Re-Anime: Le Roi des Ronces (de Kazuyoshi Katayama)

Re-Anime: Le Roi des Ronces (de Kazuyoshi Katayama)

Note de l'auteur

Le-Roi-des-roncesAu menu du «Re-Anime» d’aujourd’hui: une épidémie virale, un centre cryogénique, une pincée de Sphère de B. Levinson, un soupçon de Cube de V. Natali, un peu de jeu-vidéo… et La Belle aux Bois Dormant. Alors oui, c’est assez copieux, ça reste légèrement sur l’estomac mais le mélange des saveurs est vraiment intéressant. Tout le monde est là ? Bon, alors passons à table !

 

L’humanité est à nouveau en proie à un virus mortel, appelé «Médusa», qui transforme les contaminés en pierre et rien ne semble pouvoir l’arrêter. Une grande compagnie privée aux motivations plutôt troubles, propose une solution : placer les malades en sommeil cryogénique afin de les réveiller une fois que le virus sera maîtrisé et le remède, trouvé. Petit détail : seuls 160 personnes auront droit à leur place et seront tirées au sort dans le cadre d’une loterie à l’échelle planétaire. Shizuku et Kasumi sont deux jumelles orphelines, atteintes du virus Médusa mais malheureusement, seule l’une d’entre elles a été choisie pour participer à l’expérience. Le sommeil cryogénique doit durer cent ans mais lorsque Shizuku et les 159 autres patients se réveillent, d’énormes ronces ont envahi la pièce et d’étranges bestioles les attaquent. C’est l’hécatombe. Combien de temps ont-ils réellement dormi ? Où est le personnel en charge ? D’où sortent ces méchantes bébêtes et surtout pourquoi le bâtiment est-il traversé par ces énormes ronces ? Ça en fait des questions… Le Roi des Ronces est l’adaptation du manga éponyme de Yûji Iwahara (Dimension W) sorti en 2002 au Japon et édité par l’éditeur Soleil, en France. Se classant clairement dans le genre seinen, le titre est ouvertement violent, sans tomber dans la gratuité, et s’épanouit dans un scénario tortueux.

 

roi-des-ronces-extrait-filmLe film conserve l’intrigue assez alambiquée de son modèle et nous plonge dans un récit SF assez troublant même s’il ne convainc pas complètement. Au réveil des 160 élus, le spectateur en est exactement au même point qu’eux. Il ne sait rien de ce qui s’est passé et tente de trouver des réponses. Très vite, les infectés, fraîchement réveillés, passent de 160 à une poignée de survivants et c’est alors que les personnalités de chacun se révèlent. Ne faisant aucune incursion à l’extérieur du complexe cryogénique, Kazuyoshi Katayama opte pour un huit-clos. On ne peut alors que penser au film Cube avec de réels effets miroirs. Le paranoïa s’immisce et le groupe de survivants commence à se déchirer. Plus l’intrigue avance et plus elle s’obscurcit et même si le spectateur se retrouve parfois légèrement paumé, il reste accroché, bien décidé à découvrir le mot de la fin. Le film semble également lorgner du côté d’un autre blockbuster, Sphère, qui dans un scénario assez bancal, mettait en scène la matérialisation des pires cauchemars de Sharon Stone et Dustin Hoffman. Bien évidemment, je me garderai bien de vous dévoiler les tenants et aboutissants du récit mais les ressemblances sont multiples. En limitant considérablement le nombre des personnages, le réalisateur a le loisir de se concentrer sur ceux qui restent. Alors, très clairement, on n’évite pas les poncifs du genre avec des archétypes tels que le bad boy, le flic, le scientifique, le petit jeune… Mais presque tous ont droit à leur moment de gloire et ils ont suffisamment de reliefs pour que l’on s’intéresse à leur sort. On pensera ce qu’on veut de la fin, avec son incroyable twist et son côté un peu «over the top» mais au moins, c’est clair, Le Roi des Ronces ne fait pas dans la demi-mesure.

 

D’un point de vue technique, le dessin est propre mais sans réelle valeur ajoutée. Quant à l’animation, elle est dans l’ensemble de très bonne facture. Cependant, on pourrait reprocher l’utilisation un peu trop systématique de CGI, pas toujours bien intégré aux dessins traditionnels. Au final, on se retrouve avec un film intéressant, avec de vraies bonnes idées mais qui a tendance à se perdre un peu dans un récit pas toujours clair. À défaut d’être la bombe attendue, Le Roi des Ronces et une petite grenade au charme incontestable.

 

 

Le Roi des Ronces de Kazuyoshi Katayama (2010) – Sunrise

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