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Rétro sur le studio Clamp : Les Moires du Manga… (Part 2/2)

Rétro sur le studio Clamp : Les Moires du Manga… (Part 2/2)

La semaine dernière, je vous parlais des premières séries de Clamp et je vous ai laissé (j’en suis sûr) sur votre faim, en vous expliquant que les personnages du studio se retrouvaient dans des cross-over. Voilà donc la suite tant attendue…

Le point d’orgue du procédé arrive avec le manga Tsubasa Reservoir Chronicle, série en 28 tomes, publiée à partir de 2005 chez Pika. Ici Clamp décide de faire un méga cross-over car quasiment tous les personnages sont issus d’autres titres du studio, à commencer par Card Captor Sakura, petit shôjo inoffensif appartenant à la catégorie des Magical Girl (jeunes filles avec des pouvoirs). L’héroïne Sakura, ainsi que Shaolan, reviennent dans une version alternative d’eux-même. L’histoire nous entraîne dans tous les univers pré-existants des différentes séries. Tôkyô Babylon, X-1999, Chobits ou Magic Knight Rayhearth, tout un tas de personnages se croisent dans des situations ou des rôles quelques peu différents de leurs séries d’origines. TRC (pour les intimes), qui soyons franc, n’est pas le meilleur titre du catalogue, est néanmoins une parfaite compilation et réinterprétation des personnages du studio.

Encore plus fort, en parallèle de la publication du titre, une autre de leur série xxxHolic (dit Cross Olic), arrivée en 2003 chez le même éditeur, raconte une histoire différente avec des personnages inédits, et prend le pari d’intégrer en son sein, des éléments de TRC. Pour faire plus simple, les deux séries interagissent entre elles et les histoires s’influencent mutuellement. La quintessence du cross-over, en somme.

Deux autres séries méritent que l’on s’arrête dessus car cette rétro ne serait pas complète sans citer Clover et Code Geass! Clover (Trèfle pour les non-anglophones) est une série en 4 tomes publiée en 1997, toujours chez Pika. Plus qu’une histoire, plus que de la BD, c’est un poème graphique, un conte lyrique, un voyage sensoriel… Ici, le dessin prend de la dimension et de la profondeur à travers un jeu de contrastes saisissants. Les aplats de noir sur blanc font merveille et magnifient chaque planche. L’emploi des zones d’ombre et de lumière délimite des espaces par delà la case, dans une composition aérienne. On se perd à contempler les pages, comme on admirerait des toiles de maîtres. La finesse du trait mêlée à la poésie du récit transporte le lecteur jusqu’à la dernière page. Je m’arrêterai là, et vous dirai juste que c’est un «must have» à mon sens!

Code Geass: Lelouch of the Rebellion est la seule qui soit un anime et non pas un manga. En 2 saisons, il fut diffusé au Japon entre 2006 et 2008. Il existe plusieurs spin-of papier, sur lesquels je ferai l’impasse vu le peu d’intérêt qu’ils représentent. En quelques mots, l’Empire Britannia (les States, en fait) écrase les forces japonaises et conquiert le pays grâce aux Knightmares, de grosses machines de guerre (mechas dans le jargon du manga). Le Japon perd son indépendance et devient Area 11. Lelouch, le fils de l’empereur de Britannia, souhaitant renverser le pouvoir (il a ses raisons), croise le chemin de C.C. une extra-terrestre qui lui fait don du Geass, le Pouvoir des Rois. Il lui permet d’imposer sa volonté à quiconque croise son regard, mais ne peut l’utiliser qu’une fois par personne. Lelouch va donc s’en servir pour mener son plan à exécution. Il prend l’alias Zero et monte l’Ordre des Chevaliers Noirs, groupe terroriste bien décidé à faire tomber les têtes.

N’en jetez plus, la messe est dite! Cette série, maintes fois primée, est une claque à chaque instant. 50 épisodes d’adrénaline à travers des combats intenses, où la stratégie prime. Si les batailles de mechas sont épiques, elles servent avant tout une histoire passionnante, truffée de twist géniaux et de personnages charismatiques. En réels champions d’échecs, les protagonistes avancent leurs pions, tout en tentant d’anticiper les mouvements de l’ennemi. Avec son cliffhanger incroyable en fin de saison 1, ses nombreux personnages, son suspense implacable et son final flamboyant, je vous le dis, ne passez à côté de ce bijou! Clamp démontre une fois de plus qu’elles en ont sous le capot et qu’elles aiment plus que tout les destins contrariés.

Un dernier mot sur le graphisme du studio, et le travail de Mokona, dont les cases grouillent de détails. Elle affectionne les formes rondes, les arabesques et les volutes, influence provenant de l’artiste tchèque, Alfons Mucha. Une caractéristique est commune à tous les personnages, leurs silhouettes longilignes et leurs visages anguleux. Quand aux trames, elles donnent un vrai relief et de la matière aux dessins.

Le studio Clamp appartient depuis 20 ans aux incontournables du manga. Les 4 membres du groupes ont su apposer une empreinte durable avec un dessin reconnaissable au premier coup d’œil, qui a inspiré les générations qui ont suivi. Leur œuvre nous interroge sur la place de l’Homme sur notre planète, sur ses choix, ses obligations et sa liberté à agir, dans un monde ou tout semble le vouer à la fatalité. Donc si vous n’avez jamais ouvert les pages de leurs mangas ou plongé dans leurs animes, n’hésitez plus!

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