Les dragons de la cité rouge : le pouvoir des lézards

Les dragons de la cité rouge : le pouvoir des lézards

Note de l'auteur

Bienvenue dans un monde de dragons, de magie, de reine et d’amour perdu, le tout offert à la sauce francophone !

1508-cite-rouge_orgL’histoire : Alec Deeran est un mercenaire. Accompagné de son dragon, et d’une étrange succube à laquelle il s’est lié il y a des années de cela, il se retrouve mêlé à une histoire d’enlèvement : celui du fils de la reine de Redfelt, son ancienne maîtresse. Quand l’épée mystique Magoris, connue pour retenir en elle les âmes des dragons qui ont essayé de renverser le royaume, est demandée en rançon, l’affaire se corse quelque peu.

Mon avis : Erik Wietzel a d’abord pour lui d’être un auteur français, s’attaquant à un univers classique, plus souvent connu pour être un territoire anglo-saxon. Magicien, passage à l’âge adulte, enfance corrompue, dragons et peuples nomades… Une histoire de reine au fort caractère, mais aussi mère aimante, et d’un homme décidé à vivre seul, sur la route, un gitan qui éprouve pourtant des sentiments pour cette dernière.

Alors, le scénario est effectivement assez téléphoné. Mais certaines apparitions sont pourtant assez intéressantes, comme la succube, Shen Sey, qui accompagne notre héros. Certes, elle est agaçante, dans ce rôle de « fais-moi l’amour » « j’ai pas envie » « t’as pas le choix » « alors ok ». Mais c’est un personnage secondaire assez mystérieux, et intrigant, avec ses failles et un rôle nuancé, ni bonne ni mauvaise. Autre défaut, peut-être, les facilités romanesques, de qui tombe amoureux de qui. Ce qui est fait dans le choix de narrer un récit relativement court et classique. Ça se bastonne dans tous les sens, lancer de couteaux ou de jeux de flammes, trahison et amour, cruauté et quête…

Car oui, on passe d’un personnage à un autre, d’une quête dans une quête, de rebondissement en rebondissement. L’univers reste assez peu expliqué. Au détour d’une phrase, nous pouvons comprendre les relations de Redfelt avec ses voisins, l’art d’une magie ou d’un peuple nomade. Mais cela signifie aussi que c’est assez simplifié, et on manque un peu de relief. On dirait une nouvelle, extraite d’un récit plus vaste, hanté de contes et de légendes. Ou plutôt une esquisse, d’un univers bien plus grand. Bref, une mise en bouche, agréable et rapide à lire, mais qui manque peut-être de champs.

Erik Wietzel.

Erik Wietzel.

Si vous aimez : Les Chroniques de la guerre de Lodoss, ou Le Donjon de Naheulbeuk version sérieuse.

Autour du livre : L’ouvrage donne tellement d’actions qu’il en devient assez visuel… et donc a été adapté en bande dessinée, avec au scénario Nicolas Jarry, au dessin David Jouvent, et aux couleurs Cyril Vincent. Nous en parlerons d’ailleurs mardi !

Extrait : « Alec comptait achever sa tâche au plus vite : il lui tardait de toucher sa prime et de s’accorder un peu de répit chez lui, à des centaines de lieues de là.
Il sortit sa tête de sa cache. L’un des fugitifs était à découvert, sa silhouette courbée se découpant dans la pénombre. Dans le visage aux traits enténébrés brasillaient des yeux d’un rouge intense. Une arbalète pendait à son bras ; elle n’était pas armée. Alors que le fugitif relevait la tête pour hurler à la mort, Alec se dégagea d’un bond de sa cache et lança un couteau qui se ficha dans la gorge du monstre. Le hurlement stoppa net. L’homme s’écroula et sa chute donna le signal à ses deux acolytes : ils jaillirent de l’ombre et se ruèrent vers Alec.
Un coup de coude cueillit le premier au menton. De son autre main Alec plongea une dague dans le thorax de son assaillant. Il eut tout juste le temps de l’en retirer que le second homme arrivait sur lui. »

Sortie : 28 août 2015, éditions Milady, 384 pages, 8,20 euros.

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