Quand le manga célèbre le sport…

Quand le manga célèbre le sport…

Alors que les Jeux Olympiques de Sotchi battent leur plein, il me semble opportun de faire un petit tour d’horizon des nombreux mangas sportifs qui jalonnent l’histoire de la bande-dessinée japonaise. Allez, on chausse ses crampons !

 

Commençons par le sport maître, celui qui brasse des millions et qui ratatine les cerveaux, je veux bien évidemment parler du foot. Premier titre qui nous vient en tête et pionnier en son genre, Captain Tsubasa (aka Olive et Tom) de Yôichi Takahashi. Débarqué en 1981, l’album devient vite un hit et popularise ce sport au pays du soleil levant. Au sein de la Newteam, on suit Tsubasa Ôzora (Olivier Atton) aspirant à devenir champion du monde avec le Japon (c’est beau de rêver). On se souvient des terrains de foot de 25 km de long, des sprints balle au pied qui durent 3 tomes et des techniques spéciales dignes du Cirque du Soleil pour marquer des buts. Quand on était mômes, ça faisait rêver, mais ça, c’était avant… Fortes de ce succès, les copies ne tardent pas à pointer le bout de leurs nez et en 1991 sort Moero! Top Striker (L’école des Champions). Clone fauché de Captain Tsubasa, la série ne dépassera pas la cinquantaine d’épisodes. Finalement, si on doit en retenir un, ce sera Angel Voice de Takao Koyano, sorti en 2007. Ici, le foot devient une alternative à la violence. Plus réaliste, plus frontal et plus adulte, quand football ne rime pas avec $$$.

 

Autre sport collectif et fédérateur, qui a largement inspiré les mangakas, le basket. Et pour les amateurs, autant dire qu’il y a l’embarras du choix. En 1990, on découvre Slam Dunk de Takehiko Inoue, titre référence dans le genre mêlant idéalement sport et romance. Puis c’est I’ll (Asada Hiroyuki) qui débarque 5 ans après et ici, on assiste à une rencontre, au début d’une amitié autour du sport. Enfin, dernier gros titre en date, Kuroko’s Basket (2008) de Tadatoshi Fujimaki, met en scène de véritables prodiges sportifs appelés la «Génération des Miracles», un véritable renouveau du genre.

 

On continue avec un sport individuel, le tennis et deux titres très intéressants. Tout d’abord, Happy de Naoki Urasawa sorti en 1994, une série, qui au-delà du sport, met en scène une vraie tranche de vie. Pour rembourser la dette que son frère a contracté chez les yakuzas et afin d’échapper à la prostitution comme seule bouée de sauvetage, Miyuki entame une carrière de pro du tennis. Le mangaka comme d’habitude, fait des merveilles au niveau du récit.  Ensuite, en 2000, arrive Prince of Tennis de Takeshi Konomi mettant en scène la filiation sportive entre un père et un fils. Ici, c’est du shônen classique, plus le titre avance, plus les adversaires sont balèzes et chaque participant possède un coup spécial toujours plus hallucinant. Classique, certes, mais efficace.

 

Autre discipline sportive largement exploré par le manga : la boxe anglaise. Le sport de combat a inspiré trois grands titres de renom. Tout d’abord, en 1968, Ashita no Joe de Takamori et Chiba, totalement culte au Japon. Ce manga suit Joe Yabuki, petite frappe qui est prise sous l’aile d’un ancien boxeur alcoolique. Un sommet du genre ! Ensuite, débarque en 1977 Ring ni Kakero, premier succès de Masami Kurumada (Saint Seiya), un titre utilisant à fond les codes du nekketsu (courage, détermination, dépassement de soi). Et pour clore ce top 3 des champions du ring, impossible d’oublier Hjime no Ippo (1989) de George Morikawa. Une fois de plus, ici, la discipline permet au héros de s’élever et de reprendre sa vie en main en mettant son énergie au service du sport. Si vous aimez ça, allez-y les yeux fermés.

 

Toujours dans le sport de combat, on peut également citer Bamboo Blade,  un manga écrit par Masahiro Totsuka et illustré par Aguri Igarashi, qui fait la part belle au kendo. S’inscrivant dans la comédie, le titre met en scène des lycéennes aux caractères différents qui tentent de former une équipe de kendo. Sans être inoubliable, Bamboo Blade se lit sans déplaisir.

 

Très influencé par les États-Unis, le Japon a adopté deux de leurs sports nationaux à commencer par le football US. Le représentant en la matière s’appelle Eyeshield 21 de Inagaki et Murata. On le découvre en 2002 et on est rapidement charmé. Le ton est assez fun et l’enjeu plutôt prenant, même si là encore, on retrouve la structure dite du Level Up : plus on avance et plus ça devient balèze. L’autre discipline ricaine, devenue carrément sport national au Japon, c’est le baseball. Là encore, ça se bouscule : H2, Touch, Major ou Rookies… Les deux premiers titres mêlent une nouvelle fois romance et sport, le cocktail gagnant.

 

Alors que les Américains sont à l’origine de la crétinissime saga des Fast & Furious, les Japonais eux, nous offrent leur vision des sports mécaniques avec deux titres : Initial D (1995) et Capeta (2003). Je vous l’avoue, il faut être fan, mais les goûts et les couleurs… Enfin dernier carton en date au Japon, Free ou l’anime sur la natation. L’occasion pour Utsumi Hiroko d’offrir aux jeunes adolescentes en fleurs une équipe de natation constituée de bellâtres torses nus. Clairement, ici, la cible n’est pas les sportifs mais bien les groupies hystériques. Les temps changent…

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