#Revelation 2016 Buffalo Summer – Second Sun (UDR Music)

#Revelation 2016 Buffalo Summer – Second Sun (UDR Music)

Note de l'auteur

Si l’année 2016 a été riche en disparitions de musiciens (on ne va pas vous refaire la liste, tout le monde est abonné à Facebook de nos jours), il y a tout de même eu quelques bonnes nouvelles sur le front des nouveaux arrivants ! Et s’il fallait ne choisir qu’un groupe, votre serviteur pencherait pour Buffalo Summer et leur nouvel album, le bien nommé Second Sun. Pardon ? Qui ça ? C’est bien le problème des révélations, à un moment donné, il faut que ça sorte ! Chronique express après avoir eu récemment la chance de partager une bière avec les intéressés…

On ne va pas recommencer le petit laïus sur les groupes qui débarquent de nulle part avec en bandoulière l’ambition (et les moyens) de réveiller ce grand corps malade qu’est le rock’n’roll en ce début de XXIème siècle… En attendant, ça fait un bien fou de constater que les kids sont toujours alright et pas prêts à brader l’héritage des pères fondateurs ! Ils sont un paquet à avoir tenté l’aventure ces dernières années, fers de lance de ce fameux classic rock revival, The Answer, Airbourne, The Parlor Mob, Blackberry Smoke, j’en oublie et à chaque fois, on se prend à rêver…

promo03Rêver d’un club obscur et enfumé qui vit les débuts d’un Lynyrd Skynyrd prompt à déclencher bagarres et jets de bouteilles, d’une salle bruissante d’excitation à l’idée de découvrir le nouveau projet de l’ex gratteux des Yardbirds, un truc appelé Led Zeppelin (tu connais ?), des premiers pas d’une bande de chevelus d’Atlanta emmenés par deux frangins emplumés, grands amateurs de substances prohibées et d’un rock d’un autre âge…

T’étais où quand ces mecs là ont commencé à changer le monde ? Le leur en tout cas ? Fort à parier que, comme ma pomme, tu n’étais pas né ou trop loin. Du coup, cette nouvelle vague de rockers, c’est un peu notre chance de se rattraper, de faire comme si, pour peu que les mecs assurent tu vois ? Et là les enfants, laissez-moi vous dire que l’on tient des candidats parfaits !

Buffalo Summer, ça t’évoque quoi ? Un soleil écrasant finissant de polir un crâne de vache dans le désert du Nevada peut-être, ou bien un arrière goût de Southern Comfort au volant d’un pick-up sur une route de Géorgie, la radio à fond envoyant un truc des Allman Brothers ? Pas mal. Pas loin. Mais complètement à côté de la plaque !

Même Duff les aime, c'est dire !

Même Duff les aime, c’est dire !

Nos p’tits gars débarquent du Pays de Galles, « Southern Wales » comme ils disent avec malice, eux qui confessent n’avoir jamais foulé le sol américain ! Tu déconnes ? Ben non. Les deux musiciens qui me regardent avec un air amusé à ce moment précis sont contents de leur effet ! Andrew Hunt (chant) et Jonny Williams (guitare) ont encore cette candeur propre aux mecs qui font « ça » pour le plaisir plus que pour la gloire.

Et quel plaisir… Une semaine déjà que le premier single de leur futur album tourne en boucle sur ma platine, Make You Mine que ça s’appelle, un riff qui ferait pâlir d’envie Warren Haynes, un refrain imparable, une rythmique en mode Caterpillar, la totale, du coup impossible de s’empêcher de faire le mariole :

– « Hey les gars, pourquoi pas mettre ce titre en ouverture de l’album ? J’ai tendance à passer les deux premières chansons du coup, c’est pas dommage ? »

– « Ben non, t’as pas remarqué que souvent, les meilleurs singles sont en troisième position sur les tracklists ? » Et de me citer le High Head Blues des Black Crowes, Child in Time de Deep Purple, Lucy in the Sky with Diamonds des Beatles… « Y’a qu’AC/DC qui fait ça systématiquement, le coup du single en ouverture ! » Pan dans les dents.

On s'en reprend une?

On s’en reprend une ?

Simplicité, c’est le maître mot. En essayant de creuser un peu, tout en parlant plus de la musique des autres que de la leur au final, on réalise très vite que Buffalo Summer ne planifie pas, ne réfléchit pas trop, les mecs veulent juste JOUER ! Jouer juste, jouer bien et jouer fort tout en distillant ici et là quelques surprises… Comme ce Light of the Sun inspiré par la visite d’Andrew à un cimetière militaire en Normandie, Neverend qui n’aurait pas dépareillé sur un album des Queens of the Stone Age, l’incroyable riff de Priscilla et son break acoustique qui vous prend en traître, ou encore le génial Water to Wine à la mélodie aussi subtile et accrocheuse que l’ensemble du truc vous donne l’impression d’un bulldozer qui aurait perdu ses freins !

« Sympa ton t-shirt des Black Crowes ! Tu les as vus en concert, incroyable non ? » me dit Jonny. Sérieux bonhomme, tu ne préfères pas parler de ta musique ? Ben non. Parce que c’est pour ça qu’ils sont là avec ce second album, le sourire aux lèvres et une sacrée envie de faire résonner leur rock sudiste du mauvais côté de l’Atlantique… Révélation ? Tu parles Charles, confirmation.

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