Re-Anime: Redline (de Takeshi Koike)

Re-Anime: Redline (de Takeshi Koike)

Note de l'auteur

redline_2Ultra-stylisé, agressif, speed, très fun mais manquant un peu de matière, voilà comment qualifier le film d’animation Redline. Produit par le génial studio Madhouse, Redline fonce tête baissée dans son sujet, à savoir les courses automobile, mais en oublie quelque peu de construire autour de sa thématique. Cependant, ça n’empêche pas le film d’être furieusement funky. Bouclez vos ceintures, on va faire un tour!

 

L’homme derrière ce trip visuel allant à 1000km/h n’est autre que Takeshi Koike, réalisateur de la fameuse séquence animée du Kill Bill de Tarantino et d’une portion du trop vite oublié, omnibus Animatrix. L’histoire est plutôt simple: dans un futur lointain, JP et d’autres coureurs automobile s’affrontent lors de courses clandestines, afin d’être sélectionnés et de remporter la finale appelée Redline. Cette course à lieu tout les cinq ans mais lors de cette édition, le petit problème c’est qu’elle à lieu sur Roboworld et que ce n’est pas du tout au goût de ses dirigeants qui n’hésitent pas à envoyer l’armée pendant la courses pour empêcher par tous le moyens possibles et imaginables, les coureurs de la terminer, quitte à utiliser un méga-rayon-de-la-mort-qui-tue, situé en orbite autour de la planète. Rassurez-vous, sur ce postulat de base, rien ne se prend vraiment au sérieux. Tous les coups sont permis, de part et d’autre et entre les concurrents eux-même. Les engins sont des monstres de mécanique, suréquipés et bourrés d’armes. Pour synthétiser, Redline est un grand rollercoaster, sorte d’hybridation de la course de Pod de Star Wars en mode Wacky Races (Les Fous du Volant) sous LSD.

 

redline_hd03Le dessin très stylisé avec ses traits épais, ses couleurs criardes et ses contrastes très appuyés, rappelle un autre anime totalement «what the fuck», le méconnu Dead Leaves. L’effet de vitesse est parfaitement rendu grâce aux perspectives qui s’étirent à l’infini et autres distorsions visuelles hallucinantes. On sent d’ailleurs que le trip (très) visuel prime clairement sur le fond. C’est qu’il aura quand-même fallu sept longues années de développement pour que Redline voit le jour et d’un point de vue de l’animation et des techniques utilisée, ça se ressent! Le travail effectué est colossal et le résultat, jouissif! Par contre, si vous voulez du scénario construit avec des personnages fouillés, c’est la porte à côté! Ici, on ne s’embarrasse pas trop de fioritures scénaristiques, de même pour les personnages, qui sont réduits au stricte minimum. Point de réflexion poussée ou de questionnement existentiel , on est juste là pour s’en mettre plein la gueule.

 

Ça va vite, très vite et ça se termine dans une apothéose de nawak intergalactique comme vous en avez rarement vu! Malgré l’overdose qui guette, on en redemanderait presque… Redline fait partie de ces objets filmiques qu’on appréhende comme une œuvre dans une expo. On y trouve la signification qu’on veut, si tant est qu’il y en ait une. Pour ma part, Redline est objet, certes un peu vide, mais qui a une gueule incroyable. Le dessin a rarement été aussi animé, stylisé, partagé entre une explosion de couleurs et des noirs profonds. Une réussite esthétique totale! Takeshi Koike repousse constamment les limites pour atteindre une animation fluide, des cadrages incroyables et globalement une réalisation innovante et pour le moins inspirée. D’ailleurs, le film a été projeté hors-compétition, au Festival d’Annecy en 2010 et s’est vu récompensé de la Mention Spéciale du Jury ainsi que du prix Syfy du public, lors des Utopiales de la même année.

 

Certains crieront à l’escroquerie, d’autres appelleront ça de l’esbroufe… Personnellement, j’y vois une recherche graphique, une expérimentation pour l’amour de l’animation pure, un torrent ininterrompu d’images incroyables qui vient se coller au fond de la rétine. Redline a quelque chose de primaire, d’instantané et bien que le film valorise la forme au détriment du fond, honnêtement, le tour de circuit vaut largement la peine d’être vécu.

 

 

Redline de Takeshi Koike (2010) – Madhouse. Disponible en DVD et Blu-Ray chez Kazé.

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