Re-Anime: Expelled from Paradise (de Seiji Mizushima)

Re-Anime: Expelled from Paradise (de Seiji Mizushima)

Note de l'auteur

Du mecha, du Shoot’em Up bien méchant, de l’intelligence artificielle et une animation de taré… Aujourd’hui, je m’attaque à Expelled from Paradise, une anime produit par la Tôei et sorti en 2014. Une sorte de trip SF sous stéroïdes et sur fond de techno, conduit par un duo attachant. Le Re-Anime du jour ne fait pas franchement dans la dentelle et putain, c’est bon !

 

La Terre est devenu tellement invivable que 90% de l’humanité vit sous forme d’êtres digitalisés, dans une réalité virtuelle appelée DEVA. Alors que les systèmes de DEVA ont été piratés à de nombreuses reprises par un hacker du nom de Frontier Setter, les autorités décident d’envoyer Angela Balzac, un des agents du système, sur Terre pour le débusquer. Une fois là-bas, elle fait la connaissance de son guide, Dingo, un des rares humains encore sur la planète. Dans ce monde essentiellement composé de désert, Angela se retrouve confrontée aux limites physiques. La traque pour trouver et anéantir Frontier Setter débute alors, mais ce qu’ils vont trouver est bien différent de ce à quoi ils s’attendaient. Seiji Mizushima, qui a travaillé sur Shaman King, Fullmetal Alchemist ou encore Mobile Suit Gundam 00, mélange réalité virtuelle, robotique et intelligence artificielle pour mieux nous parler… d’humanité. Derrière l’acier et les gunfight complètement hallucinants, se cache un plaidoyer pour la sauvegarde et la transmission de la pensée et du savoir des hommes.

 

Les personnages même s’ils répondent à quelques archétypes, n’en sont pas moins sympathiques. Enfin, celui d’Angela, croisement tout en formes et en courbes, entre l’idole Atsune Miku et Asuka de Evangelion, agace par moment mais la coolitude de Bingo rattrape le tir. Sorte de cowboy solitaire, lointain cousin de Spike dans Cowboy Bebop, il incarne la figure quasi paternel qui offre un contrepoids au caractère parfois capricieux et enfantin de la jeune femme. Autre bon point, une fois dedans, le récit est limpide et ne tombe pas dans l’ambiguïté scénaristique gratuite qui fait défaut à tant d’animes. Pas de trip trop mystique et métaphysique à deux sous ou encore de final ouvert et alambiqué, Expelled from Paradise ne tente pas de se faire passer pour autre chose qu’un bon film SF plutôt bourrin par moment, avec un message universel et plein d’espoir. Si le film n’a pas vraiment de prétention sur le fond, on peut clairement dire qu’il en a un peu plus sur la forme.

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Avec son mix 2D/3D parfaitement réussi, Expelled from Paradise offre la première expérience en Full Cell-CGI et brille par ses qualités techniques assez incroyables. C’est qu’il aura fallu au film 5 ans de gestation pour voir le jour. Le design général est inspiré et celui des mechas particulièrement réussi. Tout en rondeur, ils parviennent à sortir leur épingle du jeu en offrant un design très travaillé et plutôt original. De son côté, l’animation fait des merveilles et offre une parfaite fluidité. Les scènes de baston, notamment la dernière, sont ahurissantes et renvoient Michael Bay et ses jouets robotisés à l’âge de pierre. Ça va à 1000km/h, le cadrage et les mouvements de caméra se veulent toujours plus extrêmes et on en prend plein les dents. Si le film souffre de petites longueurs en son milieu, la scène finale lâche les chevaux qu’elle a sous le capot et balance un truc épileptique complètement dément et pourtant lisible dans son déroulement. Éprouvant, voir surfait pour certains, la prouesse technique et le frisson procuré par un tel niveau d’animation sont quand-même là. J’ai envie de dire: « Avis aux amateurs ! ».

 

Expelled from Paradise de Seiji Mizushima (2014) – Tôei Animation

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