Pour Jim (critique de All About Albert, de Nicole Holofcener)

Pour Jim (critique de All About Albert, de Nicole Holofcener)

Note de l'auteur

Enough Said
Difficile de savoir si Enough Said aurait trouvé autant d’attention (et une sortie dans les salles françaises) si James Gandolfini ne nous avait pas quittés au mois de juin dernier. Sans doute pas. Le film de Nicole Holofcener est typiquement le genre de truc que l’on découvre au hasard d’une VOD ou d’un visionnage TV. Une œuvre mineure dans la carrière d’un acteur qui n’a malheureusement pas eu le temps de nous montrer la véritable étendue de son jeu. Un petit film qui prend des allures testamentaires, alors qu’au final, il aurait parfaitement pu s’en passer.

Car en vérité James Gandolfini n’a pas le rôle principal, contrairement à ce que voudrait nous faire croire le titre ridiculement franglais All About Albert. Ce n’est pas l’histoire d’Albert, mais celle d’Eva (Julia Louis-Dreyfus), une masseuse divorcée et un peu paumée qui tente tant bien que mal de passer le cap de la cinquantaine. Ce n’est pas All About Albert, mais All About Eva, car c’est elle que l’on suit d’un bout à l’autre du film avec ses doutes, ses craintes et aussi sa fâcheuse tendance à se laisser marcher dessus.

Vous l’aurez compris, nous sommes dans la petite comédie sympathique dont l’attrait principal reste le casting. À ce niveau là, Julia Louis-Dreyfus rayonne et donne à son personnage une justesse telle qu’on ne peut que se prendre de sympathie pour ce petit bout de femme super volontaire. C’est limite la grande découverte du film et l’on se dit qu’on aimerait bien la voir un jour dans un rôle véritablement dramatique.

Enough Said 02De l’autre côté, James Gandolfini, de la même manière que sa collègue, joue aussi dans la discrétion. Oubliez Tony Soprano, Albert est une sorte de gros nounours au tempérament tranquille. Un type simple que l’acteur incarne comme il se doit, de la manière la plus simple possible, jusqu’à s’effacer totalement pour laisser à son personnage la liberté d’exister.

Finalement, le plus grand talent de Nicole Holofcener, c’est d’avoir réuni ces deux monstres sacrés du petit écran et d’en avoir fait un duo qui fonctionne parfaitement. On a envie que ça marche entre eux et c’est même ça qui nous fait tenir tout le long de la petite heure et demie que dure le film. Car Enough Said n’évite pas l’écueil du gros coup de mou une fois l’histoire lancée. Défaut inhérent des comédies de ce type qui se déroulent normalement sans que rien ne vienne vraiment troubler la torpeur dans laquelle le spectateur s’enfonce, certes volontiers.

Enough Said est un petit film discret à l’image de son casting, qui serait sans doute passé inaperçu si ce n’était pour ce Jim à qui il est dédié. Si c’est pour Jim, alors là, ça change tout.

 

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