#Preview Prey: Dark Side Of The Moon

#Preview Prey: Dark Side Of The Moon

Prey 2006Prey fait partie, comme Duke Nukem: Forever ou The Last Guardian des légendaires arlésiennes du jeu vidéo, le genre de titres qui met une dizaine d’années à se concrétiser (ou pas). À la fois classique et innovateur, le premier Prey débarquait sur nos machines en 2006 et prétendait sans problème à la couronne du meilleur FPS de l’année. Malgré toutes les qualités et son univers étonnant, Human Head Studios n’avait pas réussi à surfer sur le succès de son jeu. Une suite était pourtant bel et bien sur les rails, les premiers trailers promettant d’ailleurs beaucoup, trop peut-être ? Tout comme le premier opus, le développement de Prey 2 fut une longue agonie. Entre reports répétés et rumeurs d’annulation, cette fameuse suite finit par disparaître des radars en 2014 avec l’annulation définitive du titre.

Prey 2 annulé

Prey 7Mais surprise lors de l’E3 2016, Bethesda qui dispose depuis 2011 des droits sur la licence annonce un tout nouveau Prey. Plus un reboot qu’une suite, le jeu est cette fois-ci développé par Arkane Studios à Austin, Texas. Les premières vidéos étaient alléchantes, et c’est donc avec plaisir que nous avons accepté l’invitation de Bethesda pour voir de plus près ce que nous ont concocté les talentueux développeurs d’Arkane. Direction les locaux parisiens de l’éditeur où assis confortablement, j’ai enfin pu mettre la main sur Prey pendant environ deux heures.

Uchronie lunaire

Prey 9Pour commencer, ce nouveau Prey n’a visiblement rien à voir avec l’opus original de 2006 que ça soit d’un point de vue du scénario ou même du gameplay. Si nos péripéties se déroulent dans un futur proche en 2032, tout le passé de Prey est bâti sur une uchronie classique, mais efficace : et si l’assassinat de Kennedy en 1963 avait échoué ? À partir de cet événement, Arkane Studios a imaginé un univers alternatif où le plus célèbre président américain lance un programme spatial ambitieux, le projet Kletka. Les USA et l’URSS mettent leurs différends de côté pour se tourner ensemble vers les étoiles et la conquête de l’inconnu. En résulte un monde qui semble plus avancé technologiquement que le nôtre, puisque l’humanité a réussi à placer une énorme station orbitale autour de la Lune.

Prey 8

Ce centre de recherche se révèle être en réalité une prison pour une mystérieuse race alien, les Typhons, dans laquelle ils sont étudiés loin de notre planète bleue. Après la chute de l’URSS, les États-Unis restent les seuls maîtres à bord de la station, mais finissent également par abandonner le projet en 1998 suite à un incident avec les Typhons. Rachetée par la société privée Transtar, la station est rebaptisée Talos 1 et attire les scientifiques du monde entier. Sous la houlette de la puissante famille Yu, la TransStar Corporation continue l’étude des aliens et réalise d’énormes progrès en neuroscience. En s’inspirant de la physiologie des Typhons, la corporation high-tech a mis au point les NeuroMods qui permettent de changer l’architecture du cerveau et de transférer les capacités d’un individu à un autre (hello Matrix !). C’est bien, mais le joueur dans tout ça ?

Prey 5Vous êtes dans la peau de Morgan Yu, un (ou une) scientifique sur Terre prêt à rejoindre sous peu Talos 1. Après une introduction qui n’est pas sans rappeler les mythiques Half-Life, tout finit par s’accélérer et s’emballer pour un twist que je n’ai pas vu venir. Pour résumer et éviter un maximum les spoilers, ce qui semblait être depuis le début votre appartement sur Terre semble faire partie d’un laboratoire sur la station Talos 1. Où sommes-nous ? Qu’est-ce qui est réel ? Qui suis-je ? Autant de questions auxquelles Morgan et le joueur vont essayer tant bien que mal de répondre au fil de l’aventure. Très rapidement au vu des corps qui jonchent la station un peu partout, on comprend que Talos 1 est finalement tombée sous les coups des mystérieux Typhons. La première demie-heure du jeu pose une ambiance de folie, et si le scénario tient la route jusqu’à la fin, nous tenons là une pépite de science-fiction digne des plus grands classiques du cinéma.

Un gameplay maîtrisé

Prey 6Côté gameplay, le reboot de Prey reste bien sur un FPS. Mais à la manière d’un Deus Ex, de nombreux éléments de RPG viennent pimenter le tout. Nous retrouvons donc un arbre de talents ultra complet en relation directe avec l’utilisation du NeuroMod. Au fur et à mesure de notre progression, on pourra alors améliorer nos compétences dans des domaines divers et variés tels que la force physique, le piratage et bien d’autres encore. En addition des compétences dites classiques, le joueur aura la possibilité d’utiliser les pouvoirs aliens après les avoir discrètement observés à l’aide d’un psychoscope. En plus de ses mécaniques aux petits oignons, les développeurs n’ont pas eu peur d’inclure des éléments de survival-horror dans le jeu. La capacité qu’ont les Typhons à se fondre dans le décor met une pression constante sur le joueur, renforcé par un excellent sound design qui m’a immédiatement fait penser au terrifiant F.E.A.R.

Prey

Prey 10Survivre dans Talos 1 ne sera pas chose aisée. Le nombre de balles et de kits de soins est assez faible, ce qui force le joueur à la prudence avant d’engager les hostilités. Cette rareté met en avant un autre aspect de Prey, l’exploration et l’observation. Le loot est par conséquent primordial, puisque la plupart des objets, même inutiles comme des peaux de bananes, peuvent être recyclés afin d’obtenir des matières premières nécessaires au crafting de munitions,d’armes et de kits de soins. Outre le retour de la barre de vie (youhou !), le joueur devra également faire attention à sa barre d’endurance sous peine de se retrouver à bout de souffle au beau milieu d’un combat. Ayant fait la démo en mode normal, j’ai trouvé que la difficulté pour un FPS était très bonne, une fois n’est pas coutume, et offrait enfin du challenge au joueur aguerri que je suis.

Prey 2

Prey 11Techniquement solide, Prey est plutôt joli et propre sans toutefois être une vitrine technologique, à part peut être pour sa physique. Les graphismes qui tournent sur le moteur CryEngine sont soignés et mettent parfaitement en valeur une direction artistique ultra inspirée. Le design rétro-futuriste (ou art Néo-Déco) est de toute beauté et nous présente une vision du futur qu’on aurait pu avoir dans les années 60. La station Talos 1 rejoint ici la cité de Rapture dans Bioshock et se présente comme un personnage à part entière du jeu. On le savait déjà depuis Dishonored 2 (article ici), Arkane Studios maîtrise toujours ses univers et construit ses décors comme une entité vivante qui aurait évolué naturellement au fil du temps.

Prey 12

Conclusion

Que ça soit pour son background uchronique intéressant, ses mystérieux aliens ou ses mécaniques bien huilées, le nouveau titre d’Arkane Studios s’annonce déjà comme un must have. Au cours de ma session, beaucoup de jeux légendaires tels que System Shock 2, Deus Ex, Bioshock et même F.E.A.R. me sont venus à l’esprit. Mais s’il y a bien un titre pour lequel Prey se pose en héritier légitime, c’est sans aucun doute Half-Life. Plus que jamais, il règne avec ce nouveau Prey comme un doux parfum d’Half-Life 3.

Nous remercions pour leur invitation et leur accueil Bethesda et Minuit Douze. Et à bientôt maintenant pour le test du jeu !

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