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Retour sur la table ronde consacrée aux séries low budget (en direct de Séries Mania)

Retour sur la table ronde consacrée aux séries low budget (en direct de Séries Mania)

Comment produire bien pour la télévision quand on a peu de moyens ? Telle était la question au centre de la rencontre professionnelle (mais ouverte au public) « Les séries low-budget : une contrainte stimulante? » proposée mercredi 23 avril en début d’après-midi. Un échange où on a beaucoup parlé challenges de production, organisation et argent. Mais pas trop quand même, niveau argent.

Les intervenants de la table ronde Low Budget. Photo www.lubiie.com

Les intervenants de la table ronde Low Budget. Photo www.lubiie.com

Le thème de la table ronde

La télé européenne peut produire des séries de qualité, même lorsqu’elle n’alloue à ces projets que des budgets restreints. C’est le fin mot des discours des participants à cette table ronde.

Les forces en présence

Animée par la journaliste Marie-Agnès Bruneau, cet événement rassemblait quatre producteurs. Deux Français, un Anglais et une Polonaise. Bertrand Cohen (Terrence Films) est venu présenter l’expérience Cut (feuilleton quotidien pour France Ô), Paul Marquès a évoqué celle qu’il vit en tant que producteur de la série Suspects pour Channel Five.

Une photo de l'épisode 3 de The Deep End.

Une photo extraite de l’épisode 3 de The Deep End.

De son côté, Agata Walkosz (MediaBrigade) présentait The Deep End, série qui a déjà marqué le public de Séries Mania puisqu’elle faisait partie de la sélection 2013. Last but not least, Stéphane Drouet (MakingProd) évoquait le cas d’In America, série produite pour le label OCS Signature et diffusée au début de l’année.

Ce que l’on a retenu de cette rencontre

1. Les séries en low-budget, c’est d’abord une philosophie Alors que la part de production de fictions des chaînes de la TNT ou des chaînes thématiques payantes a tendance à s’accroître (elle représente 10% aujourd’hui), une place intéressante se dessine pour ce mode de production. Se lancer dans le low-budget, très clairement, c’est tenter de résoudre une équation avec d’un côté, des visées artistiques et de réelles contraintes économiques. C’est en tout cas ce qu’expliquait Bertrand Cohen en abordant le cas de Cut, où « au lieu de tourner deux scènes par jour, on en filme six ou sept ».

 2. Les séries en low-budget, c’est être inventif… et prévoyant Comme l’a très bien expliqué Stéphane Drouet en évoquant le tournage de la saison 1 d’In America en 21 jours (dont seulement 15 aux USA, pas mal pour tourner 10 épisodes de 26 minutes tout de même), l’important est de préparer soigneusement, très soigneusement le moment où on va mettre en route les caméras. « Plus qu’une série à petit budget, je préfère parler de série à coûts très maîtrisés ». Normal : même si les coûts sont réduits, l’usage des fonds restent souvent très surveillés. C’est en tout cas ce que confirmaient les producteurs de Cut et The Deep End, financée pour partie par le ministère polonais du… Travail.

In America : Des beaufs en mauvaise posture. Photo OCS / Making Prod.

In America : Des beaufs en mauvaise posture. Photo OCS / Making Prod.

3. Produire une série en low-budget, c’est savoir ce que l’on veut « Sur Cut, tout le monde travaille plus et plus vite. On souffre beaucoup… » a confié Bertrand Cohen. La formule exprime assez bien le caractère plutôt usant que peut avoir l’expérience. Si le budget de ces créations était rallongé, leurs producteurs savent très précisément ce qu’il ferait de l’argent supplémentaire : « Nous l’utiliserions pour tourner plus longtemps » ont-ils avoué en chœur. L’exercice, en tout cas, a aussi ses avantages. « Tout cela nous amène à réfléchir à la façon dont on produit des séries qui ont des budgets plus importants », note Stéphane Drouet.

4. Produire une série en low-budget, c’est ne pas trop donner de chiffres. C’est la petite frustration de cette discussion. Si plusieurs producteurs invités ont bien donné des chiffres de budget global, aucun d’entre eux n’était vraiment enclin à rentrer dans les détails lorsque le public voulait en savoir plus. Le pompon revenant à ce propos à Bertrand Cohen qui a expliqué qu’il ne pouvait « pas donner de coût pour le tournage des épisodes : le diffuseur nous interdit de communiquer dessus ». La France, l’argent et son usage : un feuilleton qui aime le mystère depuis des décennies…

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