En attendant (ou pas) la saison 2 de Revolution

En attendant (ou pas) la saison 2 de Revolution

Pourquoi j’arrête Revolution

par Nicolas Robert

Ça va peut-être en faire sourire plus d’un, surtout après les deux bilans que j’ai écrits sur ce site. Et pourtant, à un moment j’ai hésité. Oui, oui : j’ai hésité à continuer.

Pas pour faire rire la galerie en me payant la tête de Billy Burke et sa bande, mais en repensant à l’épisode 18 de la saison 1, Clue, qui était assez bien fichu et montrait ce vers quoi pourrait tendre la série pour s’améliorer.

J’ai aussi douté parce que l’arrivée de Ben Edlund (Supernatural, Angel) et Rockne S. O’Bannon (Farscape) m’ont fait dire que la série allait peut-être enfin trouver des plumes à la hauteur de son concept.

Non, n’insistez pas : ça ne sert à rien de faire la tronche (comme d’habitude), ma décision est prise.

Et puis je me suis souvenu de tout le reste.

La traversée de mornes plaines pour sauver le frère de Charlie avant que ce dernier se retrouve nez à nez avec un twist tout pourri. Un twist qui, au passage, sert de prétexte à dix épisodes pour justifier tout et n’importe quoi chez le personnage de sa mère.

À cela s’ajoute une cohorte de personnages mal construits, auxquels on ne s’attache jamais vraiment et qui ressemblent à une bande de hamsters dans une roue. Et puis il y a ce monde post apocalyptique qui n’évoque rien ou presque tant il sert de décor en carton pâte.

Sans oublier la désagréable impression que tout cela ne va nulle part et que les scénaristes nous prennent franchement pour des jambons (un sentiment délicieux que donne d’ailleurs le trailer de la nouvelle saison, une fois encore)…

Au bout du compte, ça fait beaucoup. Ça fait trop.

Alors même si j’aimerais bien avoir tort, même si Marine est la meilleure amie de David Lyons depuis qu’ils se sont fait des hugs à Monte Carlo, je doute que ce soit mieux.

Voilà pourquoi je persiste et signe : Revolution, tu peux aller chercher le courant ailleurs. Moi, je rends les armes.

Pourquoi je continue Revolution

par Marine Pérot

Visiblement, je ne perds jamais espoir et fais partie de ceux qui s’accrochent le plus longtemps possible à quelque chose dans l’idée que tout peut s’améliorer. Je me dis qu’avec un concept aussi prometteur à la base, il y a forcément moyen de sauver les meubles. Et pourtant, je suis globalement d’accord avec Nicolas : la saison 1 est bourrée de faiblesses, les personnages sont mal développés, on a du mal à s’attacher à qui que ce soit… Mais je ne sais pas, moi je ne veux pas rendre les armes.

Tant qu’il y a de la lumière, il y a de l’espoir, non ? C’est pas ça le proverbe ?

Et ce n’est pas parce que David Lyons m’a invitée à lui rendre visite en Australie, non. J’ai quand même une certaine vision objective des choses, cher Nicolas ! Selon moi, il y a de vraies thématiques dans la série, comme la question du rapport des hommes au pouvoir ou des relations familiales. Et je veux continuer à croire que ces thèmes seront creusés dans la saison 2 et que le show va gagner en épaisseur. Peut-être que je me voile la face et que je donne à la série beaucoup plus de crédit qu’elle ne le mérite, mais il y a de la matière à développer ici bon sang, alors je refuse d’abandonner. Même si oui, les 3/4 de la saison 1 m’ont ennuyée.

Pour vous prouver que je ne suis pas la seule à voir de la profondeur dans ce show, je vous renvoie à cet extrait de la conférence de presse Revolution, recueilli lors du dernier Festival de Télévision de Monte-Carlo :

« – Le mot power (le pouvoir mais aussi l’énergie électrique, NDLR) est utilisé de manière intéressante dans la série. Il revient  dans la bouche de tout le monde, et surtout dans celle de Sebastian Monroe. Diriez-vous que c’est le thème central de la série ?

– David Lyons :  C’est une motivation clef. Mais je pense que le cœur de la série, c’est véritablement la famille, les relations qui unissent les personnages. Les liens du sang aussi. C’est le cas pour le personnage de Tracy avec sa mère, ou pour Giancarlo avec JD (Pardo, qui interprète le fils de Neville, ndlr). Dans le cas de mon personnage, c’est différent : c’est une famille qu’il se découvre…   Le show parle plus de la famille que de pouvoir ou d’énergie.

– Giancarlo Esposito : Ces questions de pouvoir font effectivement partie de la série. L’histoire questionne ce qui est l’essence même de la révolution. Du coup, même si la famille est au centre de tout, Eric Kripke pose souvent des questions autour du pouvoir. Celui qu’on aimerait avoir, ce qu’il y a aussi derrière la notion de pouvoir collectif.

– Billy Burke : Je reviens sur le titre du générique. Avant qu’on ne le voit en entier, « Revolution » apparaît sous la forme « Evolution ». C’est aussi ça, le thème de la série, voir l’évolution de la race humaine face à ces problèmes.  » – Pour lire le transcript complet, c’est par ici.

Ok, ce ne sont pas les acteurs qui écrivent les scénarios…mais peut-être qu’ils devraient, puisque visiblement les auteurs ne sont pas foutus d’exploiter leurs propres thématiques correctement. Mais quand même, cet extrait prouve bien que je ne suis pas folle ! Même si on peut aisément argumenter que le cast de Revolution est juste le roi du service après-vente, on ne peut tout de même pas nier qu’ils n’ont pas tort. Alors voilà pourquoi je ne lâche pas l’affaire, parce que ces thèmes sont bien présents, qu’ils m’intéressent et que je suis curieuse de voir s’ils vont ENFIN être développés correctement, pour que Revolution arrête de passer pour une série foireuse.

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