série : la dissimulation d’information. Si les personnages passent leur temps à se regarder dans le blanc des yeux en pleurnichant sur leur statut de hors-la-loi contrarié, paradoxalement, personne ne se passe les informations capitales.

Comme si, alors qu’un de vos proches est emmené à l’hopital, à la question « ça va? », vous répondiez juste « tu sais, la vie… c’est dur, mec, tu comprends? ». Hélas, ce n’est pas parce que tout votre corps vous dit qu’il faut arrêter tout, tout de suite, que ça peut vous empêcher de continuer. Après ce déluge de situations ennuyeuses et idiotes, j’ai bien enchaîné la saison 5 qui place la barre encore au-dessus.

Et il reste deux saisons. Bon courage à ceux qui continuent. Si vous revoyez des lettres, des pamphlets, des cartes postales ou des recettes de cuisine de John Teller, vous me faites signe !

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