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#Recap : Retour au noyau familial (X-Files S11, ép. 5, 6 et 8 / Fox / M6)

#Recap : Retour au noyau familial (X-Files S11, ép. 5, 6 et 8 / Fox / M6)

Note de l'auteur

M6 diffuse ce soir une deuxième salve de trois épisodes de la 11e saison de X-Files. Comme la semaine dernière, l’intérêt vient surtout de la trinité Scully-Mulder-William. Pour le reste, ce sera illusions, vétérans du Vietnam et sorcières en pagaille. Du déjà-vu chez Chris Carter.

(c) Shane Harvey/FOX

M6 a choisi de ne pas diffuser les épisodes de la 11e saison dans l’ordre. Ce samedi, la chaîne française diffuse ainsi les épisodes 5, 6 et 8. M6 a privilégié la logique narrative : un épisode mettant en scène William, suivi de deux « stand-alone » de type « Monster of the week ». Tout comme les épisodes 1 à 3 diffusés samedi dernier.

Les épisodes 5, 6 et 8 ont toutefois un point commun : l’importance accordée à la vidéo. Dans le 5, Mulder et Scully ont la preuve que, sous l’apparence du vieil homme d’origine asiatique, il s’agissait bien de William, grâce à la vidéosurveillance de la station-service. Dans le 6, des caméras dans la forêt captent le tueur – et Skinner – sur les lieux du crime. Et dans le 8, un personnage (plutôt inquiétant) de programme télé pour enfants paraît tuer de jeunes téléspectateurs. Ceci étant, l’épisode 7 aurait eu, de ce point de vue, encore plus de logique que le 8…

 

Épisode 5 : difficile fusion du noyau familial originel

À la fois « Monster of the week » et épisode mythologique (par la présence de William), ce Ghouli n’est pas le plus réussi de la 11e saison. L’histoire elle-même n’a guère d’intérêt. Ce qui compte, c’est que Mulder et Scully se rapprochent de William, jusqu’à cette scène d’une belle intensité où, dans un hôpital rempli d’agents chargés de le capturer, William se cache sous un bureau à quelques pas de Mulder et Scully. Ceux-ci l’appellent par son prénom d’enfant adopté, Jackson, et non par son vrai prénom, celui que Dana lui a donné : William. Ils ne sont alors pas certains à 100% qu’il s’agit bien de leur fils…

William s’enfuit sous leur nez en prenant l’apparence d’une infirmière. Il peut en effet commander aux esprits des autres, leur faire voir ce qui n’existe pas (les atours d’un monstre, par exemple, ce qui provoque la quasi-mort de ses deux petites amies et pousse un des agents qui le poursuivent à flinguer un collègue). William transforme sa porosité sensorielle en arme pour se défendre et contre-attaquer. Elle est à la fois sa faiblesse et sa force, son inhumanité (d’origine extraterrestre) et son excès d’humanité (il ne peut pas toujours fermer son esprit aux pensées des autres).

Sortis de l’hôpital, Mulder et Scully cherchent William/Jackson. Désormais, leur quête n’est plus à proprement parler celle de la vérité (idéal peut-être inatteignable) mais celle de leur fils. Celui-ci incarne pour eux, et au sens propre, la Vérité. La progéniture comme seul élément d’absolu dans la vie d’un être de chair.

William (c) Allocine.fr

À la fin de l’épisode, Scully croise pour la seconde fois un vieil homme d’origine asiatique. Protégé par cette illusion, William dit à sa mère : « You seem like a nice person. I wish I could know you better. » Le compliment émouvant d’un fils à la mère qu’il connaît peu mais qu’il brûle de découvrir. Derrière le bouclier d’une image faussée, William tend métaphoriquement la main vers sa mère, lui fait un compliment, noue enfin un premier contact plus physique et volontaire – bien que dominé encore par le mensonge et les faux-semblants.

Mulder et Scully réalisent que ce vieil homme était (ou du moins paraissait être) le Dr Matsumoto (dont William avait le livre dans sa chambre) et qu’il est parti en citant Malcolm X (William possédait un poster de lui au plafond au-dessus de son lit) : c’était donc bien William ! Ils le cherchent en tout sens, pendant que la caméra opère un travelling autour d’eux. Puis, grâce à la vidéosurveillance, ils ont la preuve qu’il s’agissait de William. En rejouant la vidéo, Scully se voit parler à son fils. Le souvenir de cette scène mêle désormais ce qu’elle a vu (l’illusion du Dr Matsumoto) et ce qu’elle aurait dû voir (la réalité de William). D’où son sourire et son émotion dans les dernières secondes de l’épisode.

Le motif de Malcolm X est intéressant en ceci qu’il touche au thème de la filiation. Dans la chambre de William, Scully avait, plus tôt dans l’épisode, rappelé que « Malcolm Little a pris le nom de Malcolm X parce qu’il refusait d’endosser le nom d’esclave donné à son ancêtre. L’identité de Jackson était-elle à ce point décalée qu’il ne pouvait se voir lui-même en tant que membre de la famille ? Est-ce pour cette raison qu’il a tué ses parents puis qu’il s’est donné la mort ? »

Le refus du nom du père évoque la haine ressentie d’emblée par William pour son père biologique, l’Homme à la cigarette. Elle reflète plus largement les filiations contrariées qui sont au cœur de X-Files. Et préfigure la difficulté à reformer le noyau familial originel Mulder-Scully-William. En matière de généalogie, rappelons au passage que « William » est le nom du père de Scully…

 

Épisode 6 : les fantômes du Vietnam

(c) Shane Harvey/FOX

Kitten explore le passé militaire de Walter Skinner durant la guerre du Vietnam. L’épisode ne recèle que peu d’intérêt en soi – même la partie sur Skinner n’est pas exactement délirante. Dans la saga X-Files, il rappelle notamment Sleepless, le 4e épisode de la saison 2, où des vétérans du Vietnam qui avaient subi des expériences de privation de sommeil étaient dézingués par l’un d’entre eux.

Autre point commun : dans les deux cas (S11E06 et S02E04), des stars sont au générique : Haley Joel Osment, le petit garçon de Sixième Sens (qui a bien grandi), dans Kitten ; Jon Gries (Le Caméléon) et Tony Todd, le vengeur crochu de Candyman, dans Sleepless.

 

Épisode 8 : enfants morts et chien de l’Enfer

Familiar réunit des éléments enfantins (le personnage de télévision pour enfant [plutôt flippant] Mr. Chuckleteeth), surnaturels (sorcellerie) et historiques (les procès de sorcières qui ont eu lieu à Eastwood, Connecticut, dans le passé). Des motifs déjà largement (sur)exploités par X-Files.

En définitive, le seul point d’intérêt est le design du masque de Mr. Chuckleteeth (« dents qui gloussent »), particulièrement bizarre et déstabilisant. Mention spéciale à ce moment où le personnage au visage grimaçant s’entoure de flammes sur un écran de télévision. Pour le reste, du déjà-vu, déjà-entendu au royaume du fantastique sur petit écran.

X-Files saison 11 en 10 épisodes
diffusée sur Fox depuis le 3 janvier et sur M6 dès le 7 avril
Série développée par Chris Carter
Épisodes écrits par Chris Carter, Glen Morgan et Darin Morgan
Épisodes réalisés par Chris Carter, Glen Morgan et Darin Morgan
Avec Gillian Anderson, David Duchovny, Mitch Pileggi…

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