Remake d’Evil Dead : les réactions au South By SouthWest

Remake d’Evil Dead : les réactions au South By SouthWest

Projeté dans une salle comble le vendredi 8 mars, en avant première mondiale, au mythique festival South By SouthWest d’Austin (Texas), le remake/sequel/whatever d’Evil Dead a visiblement mis tout le monde d’accord : c’est plutôt réussi. Voire très.

Synopsis : Pour tenter de se guérir d’une sévère addiction, la junkie Mia (Jane Levy) s’isole dans une cabane en compagnie de son frère David (Shiloh Fernandez) et de trois autres amis, Eric (Lou Taylor Pucci), Natalie (Elizabeth Blackmore) et Olivia (Jessica Lucas). Sur place, la découverte dans la cave d’un Livre des Morts va libérer les forces démoniaques aux alentours.

 

Il y avait de quoi s’inquiéter depuis l’annonce officielle du projet, le 13 juillet 2011, par Ghost House Pictures, la société de production de Sam Raimi. En ces heures les plus noires de remakes tous plus nullisimes les uns que les autres de classiques de l’épouvante (La Malédiction, Vendredi 13, Amityville, Piranha 3D, Hitcher… j’arrête j’ai la nausée), la perspective d’un Evil Dead revisité par un réal’ inconnu au bataillon et en partie scénarisé par Diablo Cody donnait juste envie de se crever les yeux à la chignole.

La caution de Sam Raimi et ses potos de la première heure Tapert et Campbell à la production ne changeaient rien à l’affaire : ces gens-là sont plus souvent capables du pire (The Grudge et sa suite, Rise, la série Legend of the seeker…) que du meilleur (le génial 30 jours de nuit). Résultat ?  Bernique les Cassandre : à en croire les heureux spectateurs de la projection du 8 mars dernier, lors de l’excellent festival South By Southwest (SXSW pour les intimes), Evil Dead 2013 réussit à s’affranchir de l’ombre écrasante du classique de Raimi. « On ne pouvait rêver de meilleur film pour ouvrir le festival » s’est même enthousiasmé le critique du L.A Times, qui qualifie cet Evil Dead de « terrifiant mais fun, gore mais pas sinistre, implacable sans être déprimant« .

Le film, du moins le montage projeté à Austin dans une version classée R, est donc bel et bien aussi gore (et plutôt sérieux) que le laissait entendre sa bande-annonce. Cerise sur le boyaux : sur insistance personnelle du réalisateur contre la production, tous ses effets ont été réalisé en plateau, avec du bon vrai-faux sang éclaboussant pour de vrai les acteurs et sans l’aide de cette saloperie d’hémoglobine en CGI sans une once de photo réalisme dans sa texture (envie de sortir la machette rien que d’y penser).

Sur les 7 critiques pour l’instant en ligne sur l’agrégateur Rotten Tomatoes, le “tomatometer” enregistre 6 avis positifs contre un négatif sur le film. Nordling, d’Aint it cool news, loue quant à lui la radicalité de l’entreprise : “Ce film, c’est 20 kilos de gore dans un sac d’un kilo et demi : parfois, il en déborde littéralement – et Fede et son équipe ne retiennent aucun coup. Evil Dead est extrêmement gore, un ride non-stop qui sera sans doute trop intense pour les non-habitués à l’horreur où tous les coups sont permis”. Le Hollywood Reporter accueille lui aussi avec bienveillance cette version reliftée, tout en prévenant qu’il ne faudra surtout pas en attendre le même esprit déjanté que l’oeuvre séminale de Raimi, mais des effets évoquant davantage L’Exorciste. Alvarez a cependant pris scrupuleusement soin de recycler les mythiques plans séquence subjectifs des esprits diaboliques à travers bois, trademark incontournable de la Raimi’s touch.

 

« Un océan de sang et de gore créatif »

 

Nordling salue aussi la performance de Jane Levy, alias Mia, l’héroïne sous héroïne du film. Il a bien quelques réserves sur certains aspects du scénario et le tempo de la première partie mais affirme que la seconde avance “non stop”. Sur AICN toujours, Quint renchérit : C’est haut la main le film de studio (Tri Star/Sony en l’occurence – ndlr) le plus gore depuis District 9 et le brillant conte sci-fi de Neil Blomkamp ressemble à Bambi en comparaison du bordel complètement jeté (et pour la plupart en effet réel) vu dans ce film.

Quint ne crie pas pour autant au chef-d’oeuvre et passe en revue un casting qu’il juge inégal, hormis la prestation de Jane Levy. Intéressante remarque de notre camarade : Il y a quelques allusions au fun des films du tandem Campbell/Raimi, mais (Evil Dead) reste très sérieux, autant que puisse l’être un film dans lequel une fille se découpe le visage ou qui montre en gros plan une aiguille se planter dans un oeil”. Enfin, pour savoir si oui ou non ce nouvel Evil Dead est un remake ou une suite, Quint nous conseille de rester jusqu’au bout du générique de fin, qui apporte une réponse “définitive” à la question.

Et à ceux qui me diront qu’AICN a tendance à flatter tout ce qui sort sur les écrans depuis des années, je répondrai : ce gros vendu d’Harry Knowles peut-être, mais ses contributeurs certainement pas ! J’ajouterai cet autre point de vue du site Indie Wire, qui voit en Evil Dead “un film qui livre une ballade indéniablement sauvage et bien huilée”, évoquant même un résultat si exubérant qu’il s’approche de ce que donnerait “un torture porn réalisé par John Woo”. Enfin firstshowing.net a repris ce tweet d’un spectateur post-projection :

@adambvary: « Evil Dead just soaked @sxsw in oceans of blood and creative gore, and the crowd could not have been happier. I won’t sleep for days. »

Evil Dead sortira le 5 avril aux Etats-Unis et, durant le Q/R suivant la projection au SXSW, Fede Alvarez a a même annoncé qu’une suite était déjà en cours d’écriture. Pas de date de distribution en France pour le moment mais gageons que les premières bonnes réactions en provenance d’Austin sont déjà un signal encourageant. De son côté, Sam Raimi a promis juré que cette nouvelle franchise était radicalement séparée du projet Evil Dead 4/Army of darkness 2 en gestation, dans lequel pourrait figurer Bruce Campbell si l’on a bien lu entre les lignes d’une déclaration de ce dernier au SXSW, reprise sur le site Deadline Hollywood : Je n’étais pas dans celui-là (le Evil Dead d’Alvarez – ndlr) pour une très bonne raison et je ne serai probablement pas dans les suivants pour une très bonne raison… »Très en forme durant la session de Q/R après le film d’Alvarez, Campbell a lui même décrit le résultat comme un « Les Copains d’abord mais avec un carnage et le chaos », provoquant l’hilarité générale. Bon, alors, on la voit quand cette merveille ?

 

 

 

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