Quelques conseils de lecture pour survivre à Halloween…

Quelques conseils de lecture pour survivre à Halloween…

Ce soir vont se multiplier les rites sataniques, les meurtres en série et les attaques de zombies… Voici donc 2/3 idées de titres qui pourraient vous être utiles afin de traverser ces heures sombres.

 

Pour commencer, quoi de mieux que l’esprit dark et torturé de lycéens fans de tueurs en série ?! Goth, un one-shot publié en 2006 aux éditions Senpai Pika, explore la psyché de Kamiyama et Morino, deux adolescents que tout oppose. Lui est un jeune homme très populaire, tandis qu’elle est complètement introvertie mais leur fascination commune pour la mort va les rapprocher. Tiré d’un bouquin d’épouvante intitulé Goth: Le coupeur de main, cette adaptation est le fruit de la collaboration de Otsuichi, l’auteur du livre en question et du dessinateur Ôiwa Kendi. Le graphisme n’est pas renversant mais colle bien aux besoins du genre, le trait semble hésitant, presque tremblant et parfois succinct, mais fonctionne. C’est lugubre, légèrement déviant, bref parfait pour réveiller le psychopathe qui sommeille en vous.

 

 

Dans la famille psycho killer, je demande Doubt de Yoshiki Tonogai, un titre en 4 tomes sorti en 2009 chez Ki-oon. Surfant sur la vague du médiocre Saw, l’auteur construit une histoire à tiroirs dans laquelle des ados se retrouvent prisonniers d’un hôpital désaffecté, victimes d’un jeu macabre. Ils possèdent tous un code-barre tatoué sur le corps, leur permettant d’ouvrir chacun une porte différente. Le loup est dans la bergerie, prêt à faire un carnage… Qui est-il ? Pourquoi fait-il cela ? Certains secrets font surface et la paranoïa s’installe. Le dessin est finn l’esthétique léchée et inspirée comme en témoignnte les énormes masques de têtes de lapins. So creepy ! Le titre ne brille pas par son originalité et abuse de twists inégaux mais n’est pas déplaisant à lire, l’ambiance étant son gros point fort.

 

 

On reste avec les lycéens, parce que c’est toujours plus fun de traquer, dézinguer et traumatiser de jeunes ados boutonneux ! L’invasion Highschool of the Dead a débarqué chez Pika en 2011. Le manga ne réinvente rien et emprunte un chemin ultra-balisé : des hordes de zombies, un groupe de survivants retranchés, de la tripaille et du Fan Service à base d’angles de vue coquins. L’opus aurait aussi bien pu s’intituler «De la lingerie et des armes» tant les auteurs, Daisuke et Shôji Satô, regorgent d’idées et de prétextes pour nous montrer des décolletés et des jupes légères tout en concassant du mort-vivant à tour de bras. Du manche de serpillière au pied de biche, du katana à la perceuse électrique, du pistolet à clous au Smith & Wesson, l’artillerie utilisée est aussi variée que délirante. C’est con, régressif mais assez jouissif.

 

 

Faisons un petit tour du côté des trois auteurs majeurs du manga d’épouvante. Junji Itô est l’un des maîtres de l’épouvante made in Japan, fortement inspiré par l’œuvre de Lovecraft. Je ne citerai qu’un titre (bien que d’autres valent le coup) : Tomie publié chez Tonkam à la fin des 80’s. Un vrai malaise résulte de la lecture de ce titre. Une jeune fille possédant un pouvoir de régénération pousse les gens à la tuer de manière atroce en leur faisant perdre la tête. Grâce à son pitch plutôt tordu et son graphisme si particulier, le manga est devenu culte. Junji Itô joue avec les contrastes, les visages des protagonistes sont déformés par la peur (leurs yeux exorbités sont particulièrement flippants), bref c’est juste glauque à souhait et ça fait plaisir.

 

 

 

 Autre grosse pointure: Kazuo Umezu avec l’incroyable L’école emportée. Le titre datant des années 70 est paru chez Glénat. Une école et tous ceux qui s’y trouvent disparaissent mystérieusement et se retrouvent dans un désert hostile. À partir de là, c’est chacun pour soi, pour les enfants mais surtout pour les adultes. Ces derniers complètement dépassés par la situation abandonnent leurs obligations vis-à-vis des jeunes et laissent libre cours à leur folie naissante. Les enfants vont alors devoir faire face aux événements par eux-mêmes et favoriser l’esprit de groupe pour survivre. Violent, cruel, intense, ce titre jamais égalé est sans concession. Le graphisme fourni et assez vintage est de toute beauté, rappelant un peu celui de Tezuka. Si vous n’aviez qu’un titre à choisir, ce serait ce classique indémodable!

 

 

 

Pour terminer, je citerai un titre qui n’est pas un manga mais un dictionnaire. Oui, oui, un dictionnaire ! Sorti en 2008 chez Pika (décidément branché horreur et épouvante), Yôkai : Dictionnaire des Monstres Japonais compile toutes les créatures peuplant le bestiaire du folklore traditionnel nippon. Un ouvrage que l’on doit à Shigeru Mizuki, un des fondateurs du manga d’horreur. Ultra complets et très instructifs, ces deux tomes invitent à se perdre au milieu des contes et légendes de monstres et autres fantômes. Un régal. La lecture idéale pour célébrer la nuit la plus terrifiante de l’année.

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