Revoir Mars et grandir (Missions s2 / OCS)

Revoir Mars et grandir (Missions s2 / OCS)

Note de l'auteur

Deux ans après la sensation d’une saison 1 installant une science-fiction ambitieuse que l’on attendait plus sous nos contrées, Missions explore à nouveau la planète rouge et bien plus encore pour une expédition au final assez bancale mais au panache décidément revigorant.

Le texte qui suit tente de divulgâcher le moins possible le contenu des deux saisons de Missions mais quelques scories ici ou là on échappé à la vigilance de son pilote/auteur…

De mémoire de sériephile, le visionnage des premiers épisodes de Missions lors d’un Séries Mania (2017) nous avait l’effet d’une délicieuse brise sous le scaphandre sériel/spatial ! Voilà des producteurs (Empreinte Digitale) et une chaîne (OCS) qui osaient de la S-F sérieuse, avec une conviction contagieuse, et le tout avec des moyens modestes parfaitement exploités. Une véritable étoile filante, encore aujourd’hui pas tout à fait reconnue à la juste valeur de ses nombreux mérites.

Le point de départ de Missions reste pourtant furieusement d’actualité. La course spatiale vers Mars continue en effet de travailler les cerveaux d’une brochettes de très fortunés entrepreneurs (citons Elon Musk ou bien encore Jeff Bezos). Ces mêmes riches rêveurs transposés ici dans la fiction demeurent obnubilés par l’objectif martien en cette saison 2, au point d’y retourner pour y chercher un peu plus que quelques données scientifiques. Rétrospectivement, leurs motivations étaient déclenchées par une trouvaille du robot de la NASA (Curiosity) qui explore la surface de l’astre (depuis 7 ans tout de même !), information seulement distillée à quelques personnes bien placées.

On touchait là au volet fantastique de Missions. Un ensemble un peu foutraque qui à défaut de fonctionner d’un point de vue purement logique, offrait néanmoins un enchaînement narratif franchement malin, bien alimenté par un art du cliffhanger très maîtrisé.
En saison 2, les limites de la série demeurent, même si le volet fantastique (nous n’en dirons pas plus) se prolonge d’emblée et parallèlement au récit central par effet de montage, procédé ici qui n’est pas sans évoquer un certain Damon Lindelof. On se souvient de la référence à Lost, en saison 1 justement, qui tombait un peu comme un cheveu sur la soupe.

Et c’est sans doute là que se joue l’appréciation de Missions. Faut-il y voir une tentative honorable de thriller spatial ? Ou bien doit-on regretter le choix des enjeux ? Pour cette saison 2, la série convoque l’odyssée humaine (Homère) et la possibilité du transhumanisme mais délaisse complètement ce qui pousse singulièrement hommes et femmes vers l’espace aujourd’hui, à savoir les conséquences d’une empreinte désastreuse sur terre et la possibilité d’envisager la colonisation spatiale.

Au delà de ce constat, la série du trio Henri Debeurme, Ami Cohen et Julien Lacombe reste une belle réussite formelle. Filmer des intérieurs de navette peut s’avérer parfaitement rédhibitoire. Mais Missions poursuit en saison 2 un travail élégant de sublimation de l’espace, de Mars ainsi que de formidables extérieurs forestiers.

Missions n’est pas parfaite mais l’expédition sérielle menée mérite amplement attention et bienveillance.

Lire aussi notre entretien avec les auteurs de la série, à l’occasion de la diffusion de la saison 1.

Missions (OCS), Saison 2 en 10 épisodes
Diffusée dès le 5 septembre sur OCS Max et en intégralité sur OCS Go.
Créée par Julien Lacombe, Ami Cohen et Henri Debeurme.
Écrite par Julien Lacombe et Ami Cohen.
Réalisée par Julien Lacombe.

Visuel © Empreinte Digitale 2019.

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