Premiers prix de l’Association française des Critiques de Séries

Premiers prix de l’Association française des Critiques de Séries

<> on June 24, 2015 in Paris, France.Le 15 avril 2015 naissait l’Association des Critiques de Séries (A.C.S.), avec pour volonté première, de fédérer, dans un esprit d’indépendance, les journalistes spécialisés et offrir ainsi une structure pour une réflexion commune sur les séries et sa critique. Une mission pleine de promesses et dont certains membres du Daily Mars font partis parce qu’il est nécessaire, aujourd’hui, de promouvoir une réflexion sur un art devenu, au fil des ans, extrêmement visible.

Le premier geste de l’A.C.S., mercredi 24 juin, fut d’organiser une remise de prix récompensant la fiction française. Au Bistrot Le Mauzac à Paris, on célébra ainsi les séries françaises qui ont marqué la saison 2014 – 2015.

À travers les séries citées, les auteurs ou comédiens récompensés, se dessine aussi la volonté de primer une forme d’exigence quand elle apparaît dans les œuvres françaises. Un désir qui semble avoir été compris par la profession, Jean-François Boyer (producteur – Un Village français) : « Recevoir un prix ce soir, c’est beaucoup d’émotions mais c’est aussi un devoir d’exigence. C’est la première fois que des critiques de séries indépendants et intègres se réunissent entre eux, dans leur diversité, pour décerner un prix à la qualité du travail d’un producteur. Au-delà de la satisfaction, au-delà de l’émotion, c’est une vraie demande d’exigence pour notre maison de production mais aussi pour l’ensemble des producteurs français. Cela veut dire que si l’on essaie de produire des séries de qualité, on finit par être reconnus. »

Marc Herpoux

Marc Herpoux

Finalement, celui qui aura le mieux saisi l’idée derrière cette célébration comme celle de l’A.C.S. sera Marc Herpoux. Le co-auteur (avec Hervé Hadmar) des Témoins, avec la lucidité qui le caractérise, exprima l’intérêt de la critique Séries « Il faut ramener de la verticalité dans ce monde d’audimat. Aujourd’hui, à l’intérieur de l’industrie, ce qui se dégage comme vecteur de jugement c’est le nombre de personnes qui regardent. C’est bien mais cela n’est pas systématiquement ce vers quoi on doit se diriger. Comme en France nous n’avons pas la culture du câble comme aux États-Unis et comme nous n’avons pas la culture d’une télévision presque intelligente comme en Angleterre, il faut qu’il y ait des forces qui se mettent en place, qu’elles soient créatrices et qui disent que telle ou telle série est intéressante pour diverses raisons, autres que le public. Cela a été le cas pour le cinéma. Cela se fait aujourd’hui pour les séries et c’est très important. Et nous, en tant que créatifs, cette dimension critique nous aide aussi. Éventuellement cela peut aussi pousser les chaînes, je le sens avec France 2, à parler d’ « image ». D’un seul coup, le succès public ne fait pas tout. Il faut aller chercher une « image » et le regard que l’on porte sur leurs créations commence à leur importer. La reconnaissance de la critique permet aussi cela, de légitimer aussi cette dimension de l’ « image de la création ». Peut-être peuvent-elles se dire que si elles n’ont pas l’audimat, elles auront cette reconnaissance critique. C’est bien que la critique amène un autre regard que simplement celui des chiffres. »

Ce premier palmarès montre l’étendue d’une fiction française qui, si elle souffre toujours de la comparaison avec ses voisins européens ou américains, démontre une vitalité remarquable. Où l’on retrouve aussi bien des œuvres jeunes (P’tit Quinquin ; Les Témoins ; Le Bureau des légendes) que des séries plus installées (Engrenages ; Un Village français) ; du service publique, de la chaîne payante ; du genre, de l’actualité, de l’historique. C’est un large spectre dont on ne mesure peut-être pas la force autrement que lorsque ces séries sont réunies sous une même bannière.

Le palmarès pour la saison 2014/2015

Meilleure série : P’tit Quinquin (Arte)

Meilleur scénario : Anne Landois (Engrenages, Canal Plus)

Meilleur réalisation Bruno Dumont : (P’tit Quinquin, Arte)

Meilleure actrice Marie Dompnier : (Les Témoins, France 2)

Meilleur acteur Thierry Godard : (Un Village français, France 3)

Mathieu Kassovitz (Le Bureau des légendes, Canal Plus)

Meilleur producteur : Tetra Media (Un Village français, France 3)

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