Re-Anime: Dead Leaves (de Hiroyuki Imaishi)

Re-Anime: Dead Leaves (de Hiroyuki Imaishi)

Note de l'auteur

Dead_Leaves_coverÇa faisait un bail que je voulais lui consacrer un Re-Anime mais comment rendre compte d’un tel OVNI animé?! Comment exprimer, en utilisant uniquement des mots, la puissance d’une œuvre purement graphique?! Peut-être avec des onomatopées…? WAHOO! BOOM! VLAN! AOUCH! Ouais, pas bien convaincant… Bon et puis merde, je me lance!

 

Sorti en 2004 et réalisé par le définitivement très barré Hiroyuki Imaishi (Kill la Kill), Dead Leaves est un petit film de 50 minutes. Petit par sa durée oui, mais certainement pas par son envergure créative. Je l’avais déjà évoqué dans le Top 5 des animes les plus «WTF» où il trône fièrement en première place et à juste titre. Dead Leaves est un véritable concentré de nawak, de la SF punk, sous coke et défoncé au LSD et aux stéroïdes. Un trip de 50 minutes mais qui va à 1000km/h et qui se colle au fond de votre rétine pour ne plus vous lâcher. Une défonce express en mode wasabi! Agressif, vulgaire, hystérique, trashy, arty, épileptique, on ne manque pas de mots pour le qualifier. Dead Leaves propose une expérience de graphisme et d’animation frénétique, complexe et ultra-stylisée. En véritable cousin animé du street art et du graff, le film fait partie de ce qu’on a pu voir de plus inventif, créatif et osé dans l’animation japonaise ces 15 dernières années.

 

Un petit coup d’œil à l’histoire tout de même, bien qu’elle serve plus de faire-valoir aux délires visuels. Une jeune femme Pandy et Retro, un homme/téléviseur, se réveille sur Terre sans aucun souvenir. Après une improbable et hallucinante cavale, ils se font coincer par la police avec en prime, un aller-simple pour la prison lunaire Dead Leaves. Ils se retrouvent alors intégralement pris en charge par des machines que se soit pour faire entrer de la nourriture comme pour la faire ressortir… Non, Dead Leaves n’est pas embarrassé par son côté régressif et crétin, il l’embrasse avec fougue et l’affiche à coup de punch-lines et de prises de vue improbables. En dehors des machines, Pandy et Retro côtoient des codétenus plus louches, vilains et pervers les uns que les autres. Malgré tout, ils vont s’unir pour s’évader et enchaîner des scènes toujours plus «over the top». La dernière demi-heure joue la surenchère graphique et l’animation nous offre quelques scènes de fight juste hallucinantes.

 

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Hiroyuki Imaishi fait preuve d’une totale liberté d’expression dans son animation, changeant constamment le format de l’image, usant de couleurs flashy et agressives, optant pour des cadrages aux perspectives improbables ou amplifiées. On ne s’étonne d’ailleurs plus de le retrouver aux commandes de truc complètement taré et bordélique. A son compteur, il aligne quelques titres qui ne déméritent pas en terme de folie. FLCL, Abenobashi, He’s My Master, Gurren Lagann, Redline (Re-Anime ici) ou encore Kill la Kill, autant de projets à la fois fous, débiles et totalement géniaux sur lesquels Imaishi a bossé. Dès qu’un anime complètement hystérique débarque, il est dans les parages. C’est ici sa première réalisation et avec elle, il a mis un grand coup de pied dans le monde parfois un peu trop uniformisé de l’animation nippone afin d’accoucher d’une œuvre à la singularité hors-norme.

 

Bon, voilà, j’aurai fait ce que j’ai pu pour tenter d’exprimer un trip essentiellement sensoriel. Dead Leaves se vit comme un shoot d’adrénaline, comme un high-kick dans la gueule, comme une jouissance primaire, du plaisir à l’état brut.

 

 

 

Dead Leaves de Hiroyuki Imaishi (2004) – Production I.G

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