Re-Anime: Berserk – Golden Age Trilogy (de Toshiyuki Kubooka)

Re-Anime: Berserk – Golden Age Trilogy (de Toshiyuki Kubooka)

Note de l'auteur

e6d87c8d4cb5f18735f2c2ead4290fc71345722439_fullAttention, œuvre à réserver à un public averti!!! Vous êtes prévenus, ça risque de tâcher… Voilà l’une des œuvres fondatrices de la Dark Fantasy dans le manga. Aux côtés de Bastard! (autre titre-phare du genre), Berserk est une véritable machine de guerre qui ne cherche pas à faire dans la dentelle. Je vous l’annonce, pour le «Re-Anime» d’aujourd’hui, j’ai puisé mon inspiration dans le sang et les larmes.

 

Originairement, Berserk est un manga de Kentaro Miura, débuté en 1989. Comptant à l’heure actuelle 36 tomes parus en France, chez Glénat, le titre n’est toujours pas terminé au Japon. Dès 1997, Berserk se voit adapté en série animée et elle est confiée au studio OLM (Oriental Light & Magic) qui, paradoxalement est plus connu pour ces diverses adaptations de Pokemon (film et anime), que pour le seinen viril et couillu. D’ailleurs, à la réalisation, on trouvait Naohito Takahashi qui lui aussi, a pas mal bossé sur la bande à Pikachu. Choix surprenant et pourtant payant, puisque l’anime Berserk, même s’il s’éloigne du manga, reste de très bonne qualité. Il tire sa révérence un an plus tard, en 1998, au bout de 25 épisodes qui ne connaîtront pas de suite, en raison d’une parution très lente du titre sur papier. Car oui, Kentaro Miura est un perfectionniste et aime prendre son temps pour rendre ses travaux à la maison d’édition, du coup on peut attendre plusieurs années avant de pouvoir lire un nouveau tome. A croire que tous les titres du genre (Berserk, Bastard!, Übel Blatt ou encore The Arms Peddler) sont touchés par une même malédiction: voir leurs publications ralentir au point de ne jamais connaître de fin. A force de prendre son mal en patience, on finit par ne plus y croire… Mais bon, cela est une autre histoire.

 

Revenons-en à Berserk et sa trilogie de l’âge d’or… du sang et des larmes. Dans un monde médiéval, Guts (avec un tel prénom, il vaut mieux en avoir…), un jeune homme solitaire et renfermé mais également un combattant violent et redoutable, armé d’une épée sur-dimensionnée, rejoint la Troupe du Faucon menée par l’énigmatique et fascinant Griffith, tacticien de génie. Ils forment un groupe de mercenaires à la solde du royaume de Midland. Les deux hommes nourrissent une admiration mutuelle et entament une amitié ambiguë. Assurément, le personnage de Griffith, avec sa chevelure argentée et son teint diaphane est le plus hypnotique et celui qui suscite le plus d’intérêt. D’ailleurs, son évolution au cours des trois films est la plus spectaculaire et inattendue. De manière générale, la trilogie va crescendo aussi bien dans la noirceur, que dans la violence et dans le fantastique. La première partie, L’œuf du Roi Conquérant introduit l’univers et établit les bases de la relation Guts/Griffith, avec une immersion totale et parfaitement amené. Les néophytes n’auront pas de mal à comprendre ce qu’il se passe. La seconde, La Bataille pour Doldrey, voit l’ascension de la Troupe du Faucon et opère une bascule vers la très éprouvante troisième partie, Descent, qui se concentre sur Griffith et le sacrifice de l’Éclipse. Si globalement la trilogie est noire et violente, cette dernière partie est particulièrement rude, une véritable descente aux enfers, un long cauchemar éveillé qui risque de rester imprimé dans votre rétine.

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Alors oui, les fans du manga de la première heure trouveront bien des choses à reprocher à cette Golden Age Trilogy mais force est de constater qu’elle possède d’indéniables qualités, à commencer par sa vision sans concession d’un monde ultra-violent. A ce niveau-là, elle se rapproche du manga, qui n’hésite pas à aborder et montrer des viols ou des infanticides. Autre point positif, le respect des personnages qui conservent toutes leurs saveurs et leur complexité. Concernant l’aspect technique et artistique, c’est réellement impressionnant. Le graphisme est soigné et beau quand à l’animation, elle est fluide est offre quelques séquences complètement hallucinantes. Le studio 4°C à qui l’on doit le génial Amer Beton ou certains segments inoubliables des OAV Animatrix et Batman: Gotham Knight, propose une vision d’envergure et ambitieuse, pleine du fureur et de passion dans laquelle l’homme lutte contre le monstre qui sommeille en lui. Beau et sombre, violent et dérangeant, Berserk: L’Âge d’Or est une œuvre qui tranche par ses choix artistiques et qui vous laisse sur le cul. La claque!

Berserk – Golden Age Trilogy de Toshiyuki Kubooka (2012) – 4°C

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